écharpe rouge

j’aurais aimé croiser un soir
cette femme et m’emmitoufler
dans l'écharpe rouge niché
comme un bébé dans son berceau

arborant l'étrange sourire
au dessin si proche lointain
elle m’aurait pincé la joue
de ses doigts gantés de soie noire

enivré d'essence divine
et de frôlements chaleureux
j'aurais enfin fermé les yeux
pour le début d'un amour fou

mais d’un geste d’épaule théatral
la femme dans sa longue robe noire
se serait échappée comme un héron
qui se déhanche sur ses hauts talons

seul laissant à regret s’enfuir
l’écharpe rouge agitée par le vent
j’aurais alors décelé dans la nuit
comme de larges rayures de sang

Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

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