Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau de Gustave Caillebotte « Toits sous la neige » où on se demande si on voit la neige tomber: la réponse est oui !
Voir la Galerie des duos poème-art, œuvre par œuvre
Voir nos trois autres galeries : Art contemporain (œuvre seule), Art moderne (œuvre seule), Art ancien et art classique (œuvre seule)
Merci à Yoyo Maeght (*) pour le signalement de cette œuvre.
A ce jour (21 juillet 2025), le tableau surréaliste le plus cher du monde : 121,16 M$ (Christie’s, New York, 2024). Portant ce titre, il existe 17 huiles confirmées, ainsi que des gouaches et dessins, soit une vingtaine d’œuvres avérées s’appelant « L’Empire des Lumières » et attribuées à Magritte : vont-elles toutes se vendre au même prix?





dans un frôlement nocturne
quand je serai bien mort
je viendrai te chatouiller
le gros orteil droit
telle une plume
sur l’étang de ta maison
plus léger qu’un souffle
je marcherai sans une ride
étonnés les poissons ouvriront
plus grand la bouche
ectoplasme translucide
je m’effacerai doucement
de ton souvenir étiolé
nuage grisonnant dans le ciel
de ton passé
quand j’aurai bien profité
de mes farces je serai las
assailli de nouveaux regrets
du fond de la mort il faudra
que je t’appelle
longtemps tu résisteras
le sourcil en épi clamant
pourquoi me déranger ainsi
on ne peut partir et revenir
reste enfoui
mais je finirai par te manquer
personne pour te faire rire
te faire partir en éclats
et ta vie coulant triste sans moi
oui tu viendras
alors âme dans l’âme nous aurons
la mort entière pour l’amour
et nos évanescences enserrées
habilleront d’une joie de velours
l’éternité


Texte de Luc Fayard illustré par 12 artistes contemporains , extraits de Nicole’s Museum (*)
(*) nicolemuseum.fr





Artistes cités (de gauche à droite, de haut en bas) : Bruce Kurland, Isabelle Beaupré, Lionel Saint-Eloi, Jalliot Karte, Félix Lafortune, Paul Liggins, Bruce Connor, Lars Henkel, Guillaume Couffignal, Carole Bonaventure, Gennady Shlykov, Vincent Lignereux
Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe
c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.
Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)







