Un ‘eu de ‘oésie, dans ce monde de brutes,
‘our les ‘etits en lutte, et ‘our les grands en rut.
Oui, mais en su »rimant la lettre à ‘ostillons,
gouttelettes à virus, ‘artout en ‘a’illons
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Un ‘eu de ‘oésie, dans ce monde de brutes,
‘our les ‘etits en lutte, et ‘our les grands en rut.
Oui, mais en su »rimant la lettre à ‘ostillons,
gouttelettes à virus, ‘artout en ‘a’illons
À mes mamas algériennes.
Deux mamas qui ne se connaissent pas, sont pourtant tatouées dans mon cœur.
L’une est ma belle mama de la poésie et l’autre est ma mama Malika.
Même le prénom MALIKA comporte le nom de Ali BELKAHLA.
On ne récolte ce que l’on s’aime, j’ai été baptisée Yacuta par Linda.
Encore une autre mama, à laquelle je tatoue le signe de l’amour,
Ave Maria, si tu me reconnais, je suis ta tata.
Cette toile figurative est le caméléonisme du culturisme.
Je développe ma masse musculaire pour faire de l’esthétisme.
À plusieurs, les mamas deviennent QUEEN
À l’image de Malika.
Des femmes fortes qui ont enfantées les plus beaux insignes.
SAL’ÂME ALI BOOM, KELTOUM !
Ils sont DEFFOUS ces Algériens !
Texte d’Angélique Leroy, inspiré par Malika, de Keltoum Deffous
ANABASIS
Dieses
schmal zwischen Mauern geschriebne
unwegsam-wahre
Hinauf und Zurück
in die herzhelle Zukunft.
ANABASE
Cet
aller en haut et retour dans
l’avenir clair-cœur,
mal praticable et vrai,
écrit étroit entre des murs.

Frottage au fusain & lavis d’encre de Chine. Effacement, grattage – 2024.
Tirage pigmentaire signé et numéroté.
Née au contact direct de la pierre, cette œuvre explore la trace et l’empreinte.
Le fusain capte les reliefs du sol, comme une mémoire spontanée.
Le lavis d’encre de Chine habite ces formes, jusqu’à faire émerger une cartographie mentale, où l’accident dialogue avec l’aléatoire.
je me souviens
j’étais un crabe triste
glissant d’une algue à l’autre
et le soir aux piaillements crissants
des grands oiseaux blancs
j’allais me terrer dans mon antre
je me souviens
j’étais une araignée maigre
pendue à sa filandre
aux arbres de branche en branche
et dans le matin cru éblouissant
je me recroquevillais en pleurant
je me souviens
la vie prenait mille teintes
sans frontière entre noir et blanc
c’était avant l’arrivée de la couleur
mais personne n’en avait besoin
les enfants le savent bien
je me souviens
des épaules basses des visages longs
ce n’est pas grave disait-on
il faut juste un peu
de poussière et d’encre
pour pleurer
je me souviens
quand tout a changé
l’horizon frondeur
a voulu se teindre en bleu
ce fut la bataille de la terre et du feu
et le ciel a fini par gagner
je me souviens
quand la tristesse s’en est allée
faisant place au sourire
dans les chemins moins escarpés
aux pierres moins glissantes
les grains de sable se sont mis à jouer
je me souviens de ton premier rire
Texte de Luc Fayard inspiré par Cartographie mentale, de Célia Ebert
📂 Sélection des archives Infotekart
Dans les archives d’InfoTekArt, quelques pépites indémodables, comme celle-ci qui parle du blues des années 30 et des formidables cartoons de Robert Crumb, qui vit en France maintenant
Robert Crumb a croqué tous les musiciens blues, jazz et country qu’il aimait : je l’ai retrouvé dans ce bouquin extraordinaire:
qui comprend un CD avec des enregistrements des années 1930.
C’est le type qui a créé Fritz The Cat ,et la fameuse image reproduite sur des millions de tee-shirts « Keep on Trucking », ou encore la pochette de l’album Cheap Thrills de Big Brother & The Holding Co. (avec Janis Joplin).

Lire cet excellent dossier de Singulart sur Robert Crumb
Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir en grand une belle planche des dessins de R.Crumb (tirée de son livre) 👇

En cadeau, je vous offre
dont le jeu de guitare préfigure Bob Dylan. C’est sa photo de pochette de disque qui a inspiré la couverture de la BD (en haut).
(sur mon serveur Infomaniak, sans pub, ce n’est pas Youtube!)
source
Quant à Robert Crumb, il vit en France maintenant depuis 1991. J’aimerais bien boire un verre avec lui.
Au fait, l’éditeur de ce type de blues, allez le visiter: www.yazoorecords.com.
première publication dans Infotekart : 4 mai 2008

Il est là monstrueux démesuré
debout par miracle
Dans un maelström de particules
Raide et impassible
dans ce magma coloré
Poursuivi par ce spectre grimaçant
qui se cache à lui et veux l’engloutir
Inconscient, il marche
et va vers son destin
Dans un tourbillon d’électrons dorés
dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

L’amère flamme ruisselant
l’oxyde fragile boisé
flot argenté du jour
dormant dans la vaste nuit
Fleure fœtus hermaphrodite
Des aromates sauvages
sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève
