Ô serre au milieu des forêts ! Et vos portes à jamais closes ! Et tout ce qu’il y a sous votre coupole ! Et sous mon âme en vos analogies ! Les pensées d’une princesse qui a faim, L’ennui d’un matelot dans le désert, Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables. Allez aux angles les plus tièdes ! On dirait une femme évanouie un jour de moisson ; Il y a des postillons dans la cour de l’hospice ; Au loin, passe un chasseur d’élans, devenu infirmier. Examinez au clair de lune ! (Oh rien n’y est à sa place !) On dirait une folle devant les juges, Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal, Des oiseaux de nuit sur des lys, Un glas vers midi, (Là-bas sous ces cloches !) Une étape de malades dans la prairie, Une odeur d’éther un jour de soleil. Mon Dieu ! mon Dieu ! quand aurons-nous la pluie, Et la neige et le vent dans la serre !
Serres chaudes, Paul Lacomblez, Éditeur, 1912
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