il faudrait (2e version illustrée par deux artistes contemporains)

il faudrait que le vent
poussant les montagnes
et les grands icebergs
bâtisse le couloir
d’un passage abrité

il faudrait que la main
saluant comme une feuille
emporte la pensée
avec elle vers le ciel
dans un grand tournoiement

il faudrait qu’un sourire
pose le bleu sur le gris
venant calmer à point
les ardeurs opiniâtres
des accents aigus

il faudrait étreindre les arbres
pour que leur frémissement
nous parcoure le corps
nos pieds prenant racine
dans l’histoire du monde

il faudrait brûler les regrets
dans un grand feu de joie
pour que les crépitements
signent une victoire nouvelle
sur la fatalité

il faudrait que nos doigts
enfin rejoints créent
l’invincible lumière
empêchant la nuit
d’étendre son manteau

Everenice Tamanini – Brésil
Byron Browne – Clown – 1950
Tim Walker – The DresLamp Tree- 2002 – non affiché car l’agence voulait nous le faire payer

Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres d’art contemporain : Brésil, de Everenice Tamanini,  et Clown, de Byron Browne (1950); il y en avait une troisième de prévue, The Dress-Lamp Tree, de Tim Walker (2002), mais nous l’avons supprimée car l’agence voulait nous faire payer sa reproduction.
Texte déjà illustré par des œuvres d’art moderne dans une mise en scène antérieure.