Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Vous aurez beau faire, Monsieur, dit la jolie marquise, vous n’aurez jamais mon cœur…. – Je ne visais pas si haut, Madame !
…, je ne sais… Lire
Molière


  • port du sud

    Tiphaine de Belenet – Couleurs sur le port

    tous les bruits sont là
    le gai klaxon des voitures
    sur les quais agités
    de mouvements variés
    le boum-boum-boum
    des bateaux à moteur
    glissant sur l’eau
    le bruissement
    des filets de pêche
    enroulés à la poupe
    les voix riantes
    qui s’interpellent
    en crieurs de marché

    d’habitude un tableau
    c’est le silence
    mais ici dans tous ses bleus
    la vie même

    Texte de Luc Fayard inspiré par Couleurs du port, de Tiphaine de Belenet


  • voiles

    Emma Lisa – Mettre les voiles

    des voiles dans tous les sens
    aux géométries improbables
    le vent fou nous fera perdre la tête
    on le sait bien
    puissance de l’allégorie
    et de la métonymie
    urgence de prendre la barre
    partir loin là-bas
    gardant avec précaution
    les voiles croisées
    belle allure vent arrière
    les marins le savent bien
    mais difficile à tenir
    comme la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Mettre les voiles, d’Emma Lisa


  • pays de l’enfance

    Virginie Ressy – Les Roses trémières

    les roses trémières
    illuminent le sentier
    de ce pays magique
    où volètent des fées
    déguisées en fleurs
    les lampions éclairent
    la pénombre des frondaisons
    les arbres chantent
    à mi-voix
    des berceuses qui parlent
    de géants aux bottes d’or
    c’est le pays de l’enfance

    Texte de Luc Fayard inspiré par Les Roses Trémières, de Virginie Ressy


  • indices de table

    Nature morte avec des tomates et des oignons sur une nappe à rayures rouges.
    Jehanne Roesch – Oignons, tomates

    rouge et blanc sur noir
    prémisses de goût
    promesses de futur soyeux
    puissance de l’ingrédient
    et de la sémiologie
    dans ces fruits et légumes
    posés négligemment
    sur la table
    tout reste à naître
    et c’est tant mieux
    prenons le temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Oignons et tomates, de Jehanne Roesch


  • phare de l’île

    Marie Leroy – Le phare de Guincho

    parfois le temps s’arrête
    le vent aussi
    ils font la pause
    entre deux tempêtes
    l’occasion de respirer
    et de regarder dans le ciel
    un nuage qui se rebelle

    la mer s’est vidée
    de tous ses bateaux
    une autre séquence se vit
    celle du silence
    de la réflexion
    mais attention
    la vie n’est pas ce que tu crois
    bientôt il faudra te courber
    sous les embruns à venir

    Texte de Luc Fayard inspiré par Le phare de Guincho, de Marie Leroy
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne



Art et Poésie : dernières publications

  • Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

    Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

    Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025