Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 821 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.(« Le Cid »)
Corneille


  • Corinne Girardot : Le dompteur de lumière – Alain Spriet

    Quel meilleur support que infotekart pour évoquer la génèse d’un ouvrage qui donne à voir des oeuvres photographiques singulières, résultat de la capture d’un rai de lumière au travers d’un infiniment petit cristal incolore.

    Non, Alain Spriet n’est pas un savant huluberlu qui bricole des molécules dans un sombre laboratoire mais un scientifique émérite, grand voyageur et poète.
    Son univers professionnel est fait de formules, il parle substrat, excipient, dosage, et jongle avec les nomenclatures, les réglementations, et les normes. Mais, il a une passion, depuis son plus jeune âge, le minuscule, le petit, l’infiniment petit même…. 

    De la loupe, il est passé au microscope sous lequel se révèle un monde insoupçonné de couleurs et formes. Le grain de sable ordinaire se transforme alors en pierre précieuse !
    Non content d’ausculter ce qu’il trouve de plus petit, il se met à le « cultiver ». A partir des produits du quotidien, il concentre, assèche, évapore et fait naître des cristaux. Son jardin est constitué de dizaines puis centaines de lames de verres sur lesquelles des choses informes, à peine visibles, blanches, grisâtres, sans intérêt visible dorment tranquillement.

    Enfin, elles dorment jusqu’à ce que le photographe les place sous son objectif ! et là, se révèle un trésor de couleurs en fonction de l’orientation de la lumière et des conditions d’éclairage. Mais le tableau n’est pas toujours à la hauteur des ambitions de l’artiste !
    Alors le peintre de la lumière cristalline se donne les moyens de passer des heures à orienter le faisceau pour que chaque cristal soit sublimé par un jeu de filtres, une intensité lumineuse et une orientation qui donne, enfin, à voir un tableau, construit, où l’oeil du photographe trouve l’aboutissement de sa recherche. 

    Alain Spriet a conçu le dispositif qui lui permet de faire de la cristographie une réalité. La fusion de la cristallisation et de la photographie ne consiste pas à photographier un cristal mais bien à explorer les cristaux et les transformer en passeur de couleurs sur l’objectif du photographe.
    Durant des années, de l’aspirine au vinaigre en passant par l’albumine ou l’hydroxylamine, il cristallise puis part en exploration dans son univers de l’ultra petit. Il revient de ses voyages chargé de clichés dont il extrait des évocations de masques, de végétaux imaginaires, de ciels improbables, d’animaux fantastiques. Il construit une œuvre, son œuvre. 

    Il était une fois un faiseur de livres 

    Un autre photographe voyageur croise un jour le parcours d’Alain Spriet. Philippe Fouchard a su capter la réalité du regard humain, du bout du monde et du bout de la rue. 

    Mais ce photographe là sait faire des livres, des beaux livres, avec des morceaux de vie dedans, des artisans autour et des belles matières pour donner une consistance à tout ça.  L’éditeur et l’artiste nous embarquent dans l’aventure pour que l’oeuvre de l’un nourrisse la créativité de l’autre.
    Il n’y a plus d’aspirine ou de vinaigre, il n’y a plus de technologie, il n’y a plus que la lumière, la couleur, la proposition de l’artiste et un objet sensuel qui nous laissent pensifs ou inspirés selon nos humeurs.
    On peut les aider à concrétiser ce projet en participant à la campagne sur kickstarter. Alors, embarquez pour l’ultra monde de l’ultra petit ! 

    https://www.kickstarter.com/projects/alainspriet/cristographies-les-photos-de-lultra-monde-de-lultra-petit

     _____________ 

    Merci à Luc Fayard de permettre la publication sur son blog.

    Texte de Corinne Girardot


  • pécheurs perchés

    mais qui sont ces hérons
    pécheurs perchés

    pas comme le baron
    guetteurs las désabusés
    en bord de mer d’asie
    scrutateurs de vagues
    qui leur apportent en roulant
    peut-être quelque chose
    peut-être rien qui vaille

    combien de temps frêles
    vont-ils rester ainsi
    à guetter haut assis
    sur le bâton grêle
    ce qui vient 
    ou ne viendra pas
    ce qui mord
    ou ne mordra pas

    ainsi va la vie
    elle nous enroule
    dans son passé
    dans ses bras
    dans sa houle
    nous sommes tous 
    des pêcheurs perchés

    à A-L.B-S


  • Jules Laforgue : Notre petite compagne

    Si mon Air vous dit quelque chose,
    Vous auriez tort de vous gêner ;
    Je ne la fais pas à la pose ;
    Je suis La Femme, on me connaît.

    (suite…)

  • Arthur Rimbaud : Après le déluge

    Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise,
          Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée.
          Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, – les fleurs qui regardaient déjà.

    (suite…)

  • Émile Verhaeren : La Pluie

    Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
    Interminablement, à travers le jour gris,
    Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
    Infiniment, la pluie,
    La longue pluie,
    La pluie.

    (suite…)


Art et Poésie : dernières publications

  • Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

    Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

  • Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

    Parfois, la nuit, j’allume une lumière, pour ne pas voir.
    A veces, de noche, enciendo una luz, para no ver.
    129

    Si je pouvais laisser tout comme c’est, sans bouger ni une étoile ni un nuage. Ah, si je pouvais!
    Si pudiera dejar todo como está, sin mover ni una estrella, ni una nube. ¡Ah, si pudiera!
    149

    Je suis un habitant, mais d’où ?
    Soy un habitante, pero ¿de dónde?
    190

    La vie paraît être deux points, sans points intermédiaires.
    La vida parece ser dos puntos, sin puntos intermedios.
    399

    Pour s’élever il faut s’élever, mais il faut aussi qu’il y ait de la hauteur.
    Para elevarse es necesario ele-varse, pero es necesario también
    que haya altura.
    542

    Quand les étoiles s’abaissent, qu’il est triste de baisser les yeux pour
    les voir !
    Cuando las estrellas bajan, ¡qué triste es bajar los ojos para verlas!
    594

    Mes mains se sont tellement raccourcies, de tellement se tendre en vain, qu’elles n’arrivent même plus jusqu’aux étoiles.
    Mis manos se han acortado tanto, de tanto alargarse en vano, que ya no alcanzan ni hasta las estrellas.
    1098

    Il regarda tout vers le bas, il regarda tout vers le haut et se dit: « tout est amour perdu ».
    Miró hacia abajo todo, miró hacia arriba todo y se dijo: « todo es amor perdido que es manos yo
    nodria ser justo con lados y con
    1103

    Être, c’est s’obliger à être. Et s’obliger à être, c’est s’obliger à
    être. Ce n’est pas être.
    Ser es obligarse a ser. Y obligarse a ser es obligarse a ser. No es ser.
    1110

    Être en compagnie, ce n’est pas être avec quelqu’un, mais être en quelqu’un.
    Estar en compañía no es estar con alguien, sino estar en alguien.
    1122

    Connaître, au début c’est connaître et souffrir; à la fin, seulement
    souffrir.
    El conocer comienza siendo conocer y padecer, y termina siendo solamente padecer.
    1145

    Voces (1943) in Voix réunies, po&psy in extenso, Éditions Érès (2010). Numérotées de 1 à 1182
    Ces petites phrases , entre poésie et aphorismes, ont été écrites au jour le jour par Antonio Porchia, italien émigré en Argentine, ouvrier typographe. La première édition de 1943 est imprimée à compte d’auteur et les exemplaires donnés à la Société argentine des écrivains qui les distribue dans les bibliothèques du pays. Les gens commencent à les lire et les recopier. Roger Caillois les découvre en 1947 puis Jorge-Luis Borges et ils les font connaître au monde
    .


    Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

  • Luis de León  : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

    Luis de León : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

  • Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

    1
    En haut sur la cime
    Le jardin entier est lune,
    Lune d’or.
    Plus précieux le frôlement
    De ta bouche dans l’ombre.

