Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
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Citation Amavero du jour
Moins ils ont de talent, plus ils ont d’orgueil, de vanité, d’arrogance. Tous ces fous trouvent cependant d’autres fous qui les… Lire
Érasme


  • Juana-Inés de la Cruz : Detente, sombra de mi bien esquivo (1689) – Arrête-toi, ombre de mon bien insaisissable

    Detente, sombra de mi bien esquivo,
    imagen del hechizo que más quiero,
    bella ilusión por quien alegre muero,
    dulce ficción por quien penosa vivo.

    Si al imán de tus gracias atractivo
    sirve mi pecho de obediente acero,
    ¿para qué me enamoras lisonjero
    si has de burlarme luego fugitivo?

    Mas blasonar no puedes satisfecho
    de que triunfa de mí tu tiranía:
    que aunque dejas burlado el lazo
    estrecho

    que tu forma fantástica ceñía,
    poco importa burlar brazos y pecho
    si te labra prisión mi fantasía.

    Arrête-toi, ombre de mon bien insaisissable,
    image du charme que j’aime le plus ;
    belle illusion pour qui je meurs heureuse,
    douce fiction pour qui je vis douloureuse.

    Si, aimant attiré par tant de grâces,
    mon cœur se fait acier docile et fidèle,
    pourquoi me séduire, flatteur et cruel,
    si c’est pour fuir et me trahir sans trace ?

    Mais ne crois pas pouvoir te glorifier
    du triomphe orgueilleux de ta tyrannie :
    même si se rompt le lien resserré

    dont ton fantôme entourait ma folie,
    qu’importe d’échapper à mes bras blessés,
    si ma pensée te retient prisonnière.

    Miguel Cabrera – Sor Juana Inés de la Cruz (1750)

    Juana Inés de Asbaje y Ramírez de Santillana, ou sœur Juana Inés de la Cruz ou Jeanne-Agnès de la Croix, née le 2 décembre 1648 ou le 12 novembre 1651 à San Miguel Nepantla (Espagne), une localité rattachée par la suite à la municipalité mexicaine de Tepetlixpa et morte le 17 avril 1695 à Mexico (Vice-Royauté de Nouvelle-Espagne), est une religieuse catholique (hiéronymite), poétesse et dramaturge de la Nouvelle-Espagne, considérée comme mexicaine par de nombreux auteurs. Son œuvre poétique figure parmi les plus emblématiques de la langue espagnole (Wikipedia). Ce poème paraît dans le premier volume de ses œuvres complètes, intitulé : « Inundación Castálida » (L’Inondation Castalide), publié à Madrid en 1689.


  • Admirez les œuvres d’art de votre année de naissance

    Collection Amavero

    Votre année en peinture

    Entrez une année pour découvrir les œuvres de la collection qui lui correspondent.


  • Ton regard bleu mon vieux

    Ton regard bleu mon vieux,
    Tes bras comme deux bouts de bois craquent,
    Comme les feuilles qui tapissent ton univers,
    Où tu écoutes parler la forêt en fumant ta pipe.
    Et voilà l’hiver qui t’attrape dans le labyrinthe,
    De cette vie faite de collines et de rêves en relief.
    J’aurais aimé garder ces moments sur la terrasse,
    Où tu écoutais mes récitations peignant le néant ou la liberté.  

    Texte d’Agnès T, lectrice d’Amavero qui a tiré au sort une liste de 20 mots dans notre jeu poétique « 20 mots pour votre poème » et en a fait ce poème. Merci à Agnès de sa contribution !
    Liste des mots: regard, bleu, vieux, bras, deux, bout , bois, feuille, univers, écoute, parler, voilà, hiver, vie, rêve, aimer, , garder, moment, néant, liberté


  • La Galerie des Impressionnistes : immersion dans 460 chefs d’œuvres

    Bienvenue dans cette galerie monumentale : une immersion inédite au cœur de l’impressionnisme à travers 460 œuvres soigneusement sélectionnées par Amavero. Plus qu’une simple exposition, nous vous offrons ici un véritable outil d’exploration artistique, conçu pour s’adapter à votre curiosité.

    Les Galeries Interactives : Parcourez les œuvres au fil de leur publication. Chaque image est une porte d’entrée : un clic vous mène soit vers le poème et l’analyse dédiés à l’œuvre, soit vers un agrandissement plein écran pour en admirer la texture et la lumière.

    Les Index des Artistes : Vous recherchez un maître particulier ? Notre index alphabétique intelligent classe les œuvres par nom de famille. De Caillebotte à Van Gogh, accédez instantanément à l’intégralité des tableaux répertoriés pour chaque peintre.

    Navigation Fluide : Utilisez la pagination au bas de la galerie pour voyager à travers les collections sans perdre le fil de votre contemplation.

    Laissez-vous porter par la couleur et le mouvement : tout l’esprit impressionniste est désormais à votre portée.


  • Composez votre portrait en mosaïque impressionniste

    Amavero – Mosaïque d’œuvres d’art impressionnistes reconstituant « Femme cousant » de Pierre-Auguste Renoir (2026)

    Choisissez l’œuvre qui vous plait dans la Galerie de l’impressionnisme.
    Transformez-la grâce à Amavero en une mosaïque d’art d’oeuvres d’art uniquement impressionnistes (comme le fait le Portrait-mosaïque d’une photo transformée à partir de l’ensemble des galeries d’art).

