Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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    • Kelly Boesch : Le Pouvoir du Silence (vidéo)

      Kelly Boesch – Le Pouvoir du Silence (2026) – images extraites de la vidéo

      Voir la vidéo sur facebook

      Notes techniques de l’auteure : « Pour le texte de la chanson, Chat m’a permis de créer de magnifiques métaphores. La chanson a ensuite été composée avec @sunomusic. Les images ont été créées à partir des paroles, qui m’ont servi de point de départ. L’animation a été réalisée avec #VEO3. »


    • mon testament d’amour (illustré par 7 artistes contemporains)

      Vue d'une exposition artistique avec des œuvres sur les murs et des éléments transparents créant une atmosphère unique.
      Eva Nielsen – Installation (2025) – techniques mixtes toile, latex, cuir, soie sérigraphie, photographies – exposition finalistes Prix Marcel Duchamp 2025 musée d’Art moderne de Paris – Photo © Hafid Lhachmi © ADAGP Paris, 2025

      j’aime
      le destin hésitant d’une trace de pas sur le sable mouillé
      la poussée invisible du vent dans les frondaisons
      le vent de pleine mer qui me ride la peau
      l’écume grondeuse dans le sillage du voilier
      le mouvement perpétuel des vagues sur la mer comme dans ma vie
      chercher à deviner où elles commencent et se terminent

      j’aime
      l’infini du vert dans la forêt d’été
      l’ombre d’un mur qui dévoile son histoire fatiguée
      le chien immobile qui dort comme si rien ne pouvait lui arriver
      rêver quand perdu dans une ville étrangère je survole invulnérable les toits et les arbres
      l’évolution des paradigmes pour les gens qui volent comme moi hier ce vol était sexuel aujourd’hui il est liberté

      j’aime
      la possibilité d’un sourire
      les limbes le flou la demi-teinte l’incertitude le non-dit les arrière-cours
      le silence qui parle de lui-même
      les livres que j’ai lus même si je ne lis plus
      les artistes libres qui sauveront peut-être l’humanité de ses tyrans
      me perdre dans les couleurs et les plans d’un tableau puis imaginer où pourrait aller le trait du pinceau quand il sort du cadre

      j’aime
      la vie parce qu’elle est le plus grand des paradoxes c’est le moins qu’elle puisse être
      ne pas comprendre la musique et l’aimer quand même idem pour la philosophie
      l’idée de pouvoir vivre assez vieux pour embrasser un enfant d’un enfant de mes enfants et me dire alors que je peux mourir sans regret
      avoir compris que l’amour est enfant de hasard et de grâce
      ne plus croire en Dieu mais lui parler de temps en temps quand ça va mal

      j’aime
      le rose du soir dans le ciel du sud
      la bruine uniquement en bord de mer
      les branches hivernales des arbres poussant les plaintes de leurs bras nus vers le ciel
      les soirs qui durent longtemps dans le noir
      les matins indécis à se désembrumer

      j’aime
      l’orgueil qui me sauve de la paresse
      le souvenir mensonger de ma jeunesse belle et arrogante
      tous les mots qui n’ont pas encore été prononcés

      j’aime
      les gueules pas banales
      les gens qui me font rire les autres m’ennuient
      les voix rauques surtout chez les femmes
      les yeux d’un visage quand ils parlent d’abord
      la grâce d’un mouvement de tête entraperçu au moment précis où elle se détourne

      j’aime
      les sentiers qui montent vers l’air pur et le silence léger
      les chemins qui tournent en suivant les bords de mer
      sentir que j’ai une âme forte quand elle frémit et pleure
      m’endormir le plus tard possible j’ai peur de mourir dans mon sommeil

      j’aime
      la promesse d’écrire chaque jour jusqu’à ma mort pour dire ce que j’aime

      (à suivre…)


      Une nature morte avec une théière en métal, des citrouilles, des fleurs, des fruits et des bougies, sur une table décorée.
      Daniel Keys – Abondance (2017)

      Texte de Luc Fayard illustré par 7 artistes contemporains (de haut en bas) : Jeremy Mann, E.C. Baugh, Zaria Forman, Erin Hanson, Tibor Nagy, Eva Nielsen, Daniel Keys


