Fleureter, le blog

  • Le Poète et l’IA

    Image créée par l’Ia sur la consigne : »dessine moi un ours tendance queer dansant sur un fil entre deux immeubles, par temps de neige, devant une grande foule, tandis que des avions de chasse lui tirent dessus, et le tout dans un style surréaliste »

    J’utilise tous les jours l’IA dans mon travail de poète et d’éditeur de site web.
    Voici un petit résumé de mon expérience, avec ses avantages (nombreux) et ses inconvénients (faibles)

    J’entends maintes plaintes d’artistes et poètes craignant d’être spoliés par l’IA qui les dépouillerait de leur âme, comme si un distributeur de billets pouvait vider leur compte en banque. Ce fantasme est récurrent vis à vis de toutes les générations de technologies : dès l’Antiquité on soupçonnait le scribe de voler votre pensée. Pourtant l’artiste et le poète étant par essence des gens curieux, ils devraient s’intéresser à ce nouvel outil plutôt que le critiquer sans le connaître.

    D’abord une évidence : l’IA ne pense pas. Comme votre clavier d’ordinateur ou votre crayon, elle ne fera que ce que vous lui demanderez. Vous pouvez bien entendu lui demander d’écrire des poèmes ou de créer des images ressemblant à des œuvres d’art et parfois le résultat est surprenant. Mais il n’y a aucune âme, aucune pensée, aucune émotion dans ces créations, elles sont juste des robotisations sophistiquées du maniement des mots et des couleurs.

    Bien entendu, elle remplace déjà de nombreuses fonctions effectuées jusqu’à présent par l’homme : le résumé, la synthèse, la traduction, l’analyse de process, la création de mots-clés, la compilation de données, la programmation, le dessin technique, etc.

    Mais comme à chaque génération technologique, l’homme est derrière l’outil et c’est lui qui le dirige et l’emmène où il veut.

    Ce qui m’inquiète davantage c’est le manque de réaction citoyenne : il faut surveiller et guider l’évolution des technologies. Et le formidable avantage du numérique c’est qu’en même temps qu’il nous offre ses innovations, il nous donne les moyens de les contrôler.

    Ce guidage ne peut pas être législatif : d’une part la loi sur la technologie est obsolète par définition (comme l’est le linéaire par rapport à l’exponentiel) et d’autre part son processus de création top-down (une élite s’adresse à la multitude) est totalement dépassé à l’heure de l’information circulaire et collaborative.

    Non, ce qui m’inquiète, c’est qu’il n’y ait pas encore de grand mouvement citoyen qui se soit imposé comme une référence dans la surveillance de l’IA, un peu comme Wikipédia dans le domaine de l’encyclopédie générale. Même s’il y a beaucoup de critiques à adresser à Wikipédia (la priorité donnée aux obsessionnels de l’écriture, la mentalité de petit chef des modérateurs, la croyance que la source valable n’existe que dans la presse écrite, etc.) le bilan est largement positif. Il faudrait un mouvement planétaire de wiki-IA qui surveille, contrôle, avertit, oriente. Sans ce mouvement, la dérive technofasciste est possible comme celle des insupportables Elon Musk et autres Jeff Bezos et la crainte d’une dérive totalitaire avérée.

    Une fois ces points éclaircis, plutôt que de continuer dans l’ultracrépidarianisme, défaut très répandu sur internet, particulièrement sur les réseaux sociaux, je vais tout simplement vous dire, en toute modestie, ce que je fais avec l’IA, en tant que poète, amateur d’art et éditeur d’un site web d’art et de poésie https://amavero.fr. Séquence pub : Amavero est un site web associatif, 100% bénévole, collaboratif, indépendant, sans pub, sans spam, sans traqueurs et hébergé en open source mutualiste.

    Outils : j’utilise essentiellement ChatGPT version payante et de temps en temps je teste Gemini, Claude ou Mistral AI. A part deux ou trois fois ou Gemini s’est avéré plus pertinent en coding, j’en reviens toujours à ChatGPT mais je ne suis pas un expert du benchmark des IA !

