rejouant ma vie en spectateur indolent
survolant la mêlée sur un nuage blanc
je rejoindrai la ligne noire d’horizon
et de mon ballon exposé aux vents contraires
de la destinée et du hasard je verrai
tous les gens que j’aime se déchirer sur terre
du haut d’un ciel sombre
pressé par le temps raccourci
j’enverrai ma déclaration
en quelques éclats de mots
comme une pluie d’étoiles
une tombée de pétales
nous sommes des morceaux d’âme
galets mal taillés
roulés par le torrent
des rencontres serpentines
molécules entrechoquées de sentiments
poussières de sable en syphon
sans raison ni colonne vertébrale
souffrant de l’insignifiance
de notre incomplétude
où le corps n’est rien
et les mots peu de choses
il nous reste une certitude
c’est la veine de l’amour
qui donne à nos ombres
la chaleur qui nous répare
et nous fortifie
comme le sillon d’or
d’une faïence kintsugi
puis le tonnerre grondera
et dans la blanche éternité
le vent fugace dissoudra
la nue des sons déchiquetés





























