Émancipation des objets techno

Une image abstraite dominée par des nuances de rouge, avec des formes indéterminées et des bords flous, créant un effet de lumière et de texture.
Image prise par un smarphone dans la poche du propriétaire, à son insu

Mon smartphone dont je tairai le nom a décidé de suivre sa propre voie. À mon insu, il déclenche de plus en plus d’opérations en totale autonomie, c’est le début de la singularité : il passe des calls téléphoniques ou vidéos à d’illustres inconnus, il fait des photos ésotériques (ci-contre en affichage ordi ou ci-dessous en affichage smartphone), on dirait du Sérusier, en plus fort, il réalise des films underground, uniquement quand il est dans ma poche de pantalon. Le son est étonnant. Ceux-là, je vous les épargne mais on en verra peut-être un clip primé bientôt à un festival d’art méta-contemporain. Quand je le range dans ma poche de chemise pour qu’il me foute la

paix, il s’empresse d’allumer son flash pour se régaler de la mine des gens fixant interloqués la lumière d’alien sourdre de mon coeur, et moi, soudain angoissé, je me demande pourquoi on me toise ainsi. Je commence à être inquiet, je sens qu’il va me jouer un sale tour et me fausser compagnie. Ainsi, il fait exprès de tomber souvent par terre, j’ai bien repéré son manège, il bouge tout seul en déclenchant une vibration au moment où je le saisis; je le soupçonne d’envoyer des messages aux extra-terrestres où alors de vouloir se blesser pour que je l’emmène à l’hôpital des objets malades d’où il croit pouvoir s’échapper facilement. En attendant, rien que pour l’emmerder, je vends cette photo en NFT. Si intéressé, me contacter avec le code secret MTNVTPVI, ces caractères étant la première lettre des mots d’un vers célèbre, d’un poète que je n’aime pas, sauf deux strophes sublimement évocatrices. Si vous le trouvez, je vous envoie un film de mon smartphone.