    📚1/ La recherche documentaire

    L’une des spécialités de notre site associatif est la publication de poèmes inédits inspirés par une œuvre d’art contemporain. Dans ce travail, nul besoin de l’IA. Mais, à côté, nous avons développé une série de publications où le poème est illustré par une œuvre d’art (voir plusieurs, nous sommes allés jusqu’à une trentaine d’œuvres pour un seul poème : la lune pleure . Et là l’IA intervient de façon prépondérante.

    J’ai raconté cette expérience de manière détaillée dans une petite note de travail : Comment je m’aide de l’IA pour trouver des illustrations

    En résumé : l’IA vous permet d’aller beaucoup plus vite dans la recherche et vous aide à affiner votre sens artistique. Je lui demande régulièrement de me trouver des artistes peu connus et j’ai ainsi élargi ma connaissance de l’art et ma sensibilité à davantage de courants artistiques.

    📐 2/ La création d’images

    Je donne à l’IA mon poème pour qu’il l’analyse ; ensuite je lui demande de me créer une image  et je lui donne quelques consignes sur le style mais sans plus de précisions. J’ai rassemblé ces créations dans une rubrique Poèmes illustrés par IA . A vous de vous faire votre opinion.
    Sachez que vous n’avez aucune limite dans les consignes que vous pouvez lui donner : dessine moi un ours tendance queer dansant sur un fil entre deux immeubles, par temps de neige, devant une grande foule, tandis que des avions de chasse lui tirent dessus, et le tout dans un style surréaliste. .. Franchement, on peut passer des heures dans ce genre d’exercice, c’est assez addictif.

    🛜 3/ L’aide à l’édition de site web

    Dans cet exercice, l’IA me semble incontournable. Elle code très bien dans les outils de base de la programmation de sites web (HTML, CSS, Javascript, Python) et elle vous aide à améliorer le fonctionnement, l’ergonomie et la mise en page de votre site sans que vous ayez besoin d’être un programmeur. Il suffit de lui exprimer clairement ce qu’on veut et elle vous explique comment faire. Je suis certes un ancien journaliste informatique mais pas du tout développeur, je connais les rudiments du coding HTML et CSS, c’est -à-dire que je peux appliquer les modifications que me propose l’IA mais c’est tout. Et c’est grâce à l’IA que le site a pu rester dans un simple hébergement mutualiste qui s’occupe de la maintenance et des mises à jour. Par contre, il faut vraiment la guider, lui dire des choses précises, ne pas la laisser partir dans des développements inconsidérés. C’est une vraie collaboration. ChatGPT garde maintenant en mémoire tous vos échanges et donc améliore sa connaissance de votre contexte. C’est vraiment grâce à elle que je suis resté poète et éditeur et pas devenu un développeur, même si je trouve que je passe encore trop de temps dans ces fonctions techniques.

    ✍️ 4/ La création de petits textes marketing

    Je me débarrasse sur ChatGPT de tous les petits textes utilitaires de promotion qui annoncent sur les réseaux sociaux les nouveautés du site. Je n’ai aucune ambition personnelle sur ces textes et je suis bien content que l’IA me les fabrique en utilisant toute sa connaissance du SEO et des mots-clés. Elle connait parfaitement les caractéristiques de chaque réseau social et vous fera une présentation spécifique pour chacun d’entre eux. L’aspect marketing de ma fonction d’éditeur est indispensable mais ne m’intéresse pas – je suis essentiellement un poète ! – je suis donc très heureux d’en être déchargé. Je vérifie bien entendu chaque texte avant parution mais on pourrait très bien imaginer un processus qui automatise tout.

