le matin
quand je me lave les dents
devant la fenêtre ouverte
le chêne me salue
de sa voix grave
mais je ne peux lui répondre
j’ai la bouche pleine
les marches de la terrasse me narguent
viens danser avec nous
mais je ne peux sortir
je suis en pyjama
là-bas
la ligne des frondaisons me dit
regarde comme nous sommes belles
mais je ne vois rien
je n’ai pas mes lunettes
l’avion qui tire un trait dans le ciel
m’invite à monter a bord
mais je ne peux pas m’envoler
je n’ai pas encore mis mes ailes

Texte de Luc Fayard, la bouche pleine de dentifrice, devant sa fenêtre le matin
