Inde!
Etroit quartz saint
Que scie cette huître neuve d’Is
Once douce
Tresse qu’à toirt je crains
Je sais
Je dis:
Ces thés disent Oui
et disent:
Ne fais vain
Cité par Alexandre Moati sur fb
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Inde!
Etroit quartz saint
Que scie cette huître neuve d’Is
Once douce
Tresse qu’à toirt je crains
Je sais
Je dis:
Ces thés disent Oui
et disent:
Ne fais vain
Cité par Alexandre Moati sur fb
Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule, en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.
(suite…)
C’est à ce moment qu’il lut sur la tombe la date de naissance de son père, dont il découvrit à cette occasion qu’il l’ignorait. Puis il lut les deux dates, « 1885-1914 » et fit un calcul machinal : vingt-neuf ans. Soudain une idée le frappa qui l’ébranla jusque dans son corps. Il avait quarante ans. L’homme enterré sous cette dalle, et qui avait été son père, était plus jeune que lui.
(suite…)
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
(suite…)
C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes




Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir
Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
über den Ebenen der Ewigkeit.
Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
der Tau, die Morgenmette und die Maid,
der fremde Mann, die Mutter und der Tod.
Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
die unbejubelt bleibt und unbeklagt
und unbeschrieben wie ein wilder Wald.
Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
der seines Wesens letztes Wort verschweigt
und sich den andern immer anders zeigt:
dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.
Tu es l’avenir, la grande aurore
sur les plaines de l’éternité.
Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
l’étranger, la mère et la mort.
Tu es la forme qui sans cesse change,
qui, toujours solitaire, émerge du destin,
qui demeure sans gloire ni regret
et vierge comme une forêt sauvage.
Tu es l’essence même des choses
qui tait le dernier mot de son être
et qui se montre aux autres toujours autre :
au navire comme une côte, à la terre comme un navire
(1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard





LEAR
Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
You cataracts and hurricanoes, spout
Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
You sulphurous and thought-executing fires,
Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
Smite flat the thick rotundity o’ the world!
Crack nature’s moulds, all germens spill at once
That make ingrateful man!
LEAR
Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
Qui font l’homme ingrat !
Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

