Léon-Gabriel Gros : Valencia (1937)

Un jour de Mai
Avec ses roses d’amour et ses œillets de poète
Ton image s’enveloppe de sources
Une fontaine longue achève de mourir.

Tout est cristal les pierres sont des fruits
Et chaque tour une belle prière.

Le pas des petits ânes à la mesure de mon poignet
Et à la place de mon cœur
Un feuillage luit au soleil.

Je t’imagine porteuse de miroirs minuscules
Mordant une rose blanche
Et un stylet d’argent retenant ton épaulette de velours
Et ton bras nu comme une lame une rivière
Avec ton rire autour de toi qui tourne et vire
Dans la buée d’une guitare mayorquine.

Un jour de Mai et la grâce de vivre
Je l’attendais elle vient par surcroît
Ah ! que la mer achève le miracle
Le ciel me baigne et je suis son esclave.

Je porte un cœur facile mais si lourd
Et je comprends à cause de ces yeux
Ce que le ciel raconte aux blanches tours
Et les oiseaux aux cloches de Valence.

Sept poèmes en marge, Cahiers de Rochefort, 1942. Première parution dans les Cahiers du Sud, décembre 1937
Léon-Gabriel Gros (1905-1985), né aux Arcs-sur-Argens, poète et critique littéraire français

source du texte : Peigneurs de comètes, sur fb

Une œuvre en résonance


Grant-Kenneth MacDonald - Creative Canada (1971)

Grant-Kenneth MacDonald – Creative Canada (1971)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *