Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Penser, c’est dire non.(Emile Chartier, dit..), 1858-1951, prof de khâgne à Henri IV (1903-1933)
Alain


  • poupée à roulettes

    Christina Bothwell – Talisman

    une poupée en céramique
    et à roulettes
    cela n’existe pas
    et pourtant me voilà
    fière et mystérieuse
    si fragile
    qu’on me suspend au mur

    les enfants ont juste le droit
    de me contempler
    et de me haïr
    puisque pas touche

    alors regardez-moi
    comme un totem
    je suis le signe
    de la précarité du monde
    j’ai le cœur serré
    les mains moites
    doigts collés par la peur

    un jour en claquant
    une fenêtre s’ouvrira
    le vent entrera
    en tourbillonnant
    et je tomberai par terre
    explosant
    en mille morceaux

    prenant pitié de moi
    une petite fille attendrie
    agenouillée sur le puzzle
    tentera de recoller mon âme
    mission impossible
    je finirai à la poubelle
    et le clou sur le mur rouillera

    pleurez braves gens
    la poupée à roulettes est morte
    et la légèreté du monde aussi

     

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Talisman, de Christina Bothwell (1990) – technique mixte : verre coulé, céramique et objets trouvés

    Voir aussi les œuvres d’art sélectionnées par l’association Amavero: art contemporain dans Galerie d’art contemporain et moderne dans Galerie d’art moderne


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  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

  • Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

    L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
    …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.

    Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »

    Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025