    ✅ 5/ Le résumé

    L’IA est imbattable sur cet exercice. Je l’ai testé sur des fiches de lecture que j’ai écrites. Certaines font plusieurs dizaines de pages et je me suis dit qu’un petit résumé ferait du bien. L’IA s’en est chargé impeccablement, très Sciences-Po. Il y a une dérive possible dans ce genre d’utilisation et c’est là où mon idée de wiki-IA aurait tout son sens. Mais on peut très bien imaginer une fonction éducative où elle écrirait des résumés de différentes tailles, pour différents publics, d’œuvres du domaine public accessibles en ebook.

    Voici par exemple le résumé de cet article par la fonction IA de wordpress.com:

    « L’auteur explore les bénéfices et les limites de l’IA dans son travail de poète et éditeur. Il souligne que l’IA, bien qu’efficace pour des tâches comme la création d’images et la rédaction de contenus marketing, manque d’âme. Il appelle à une surveillance citoyenne pour orienter son utilisation responsable, évitant les dérives technofascistes. »

    💀 6/ L’écriture créatrice

    Je l’ai testée bien entendu sur cet aspect et je n’ai rien trouvé de probant car encore une fois l’IA n’a pas d’âme. Là aussi il y a déjà de nombreuses dérives, avec des gens qui publient sous leur nom des textes manifestement créés par IA. On a vu par exemple apparaître sur LinkedIn des auteurs jusque-là inconnus qui se sont mis à pondre tous les jours des portraits critiques de people, très enlevés et on se demandait comment ce gars pouvait connaître aussi bien tant de gens ?…

    De plus l’IA a des incapacités très étonnantes : par exemple elle est incapable de compter, c’est incroyable non ?

    Il y a quelque temps, si je lui demandais de m’écrire un sonnet en alexandrin sur l’amour à la manière de Du Bellay, une grande partie des vers n’avait pas douze pieds. Mais elle a tout à coup fait d’énormes progrès et son résultat devient presque présentable (voir encadré). Ce qui prouve qu’elle s’améliore régulièrement.
    Elle ne peut pas servir non plus de dictionnaire de rimes car elle n’a aucune notion de phonétique. Si je lui demande de me trouver un synonyme de fierté se terminant avec le son on avec un mot de cinq lettres, cette demande étant trop contraignante pour elle, elle entre dans sa phase hallucinatoire que personnellement, je trouve assez poétique :
    « Un synonyme ou mot proche de fierté, se terminant par le son -on et ayant cinq lettres, pourrait être : Hâron. Mais… ce mot n’existe pas en français usuel. »
    Ni même en français tout court !

    Doux tourment

    Ô doux et vif tourment qui brûle en mon courage,
    Quand je contemple au loin les traits de mon désir,
    Et qu’en mon cœur transi se creuse un grand soupir,
    D’un feu secret nourri qui ne connaît d’outrage.

    Tu fais pâlir mes jours, tu fais trembler mon âge,
    Et sous ton joug cruel je viens m’assujettir,
    Aimant mieux en tes fers languir et m’attendrir
    Que fuir ton doux courroux ou ton divin orage.

    Las ! Que ne puis-je, hélas ! briser ta dure loi,
    Et dans un ciel plus pur errer loin de ta voie,
    Là où l’âme en repos goûte un plus clair matin ?

    Mais ton charme est si fort, ton œil si souverain,
    Que j’aime encor mon mal, et que de toi je bois
    L’amère volupté d’un trop fatal destin.

    En conclusion

    J’espère que ces quelques éclairages sur mon utilisation de l’IA en tant que poète et éditeur vous auront permis de vous faire votre opinion. N’hésitez pas à échanger avec moi, je suis preneur de toute autre expérience.


  • La poésie c’est zen!

    An open book with pages turning, releasing paper birds that soar upwards, set against a stylish desk in a dimly lit room.

    Pioché dans les archives du blog InfoTekArt, ce petit essai sympathique en forme de comparatif entre la poésie et le zen, que je republie sans vergogne et sans rien changer. J’adore les deux, la poésie je suis vraiment dedans, le zen je le découvre avec une immense curiosité mais je ne lévite pas encore (même si je ne l’évite pas en corps ni en âme).