    2
    La voix de l’oiseau
    Que la pénombre recouvre
    On ne l’entend plus.
    Tu marches dans ton jardin
    Quelque chose, oui, te manque.

    3
    La coupe d’un autre,
    L’épée qui fut une épée
    Dans une autre main,
    La lune de cette rue,
    Dis-moi, n’est-ce pas assez?

    4
    Il est sous la lune
    Le tigre fait d’or et d’ombre
    Il fixe ses griffes
    Il ne sait pas qu’au matin
    Elles ont tué un homme.

    5
    Triste cette pluie
    Qui sur le marbre s’égoutte,
    Triste d’être terre.
    Triste, n’être pas les jours
    De l’homme, le rêve, l’aube.

    6
    N’être pas tombé
    Comme d’autres de ma race,
    Au champ de bataille.
    Être dans la vaine nuit
    Seul à compter les syllabes.

    Les Conjurés,1986 in La Proximité de la Mer, nrf/Gallimard, 2010

    NDLR : le tanka ou chant court est un poème japonais traditionnel né avant le haïku (vers 600 ap. J.-C.) , basé sur le rythme 5-7-5-7-7 qui en japonais ne sont pas des syllabes mais des sons, plus précisément des « mores » qui sont des unités de temps. Un tanka en japonais est lu sur un rythme de 8 mesures par vers: 5 mores puis un silence de 3 temps, 7 mores puis 1 silence de 1 temps etc. La traduction française du texte espagnol (Argentine) de Jacques Ancet essaie de s’approcher le plus possible de cette rythmique, sans y parvenir totalement.

    Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

  • Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

    Un jour se perd
    Dans le ciel fait en hâte
    La lumière ne laisse pas de trace dans la neige
    Un jour se perd
    Ouvrir et fermer des portes
    La graine du soleil s’ouvre sans bruit
    Un jour commence
    La brume gravit la colline
    Un homme descend la rivière
    Ils se rencontrent dans tes yeux
    Tu te perds dans le jour
    Chantant dans le feuillage de la lumière
    Des cloches sonnent au loin
    Chaque appel est une vague
    Chaque vague ensevelit à jamais
    Un geste une parole la lumière contre le nuage
    Tu ris et te peignes distraite
    Un jour commence à tes pieds
    Chevelure main blancheur ne sont pas les noms
    De ces cheveux de cette main et de cette blancheur
    Ce qui est visible et palpable dehors
    Ce qui est intérieur et sans nom
    A tâtons se cherchent en nous
    Suivent la marche du langage
    Passent le pont que leur tend cette image
    Comme la lumière entre les doigts ils glissent
    Comme toi-même entre mes mains
    Comme ta main avec mes mains ils s’entrelacent
    Un jour commence en mes paroles
    Lumière qui mûrit jusqu’à devenir chair
    Ombre de ton corps lumière de ton ombre
    Maille de chaleur peau de ta lumière
    Un jour commence dans ta bouche.

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

  • Antonio Corradini : Dama velata (1722)

    Antonio Corradini : Dama velata (1722)

  • Roberto Juarroz

    Et comme nous savons déjà qu’il n’existe pas de paradis perdus, il ne nous reste dès lors qu’à être le paradis.

    Poésies verticales. 11-21. nrf/Poésie/Gallimard, 2021. Date de publication originale: 1988

    Roberto Juarroz

  • Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

    Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía
    hay un gesto que no empieza
    en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas
    por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá
    hay una forma callada de la voz
    en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío
    hay une línea que es la mesa y el vacío
    por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre
    hay un breve relámpago
    en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes
    nadie puede ser mucho tiempo,
    pero tampoco dios, que es otro borde,
    puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde
    il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort
    il y a des plantes foulées
    sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra
    il y a une forme silencieuse de la voix
    où tout est debout.

    Entre la table et le vide
    il y a une ligne qui est la table et le vide
    où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang
    il y a un éclair
    où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords
    nul ne peut survivre longtemps,
    et dieu lui-même, qui est un autre bord,
    ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025