1 382 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • souviens toi de l'île

    souviens toi de l’île 

    aux chevaliers guignettes
    où les sternes sont naines
    ou bien pierregarin
    les hérons toujours cendrés
    les mouettes rieuses
    ou mélanocéphales
    les gravelots toujours petits 
    et grises les bergeronnettes
    et noires les guifettes

  • pieds des stalles

    je regarde mon doigt de pied gauche
    et je me dis  un pied çà a l’air de quoi
    ce genre de trapèze improbable et plat
    ce bout du bout du corps
    qui nous tient debout
    par le bas
    on dit tu es bête comme tes pieds
    mais qui a dit que mes pieds étaient bêtes
    bien alignés et rangés par taille décroissante
    moi je leur trouve plutôt l’air ordonné
    à mes petits doigts de pied
    ils bougent quand j’en ai envie
    mais si jamais l’envie me prend
    le lever le troisième en partant de la gauche
    qui est aussi le troisième en partant de la droite
    et pourtant j’en ai cinq à chaque pied
    sans faire bouger ses confrères
    je risque d’y passer de longues nuits

    vous aussi
    tout çà pour vous dire qu’il vaut mieux
    compter sur ses dix bons doigts de pieds
    pour marcher et pour botter les fesses
    de ceux qui vous marchent sur les pieds
    remarquez
    si vous n’aviez plus de doigts de pieds
    on ne pourrait pas vous marcher dessus
    c’est chaud
    c’est sûr comme une chaussure
    alors gaffe un conseil
    tous les soirs
    avant de vous coucher
    comptez-les
    vos petits doigts de pieds
    on ne sait jamais

  • je meurs tu pleures

    Je meurs
    Tu meurs
    Je t’aime
    Tu pleures
    Je vogue
    Tu vogues
    Ils voguent
    Où çà
    M’en fous
    Quèqu’part
    Tu viens
    Je pars
    Tu m’aimes
    Je pleure
    Je dis
    Tu dis
    Tout çà
    Ils disent
    N’impor-
    Te quoi
    Tu ris
    Je nage
    Tu nages
    Vers moi
    Ou çà
    Plus loin
    Pourquoi
    Parc’que
    C’est beau
    C’est bon
    Et plus
    Que ça
    Encore
    Pour toi
    Je vis
    Tu vis
    Sans moi
    Je souffre
    Tu souffres
    S’en foutent
    Pourquoi
    Parc’que
    Ils ont
    Raison
    Les cons
    Je viens
    Tu veux
    Je veux
    Te voir
    T’aimer
    Plus fort
    M’aimer
    Dis-tu
    Et puis
    Je rêve
    Tu dors
    Petite
    Et douce
    Je souffle
    Sur tout
    Sur ça
    Sans ça
    Tu voles
    Plus loin
    Sans moi
    Tu joues
    Je perds
    Toujours
    Pourquoi
    Ta peau
    Ton corps
    Adieu
    Rideau
    Mais non
    Tu rêves
    De moi
    Peut-être
    Encore


  • offerte ta bouche douce

    offerte
    ta bouche douce
    pour moi qui pleure

    tes jambes longues
    ton ventre rond
    offerts

    douce ma belle tu souris
    et l’odeur de toi
    rose close ton parfum

    à genoux je caresse
    ta peau offerte
    tu m’enveloppes

    ton souffle chaud sur moi
    s’envole
    comme toi et moi

  • couple qui lit

    8 heures d’un matin gris
    Derrière la vitre embuée d’un MacDo, un couple prend son petit-déjeuner sous la lumière néon.
    Assis l’un en face de l’autre, chacun la tête penchée, l’homme est plongé dans un hebdo télé pas cher, la femme lit attentivement Le Parisien.
    D’habitude, c’est l’inverse, la femme scrute les programmes télé et l’homme les pages PMU.
    Il est resté quelques secondes dehors à les regarder.
    Ils n’ont pas levé la tête.
    Ils ne se parlent pas, ils lisent, chacun la main posée distraitement sur sa tasse de café.
    Tiens, c’est drôle, une main gauche et une main droite.
    Quelques centimètres seulement séparent ces deux mains sur la table.
    Il suffirait d’un rien, un geste instinctif, une envie de se décrisper, pour qu’elles se touchent.
    Alors, ils se regarderaient sans doute une seconde, peut-être même en s’excusant.
    Puis ils reprendraient leur lecture attentive.


Dernières publications d’art et de poésie

  • La couleur grise

    La couleur grise

  • Dernière séance

    Dernière séance

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025