    J’écris de la poésie depuis toujours et, depuis quelque temps, je m’intéresse au zen. Je trouve aux deux univers beaucoup de similitudes.
    D’abord, les quatre principes du zen, tels qu’exprimés par Daisetz Teitaro Suzuki dans Essais sur le bouddhisme zen, s’appliquent bien à la poésie.
    1/ Premier principe : « Le zen se dirige directement vers l’âme de l’homme ». De même, pour moi, la poésie est une transmission directe de l’âme, une transmission brute, sans intermédiaire, sans chichis. En elle-même, la poésie est l’expression à la fois la plus profonde et la plus simple de l’âme. Pas de marketing, pas de pub, pas de préjugés, pas d’arrière-pensée, pas de filtre dans la poésie.
    2/ Deuxième principe: « La transmission du zen se fait en dehors des écritures ». Ce que Suzuki veut dire c’est que le zen est au-delà des mots, il n’y a pas de Bible du zen. On est zen sans avoir besoin de références écrites. Pareil pour la poésie ! Certes la poésie a besoin du langage pour s’exprimer, en tout cas quand elle veut laisser une trace. Mais après tout le zen aussi : on peut être zen sans mots mais on a besoin des mots pour expliquer le zen. Et surtout l’instant, l’extase poétiques existent sans langage. J’ajouterai que le zen se transmet à l’oral, de même que je n’aime vraiment la poésie que quand je peux la déclamer ou l’entendre à voix haute.
    3/ Troisième principe: « Le zen n’a pas de dépendance à l’égard des mots et des lettres ». Le zen n’est pas un processus intellectuel mais quelque chose de plus haut. Idem pour la poésie qui n’est pas qu’un langage, mais un état d’esprit qui n’a pas besoin de l’intellect. Les intellectuels ne peuvent pas être poètes. On assimile volontiers la poésie à tel ou tel poème, et donc à une manifestation écrite, à un langage. Mais la poésie s’affranchit de tous les codes de grammaire et de syntaxe, elle pourrait s’exprimer sans mots, dans le silence. J’ai fini par publier mon recueil de poèmes Amavero sans un seul signe de ponctuation, d’abord parce que cela s’est peu à peu imposé à moi, au fil des années,  et ensuite pour que chacun puisse le lire à sa guise. Bon, d’accord, Apollinaire , pour Alcools, avait suivi la même démarche avant moi  (et je ne l’ai su qu’il y a peu de temps) !
    4/ Quatrième principe: « Le zen cherche à contempler sa propre nature pour réaliser l’état de Bouddha »; de même, la poésie se nourrit de la nature du poète pour tendre vers l’universel. La transmutation de l’état d’âme particulier d’un individu poète en langage qui parle au coeur de tous est le grand mystère alchimique de la poésie.
    Ensuite, au-delà de ces quatre principes, je trouve plein de points communs, je les cite dans le désordre.
    1/ Le pilier du zen c’est l’illumination. Quand j’arrive à exprimer dans un poème ce que je ressens au plus profond de moi, je ne suis probablement pas loin d’une sorte d’illumination. Et comme il est aussi difficile de définir l’illumination du zen que celle de la poésie, je n’irai pas plus loin ! Une sensation de plénitude, de moment long et calme hors du temps…
    2/ La seule vraie différence apparente entre la poésie et le zen est que la poésie a évidemment tendance à se matérialiser en mots, à passer à travers les mots, qui ne sont qu’un vecteur, alors que le zen peut se vivre pleinement sans mots. En ce sens, le zen est supérieur à la poésie, comme l’est la musique, selon Alessandre Barrico: « Il y a de la musique dans les mots, mais la musique est plus forte: elle n’a pas besoin de mots. » Mais, encore une fois, il peut y avoir poésie dans une méditation, dans une contemplation de la nature, dans l’écoute d’une musique, dans un regard, à partir du moment où l’on considère la poésie comme un vecteur de l’émotion esthétique.
