Auteur : Joë Bousquet

  • Joë Bousquet : Clairière

    Il bouge un miroir où s’ouvrent des paupières
    c’est l’absence sur l’eau de ton visage
    la ballade de son sourire où l’aube t’envoie
    née du tremblement d’une étoile qui mourut de
    revoir le jour

    Ton corps se voit dans le noir
    moins d’ombre est dans la nuit
    que dans mes yeux où tu te lèves

    toi de mon nom où tu te caches
    toi de ta voix tout ce qu’on a su de ton cœur
    et plus vivante pour le soleil que pour les jours

    Éclair où se poursuit la ronde du matin
    c’est l’hirondelle elle est blanche
    Noir passant qu’en sais-tu
    Si son ombre l’attache à la rose des neiges
    Où jamais le jour ne se pose
    depuis qu’il a vu naître et en mourir l’amour

    La Connaissance du Soir, 1947 (Gallimard)
    souce : Anne Dumas, Pages oubliées, sur fb