Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 474 artistes • 860 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Il s’agit moins de guérir la mélancolie que d’en faire une source de rêverie, d’humeur vagabonde.
…, sur France-Inter


  • deux formes

    Edgar Degas – La Femme à la potiche (1872)

    femme et vase
    se répondent
    deux formes
    le sombre et le clair
    mais les bras
    et les feuilles
    se disputent
    la potiche nous dit
    ce n’est pas moi
    qu’il faut regarder
    c’est elle
    et que nous disent
    d’autre impératifs
    les doigts crispés
    de la femme
    sur le fauteuil
    ils disent
    regardez-moi donc

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • découverte

    Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)

    ils sont tellement hauts
    ces coquelicots
    qu’ils vont avaler l’enfant
    au loin la maison de famille
    chaperonne la promenade
    les odeurs chatouillent
    les narines émues
    les souvenirs d’enfance
    font remonter à la surface
    les lentes déambulations
    dans les champs
    sans horloge
    où rien n‘était plus important
    que la suite du chemin
    cachée par le virage
    et sur sa peau
    les goûts épicés
    de la campagne

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • je veux tout oublier

    je veux tout oublier
    des anciens jours sépia
    célestes ou grossiers
    que rien ne recopia

    ni les pleurs ni les chants
    de la lumière bleue
    ni l’accord dissonant
    du matin malheureux

    je veux tout oublier
    la magie floue du monde
    le tournis mésallié
    dansant sa folle ronde

    oublier la cité
    du concert fracassant
    l’impétuosité
    du cynique impatient

    je veux tout oublier
    les mots si malhabiles
    sur les plaies repliées
    des rendez-vous fragiles

    la mémoire infiltrée
    au détour du chemin
    par de nouveaux portraits
    regardant vers demain

    je veux tout oublier
    pour qu’enfin recommence
    l’émotion relayée
    par le spleen sans souffrance

    que souffle l’infini
    des contrées inconnues
    cajolant dans son nid
    mon âme mise à nu

    Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur bois
    Henri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)
    Simon – Regard à travers la fenêtre


    Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023
    Texte illustré par l’illustration
    Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet.
    Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes!
    Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :

    FEMME A LA FENÊTRE


  • La vague de Camille Claudel

    Camille Claudel – La Vague ou Les Baigneuses (1897) – sculpture plâtre puis onyx

    La vague devient chair sous le ciel dénudé,
    Le long de son corps embrasé se perd le temps,
    L’onde enserre la lumière de vert veinée,
    Oblitérant de ses doigts le jour en suspens.

    Lors, la vague émeraude vomit la colère
    Dans la danse de ses lames effrénées,
    Se pétrifie dans les coulures de l’éther
    Son âme déchue où s’émiettent les trophées.

    Les trois belles à l’entour de l’intempérance
    Éclaboussent la vague de leur nudité,
    Quand leurs cœurs ceints d’onyx vibrent dans les luisances.

    La grâce susurre à la vague captivée :
    « Sursois à briser mon âme qui bat encore
    Dans la danse des corps où vacillent les ors ».

    Texte de Laurence Sophie inspiré par la sculpture La Vague ou Les Baigneuses de Camille Claudel


  • énergie

    Hélène Averous – Bords de mer (2019)

    d’où vient-elle 
    cette énergie
    à diffusion lente
    dans l’esprit le corps

    je connais
    sa seule source 
    la beauté pure
    invisible sans forme
    intouchable et vibrante

    pour la sentir
    je deviens ermite
    assis sur la montagne
    contemplant au rythme 
    d’un souffle lent
    la vallée de mon cœur

    j’y vois ma vie défiler
    en pointillé
    les passants des rencontres
    n’y sont que des ombres

    et enfin je les vois
    les oiseaux libres et chanteurs
    ravisseurs d’espace
    dansant en cercle 
    faisant la farandole
    peu à peu ils se taisent
    et s’en vont
    au loin
    planer en vol
    longtemps
    rétrécis à n’être plus qu’un point

    alors je ferme les yeux
    les bras tendus
    tournant mes paumes
    vers le bas
    avec encore dans mes oreilles 
    cette merveille
    le chant des mésanges 
    noires si aigu

    c’est comme si 
    j’embrassais
    tout le paysage
    c’est comme si 
    l’énergie des monts
    et des brumes
    l’énergie du vent chaud
    et humide
    l’énergie des plaines
    et des forêts
    me traversait tout le corps
    des pieds ancrés en terre
    à la tête souriant aux anges


    Texte de Luc Fayard inspiré par Bords de mer , de Hélène Averous, encre de Chine sur papier de riz


Dernières publications d’art et de poésie

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 1)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 1)

  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

  • Modèle d’un jour : Sylvie C.

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  • Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

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  • Ajouts d’œuvres d’art impressionnistes (Galerie 2)

    Ajouts d’œuvres d’art impressionnistes (Galerie 2)

  • La Gazette d’Amavero n°18 – Lundi 9 février 2026

    La Gazette d’Amavero n°18 – Lundi 9 février 2026

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025