    • Bianu (Zéno) : Le prénom du visage

      avec toi
      torche noyée
      dans l’instant tremblant

      jusqu’au plus sombre
      du temps

      avec toi
      nuit des voix
      à tomber sous la vie

      nuit des vies
      pour écouter
      les lèvres de la plaie
      les lèvres de la pluie

      avec toi
      pour écouter
      ce qui ne se possède plus

      derrière les pierres de neige
      aux pieds du monde seul

      avec
      moi en toi
      comme un dieu
      au secret blessé

      avec mille soleils enterrés
      derrière chacun de tes mots

      jusqu’à ce tremblement de vide
      qui étreint l’horizon

      Zéno Bianu. Infiniment proche – Le Désespoir n’existe pas – Éditions L’Arbalète/Gallimard (2000)


    • les voiles de la nuit

      quand les voiles de la nuit
      quitteront les quais déserts
      pour m’embarquer de force
      vers le trou du grand large

      avant de partir j’entasserai
      dans ma besace les trésors
      qui m’ont rajeuni l’âme
      tout au long du chemin

      je cueillerai des morceaux
      de nature et de tableaux
      ayant capté le vrai dans l’invisible
      et le souffle dans la création

      j’accrocherai quelques notes
      l’une derrière l’autre
      tourbillon de contrastes
      grimpant vers le ciel

      de mes rêves j’emporterai
      les baisers non donnés
      gorgés d’étranges frissons
      à la douceur inconnue

      de ma vie les soleils rouges
      ayant illuminé mon cœur
      des horizons non gagnés
      pour m’avoir ébloui

      je changerai l’un de tes sourires
      en un souple trait d’infini
      pour que le vent des soupirs
      m’effleure sans remords

      je volerai un rayon de tes yeux
      pour que sa lumière m’éclaire
      dans ma traversée solitaire
      vers l’ombre et le silence

      puis je laisserai le temps
      voleur transmutant
      ravir l’éclat des autres
      pour l’exiler dans l’oubli

      j’oublierai tout le reste
      et dans l’ultime geste
      solennel théâtral
      de comédie humaine

      je me draperai dans la soie
      de nos silences profonds
      pour que l’odeur de ta peau
      devienne mon dernier parfum

      Une illustration d'un paysage en hiver, montrant des arbres dépouillés de leurs feuilles sur un fond brumeux aux teintes grisâtres et beige, avec une lueur dorée à l'horizon.
      Valerius De Saedeleer – Verger en hiver (1907)
      A nude woman lying on a smooth, abstract surface against a dark background, conveying a sense of tranquility and introspection.
      Romaine Brooks – Le Trajet (1911)

      Texte de Luc Fayard illustré par six oeuvres d’artistes modernes : John Atkinson-Grimshaw – Nightfall Down the Thames(1880) ; Harald Sohlberg – Nuit d’hiver dans les montagnes(1914) ; Elihu Vedder – The Cup of Death(1885) ; Nicholas Roerich – Étoile du Héros(1936) ; Valerius De Saedeleer – Verger en hiver(1907) ; Romaine Brooks – Le Trajet(1911) ;


    Dernières publications d’art et de poésie

    • Mauritz de Haas : Nocturne with Lighthouse (1880)

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    • Jean-Baptiste-Siméon Chardin : Le Gobelet d’argent (1768)

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    • Maulpoix (Jean) : Adieu

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    • Azzhara : J’écris à jeun

      J’écris à jeûn
      Soif et faim dans tout le corps
      Un lot de remords dans le cœur
      Je bois mes larmes
      Je mange mes pleurs
      J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
      Du miel silencieux
      Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
      Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
      Je le cherche
      Le froid gris de son absence me gifle
      J’ai mal
      J’ai soif
      J’ai faim
      J’écris à jeun
      Mes pensées troublées
      Ma main tremblante
      Mes ongles rongés
      Mes pieds attachés
      Je veux sentir le manque
      J’écris à jeun

      Azzhara. Nuit intranquille. 2021

      Azzhara : J’écris à jeun

    • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

      C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

      Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

      Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

      Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

      Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

      S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

      Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

      Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

      Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

      La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

      L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

      Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

      Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

      Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

      Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

      Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

      Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

    • Trois espaces

      Trois espaces

    • Elle était là dans le silence pluvieux

      Elle était là dans le silence pluvieux

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    Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
    Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025