    3/ Il y a dans le zen une profonde remise en cause du langage. Selon D.T. Suzuki : « Le langage est le produit de la dépendance causale, sujet au changement, sans fermeté, mutuellement conditionné, et fondé sur une fausse évaluation de la véritable nature de la conscience ». Linguistes, grammairiens et sémiologues, passez votre chemin ! Dans le zen, comme dans la poésie, c’est l’esprit qui possède le pouvoir de l’intuition et c’est l’intuition qui conduit à l’illumination. Cette méfiance du zen par rapport au langage, je la retrouve complètement dans la poésie. Moi, poète, je veux dire les choses comme je les ressens, le plus simplement possible, en espérant à la fois que personne ne l’a dit comme moi et que tout le monde me comprendra. Je creuse, je biffe, je rature, j’épure et je cherche l’écho…
    4/ J’adore le principe de vacuité dans le zen. Vacuité qui n’est pas vide, ni vanité, bien au contraire, aurai-je envie de dire… Je ne vais pas oser définir le concept de vacuité dans le zen mais je dirai simplement que je le sens assez bien quand on me dit que dans la vie tout n’est pas noir ou blanc, vide ou plein, bon ou mal, bref que tout ne peut pas se définir par la vision dualiste du matérialisme, par une forme. Par exemple, le jour et la nuit nous paraissent deux choses clairement opposées. Mais quand finit le jour et quand commence la nuit ? A quelle milliseconde près? Et tout ce qui existait dans le jour, existe-t-il encore la nuit? etc. Bref, la vraie réalité est celle peut-être de la non-forme, de l’invisible, de l’énergie,…  de l’âme. Et c’est bien cette réalité-là que vise la poésie.
    5/ Chacun peut dire ce qu’il veut sur le zen, comme sur la poésie. Alors, je me lance: moi, je vois dans le zen une façon de s’apaiser, d’accepter sa souffrance et de chercher le bonheur. Pour soi et pour les autres. On ne peut apporter la paix aux autres si on n’est en paix avec soi-même. Et écrire de la poésie me fait le même effet, cela me met en paix avec moi-même et me mène vers le bonheur. Et ceux qui me liront connaitront peut-être cette paix et ce bonheur. Si oui, je serai le plus bouddha de tous les bouddhas !
    PS: les exégètes auront noté que je ne parle pas des haikus, qui sont pourtant le symbole de la réunion du zen et de la poésie. Mais, pris tout à coup d’un crise de purisme, j’ai le sentiment que le haiku ne peut être que japonais et qu’écrire des haikus en français en reprenant la versification 5-7-5 est une mauvaise imitation. Et surtout il y a beaucoup de règles dans le haïku et elles sont rarement appliquées. Lire quand même ceux que je me suis laissé aller à écrire, par exemple: sept haïkus de naissance et d’amour

    source image

    première publication dans Infotekart : 10 octobre 2009


  • Gouffre de Padirac : la beauté sans l’homme

    Malgré 3 000 visiteurs par jour six mois par an, le Gouffre de Padirac garde sa splendeur virginale. Le seul dégât collatéral connu est le déplacement des chauve-souris qui sont allés nicher plus loin, dérangées par les visiteurs. L’eau du lac et de la rivière, on sait où elle va (dans la Dordogne) mais on ne sait pas d’où elle vient. Un mur de calcaire impénétrable la laisse suinter goutte à goutte mais qu’y a-t-il derrière ? Aune présence humaine détectée dans les 42 km de couloirs défrichés, et les seuls autres animaux connus sont des petites crevettes aveugles. Sans parler du Diable bien sûr, obligé d’y élire domicile suite à un pari raté. C’est à cause de sa présence supposée qu’il a fallu attendre 1889 et le génial Edouard-Alfred Martel, premier à oser s’aventurer. Alors maintenant, petit devant la grandeur de la nautre et du temps, on se tait et on admire, image par image.