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publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Sans P

    On quitte ici l’art visuel pour l’art oral.
    Écoutez et regardez l’étonnant speech de Yannick Nédélec, une performance à la fois orale et littéraire, encore mieux peut-être que Devos!
    Et qui plus en tout en alexandrins!  
    Tout est dans le titre.
    Un bijou!
    Une performance réalisée et enregistrée à la Coupe de la Ligue Slam de France 2021 (auteur de la vidéo dont j’ai pris cet extrait)
    Lire le texte en entier


  • quatre actes (en version poésique)

    Anne Defaucher – Quatre acryliques (2023)

    la branche et l’algue
    le ciel et la mer
    l’herbe et la mousse
    le ruisseau et la montagne

    on entend tous les chants
    le cri surpris des oiseaux
    le ruissellement soyeux de l’eau
    le frottement tiède du vent

    toutes les strates de la vie
    joie ou tristesse
    espoir ou peine
    se jouent en quatre actes

    Texte de Luc Fayard, illustré par :Quatre acryliques, d’Anne Defaucher (2023).


  • enfance

    Valérie Hadida – Plume (2023) – sculpture – (Photo: @SevBorgella)

    j’aimerai tant retrouver
    cet esprit d’enfance
    pétillant d’impertinence
    où l’on peut
    croire impassible
    aux infinis possibles
    s’asseoir persuadé
    que le monde guettera
    sa parole d’insouciance
    sentir le vent
    ébouriffer sa vie
    poser là
    son évidence
    sa vérité
    crue et nue
    laisser passer les rêves
    dans ses yeux mi-fermés
    sans se lasser
    en oubliant le temps
    l’enfance est sans horloge
    sans apparat ni toge
    et dans une moue sans rire
    montrer que l’on existe
    pour le meilleur de l’artiste
    et jamais pour le pire

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Plume (bronze, 39 x 28 x 14 cm) de Valérie Hadida, publiée par Galry


  • Déserte

    Brigitte Biechy-Payrastre – N.167 (2019) –  acrylique sur toile

    D’argile et de pierres
    D’ocre et de sang

    Je suis façonnée
    Par les fumerolles
    Bercée par les légendes

    Mon corps n’est que parole
    Et ma parole est cendre
    Enfantée par les roches
    Par-delà les méandres

    Mes pieds foulent le sol

    Chaos incandescent
    D’où d’indomptables et folles
    Rivières prennent naissance

    Sauvage et éphémère
    Éternel mouvement
    Que celui de la terre
    Soulevée par les vents

    Je suis une prière
    Une femme mouvante
    Animale
    Déferlante
    Solitaire
    Reliée au vivant
    Par les racines dans mon ventre.
    Je suis le désert
    Le désert est mon antre.

    Texte de Léa Cerveau, dite Léa La Poétique, inspiré par le tableau N.167 de Brigitte Biechy-Payrastre  – 2019 –  acrylique sur toile -114 cm x 142 cm


  • brume

    Bérangère Costa – Le Conquet – photographie

    je suis l’humide gris
    perlant de gouttes
    sur le pont salé
    je suis le voile du marin
    enrobant le navire
    pour lui dérober la vie

    porteuse de poisse
    je suis la fatalité
    faiseuse d’angoisse
    à qui on finit
    par s’habituer

    quand je suis là
    sans m’être annoncée
    anxieux le marin
    ne voit plus rien
    silencieux aux aguets
    l’oreille tendue
    il écoute ausculte
    car il le sait
    je ne pardonne rien
    ni l’invisible rocher
    ni la boussole affolée

    sur la cote floutée
    le phare sans veilleur
    peut se moquer de moi
    mais que m’importe
    où son regard porte
    tenace obstinée
    d’une infinie patience
    je tisse ma toile
    d’ombre et de destin
    posément je déploie 
    mon filet de mailles
    à l’invisible ouate
    enserrant ses proies

    et pour un temps incertain
    sous la loi de l’indistinct
    moi juge suprême
    j’abolirai la frontière
    entre laideur et beauté
    pour tout emmêler
    sans aucun remords
    le jour et la terre
    la nuit et la mer
    la vie et la mort

    Texte de Luc Fayard, inspiré par une photo de Bérangère Costa


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  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025