Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 477 artistes • 860 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Ma terreur est de ne pas être incompris


  • Galerie Matisse

    Catalogue de l’exposition Matisse, Grand palais de Paris, avril 2026 (extrait)

    Sélection de l’exposition du Grand Palais de Paris (avril 2026) centrée sur les dernières années du peintre (1941-1954) qui montre les extraordinaires facettes de l’artiste. Vous les verrez mieux ici que là-bas, noir de monde. Mais les visiteurs sont des gens âgés (comme moi) : au moins, ils sont polis et ne font pas de bruit. Et le catalogue de l’expo est un bouquin génial (45 € quand même) !
    Présentation dans l’ordre chronologique (qui était celui de l’expo).



  • l’homme qui pleure

    l’homme qui pleure
    ignore pourquoi
    l’infini triste déborde
    au-delà des larmes

    sans voix il ne peut crier
    seuls les hurlements
    surgis de son âme
    strient la nuit

    la main vide
    ne caresse plus
    ni la peau ni le temps
    juste un souffle d’instant

    la peur est apprivoisée
    ne plus respirer ce n’est
    qu’un silence de plus
    dans la lumière nue

    l’homme oublie la souffrance
    les oiseaux se sont tus
    le vent a disparu
    nul ne tremble sauf lui

    Paysage aquarelle avec des montagnes sombres, un ciel nuageux et des oiseaux volant au-dessus d'un terrain aride.
    Lars Lerin — La Côte norvégienne (1954) – aquarelle
    Li Chevalier — Dark is Life, Dark is Death (2014) – To Gustav Mahler – encre (fragment)


    Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres d’art contemporain : Lars Lerin — La Côte norvégienne (1954) et Li Chevalier — Dark is Life, Dark is Death (2014)


  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 7)


  • Antonio Machado : Caminante no hay Camino – Voyageur, il n’y a pas de chemin

    ¿Para qué llamar caminos
    a los surcos del azar?…
    Todo el que camina anda,
    como Jesús, sobre el mar.

    Nunca perseguí la gloria,
    ni dejar en la memoria
    de los hombres mi canción;
    yo amo los mundos sutiles,
    ingrávidos y gentiles,
    como pompas de jabón.
    Me gusta verlos pintarse
    de sol y grana, volar
    bajo el cielo azul, temblar
    súbitamente y quebrarse…

    Todo pasa y todo queda,
    pero lo nuestro es pasar,
    pasar haciendo caminos,
    caminos sobre el mar.

    Caminante, son tus huellas
    el camino y nada más;
    caminante, no hay camino,
    se hace camino al andar.
    Al andar se hace camino
    y al volver la vista atrás
    se ve la senda que nunca
    se ha de volver a pisar.
    Caminante no hay camino
    ino estelas en la mar…

    Hace algún tiempo en ese lugar
    donde hoy los bosques se visten de espinos
    se oyó la voz de un poeta gritar :
    « Caminante no hay camino,
    se hace camino al andar… »
    Golpe a golpe, verso a verso…

    Murió el poeta lejos del hogar.
    Le cubre el polvo de un país vecino.
    Al alejarse le vieron llorar.
    « Caminante no hay camino,
    se hace camino al andar… »
    Golpe a golpe, verso a verso…

    Cuando el poeta es un peregrino,
    cuando de nada nos sirve rezar.
    « Caminante no hay camino,
    se hace camino al andar… »
    Golpe a golpe, verso a verso.

    À quoi bon nommer chemins
    les sillons du hasard ?
    Qui marche avance toujours,
    comme Jésus, sur la mer.

    Jamais je n’ai cherché la gloire,
    ni voulu laisser ma chanson
    dans la mémoire des hommes ;
    j’aime les mondes subtils,
    aériens et délicats,
    comme des bulles de savon.
    J’aime les voir se peindre
    de soleil et de pourpre, voler
    sous le ciel bleu, trembler
    subitement puis se rompre…

    Tout passe et tout reste,
    mais notre destin est de passer,
    passer en traçant des chemins,
    des chemins sur la mer.

    Voyageur, ce sont tes traces
    qui font le chemin, rien d’autre ;
    voyageur, il n’y a pas de chemin,
    le chemin se fait en marchant.
    En marchant se fait le chemin
    et lorsqu’on retourne la tête
    on voit le sentier que jamais
    on ne foulera à nouveau.
    Voyageur, il n’y a pas de chemin
    rien que des sillages sur la mer…

    Il fut un temps dans ce lieu
    aux forêts aujourd’hui hérissées d’épines
    où l’on entendit la voix d’un poète crier :
    « Voyageur, il n’y a pas de chemin,
    le chemin se fait en marchant… »
    Coup pour coup, vers par vers…

    Le poète mourut loin de chez lui.
    Il est couvert de poussière venue d’un pays voisin.
    À son départ on le vit pleurer.
    « Voyageur, il n’y a pas de chemin,
    le chemin se fait en marchant… »
    Coup par coup, vers par vers…

    Quand le poète est un pèlerin,
    quand il ne sert à rien de prier.
    « Voyageur, il n’y a pas de chemin,
    le chemin se fait en marchant… »
    Coup par coup, vers par vers.

    Texte d’Antonio Machado, assemblé à partir de différents textes issus de « Proverbes et chansons » dans une suite différente de ce qui est généralement publié sour ce titre « Caminante no hay camino », pour rester fidèle à la fois à la publication d’origine et au poète. Extrait de Champs de Castille, nrf Poésie / Gallimard (édition qui ne publie q’une partie de ce texte hélas). Traduction Luc Fayard à partir de la version Gallimard (Sylvie Léger et Bernard Sesé).


  • quand tu m’aimeras

    quand tu m’aimeras
    j’ouvrirai la fenêtre
    sur un nouveau pays
    à la clarté profonde
    comme tes yeux
    la musique des arbres
    jouera tes partitions
    le vent frissonnera
    de ton murmure
    tes longues mains
    habilleront l’horizon
    mon cœur s’envolera
    en tourbillonnant
    et devant la croisée
    de lumière bleue
    éclairant ma vie
    je ne sais pas
    si je respirerai
    car je pourrai mourir
    quand tu m’aimeras

    Texte de Luc Fayard


Dernières publications d’art et de poésie

  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

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  • Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

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  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

  • Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

    L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
    …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.

    Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »

    Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025