dix haïkus du vide et du plein

le vent pèse lourd
quand il détruit les maisons
mais quel poids a-t-il

le cœur plein d’amour
est comme un océan sourd
qui oublie ses bateaux

un long trait de brume
happe l’horizon nocturne
où donc est ta vie

malgré un seul nom
de la naissance à la mort
on n’est pas le même

entre jour et nuit
combien de moments à part
ou rien n’est figé

ton âme s’agite
ton cœur bat tous les tambours
ta bouche se ferme

plaine du mensonge
où se tait la vérité
la quête est futile

ton souffle s’arrête
à croire que tu meurs
mais tu vis encore

elle souriait
ses longs cheveux ondulaient
que restera-t-il

un pas après l’autre
à croire que tu avances
mais tout marche aussi

Texte de Luc Fayard, illustré par six artistes contemporains : (de bas en haut) Koen Lybaert, Jake Wood-Evans, Meredith Pardue, Maya Makino, Sarah Hinckley, Jerónimo Rüedi

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