    Voir l’exemple de Femme cousant de Pierre-Auguste Renoir transformé en mosaïque impressionniste et cliquez sur chacune des vignettes pour admirer plus de 400 chefs-d’œuvres impressionnistes français et étrangers.

    Mais vous pouvez aussi choisir de nous envoyer votre photo de portrait !

    Remplissez le formulaire ci-dessous et nous vous renverrons le lien vers la mosaïque créée à partir de votre choix.




    Art et Poésie : dernières publications

    • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

      Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

      C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

      (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

      Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

      Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    • Octavio Paz : Source

      Parle laisse tomber une parole
      Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
      Parle
      Une pirogue glisse vers la lumière
      Une parole légère avance à pleines voiles
      Le jour a la forme d’un fleuve
      Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
      Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
      Eau claire voyelles à boire
      Voyelles parures du front des chevilles
      Parle
      Touche la cime d’un silence heureux
      Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
      Un visage oublié passe
      Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
      L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
      Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
      Passent futur et passé
      L’heure déjà morte et l’heure à tuer
      Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
      Volées de comètes qui se perdent dans mon front
      Parle
      Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
      Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

      Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
      Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

      Octavio Paz : Source

    • Camillo Innocenti : Nuit (1913)

      Camillo Innocenti : Nuit (1913)

    • Thomas Hart Benton : Night Firing of Tobacco (1943)

      Thomas Hart Benton : Night Firing of Tobacco (1943)

    • Andrew Wyeth : Pennsylvania Landscape (1941) – tempera sur panneau

      Andrew Wyeth : Pennsylvania Landscape (1941) – tempera sur panneau

    • Pablo Neruda : Entrada à a la madera / Entrée dans le bois (1935)

      Con mi razón apenas, con mis dedos,
      con lentas aguas lentas inundadas,
      caigo al imperio de los nomeolvides,
      a una tenaz atmósfera de luto,
      a una olvidada sala decaída,
      a un racimo de tréboles amargos.

      Caigo en la sombra, en medio
      de destruidas cosas,
      y miro arañas, y apaciento bosques
      de secretas maderas inconclusas,
      y ando entre húmedas fibras arrancadas
      al vivo ser de substancia y silencio.

      Dulce materia, oh rosa de alas secas,
      en mi hundimiento tus pétalos subo
      con pies pesados de roja fatiga,
      y en tu catedral dura me arrodillo
      golpeándome los labios con un ángel.

      Es que soy yo ante tu color de mundo,
      ante tus pálidas espadas muertas,
      ante tus corazones reunidos,
      ante tu silenciosa multitud.

      Soy yo ante tu ola de olores muriendo,
      envueltos en otoño y resistencia:
      soy yo emprendiendo un viaje funerario
      entre tus cicatrices amarillas:
      soy yo con mis lamentos sin origen,
      sin alimentos, desvelado, solo,
      entrando oscurecidos corredores,
      llegando a tu materia misteriosa.

      Veo moverse tus corrientes secas,
      veo crecer manos interrumpidas,
      oigo tus vegetales oceánicos
      crujir de noche y furia sacudidos,
      y siento morir hojas hacia adentro,
      incorporando materiales verdes
      a tu inmovilidad desamparada.

      Poros, vetas, círculos de dulzura,
      peso, temperatura silenciosa,
      flechas pegadas a tu alma caída,
      seres dormidos en tu boca espesa,
      polvo de dulce pulpa consumida,
      ceniza llena de apagadas almas,
      venid a mi, a mi sueño sin medida,
      caed en mi alcoba en que la noche cae
      y cae sin cesar como agua rota,
      y a vuestra vida, a vuestra muerte asidme,
      a vuestros materiales sometidos,
      a vuestras muertas palomas neutrales,
      y hagamos fuego, y silencio, y sonido,
      y ardamos, y callemos, y campanas.

      Avec ma seule raison, avec mes doigts,
      avec de lentes eaux lentes inondées,
      je tombe au royaume des myosotis,
      à une tenace atmosphère de deuil,
      à une salle oubliée, déchue,
      à une grappe de trèfles amers.

      Je tombe dans l’ombre, au milieu
      de choses détruites,
      et je regarde des araignées, et je broute des forêts
      de bois secret, secret,
      et je marche parmi des fibres mouillées
      vécues par le cœur vivant de la sève et du silence.

      Matière douce, ô rose de branches sèches,
      dans mes larmes je m’enfonce dans ton sol
      avec des pieds lourds d’une rouge fatigue,
      et dans ta cathédrale dure je m’agenouille
      en me frappant les lèvres avec un ange.

      C’est que c’est moi devant ta couleur de monde,
      devant tes pâles épées mortes,
      devant tes cœurs réunis,
      devant ta silencieuse multitude.

      C’est moi entreprenant un voyage funéraire
      parmi tes cicatrices jaunes :
      c’est moi avec mes lamentos sans origine,
      sans aliments, éveillé, seul,
      entrant dans des couloirs obscurcis,
      arrivant à ta matière mystérieuse.

      Je vois se mouvoir tes courants secs,
      je vois grandir des mains interrompues,
      j’entends tes végétaux océaniques
      crisser de nuit et de fureur secoués,
      et je sens mourir des feuilles vers l’intérieur,
      incorporant des matières vertes
      à ton immobilité désemparée.

      Pores, veines, cercles de douceur,
      poids, température silencieuse,
      flèches collées à ton âme déchue,
      êtres endormis dans ta bouche épaisse,
      poussière de douce moelle consumée,
      cendre pleine d’âmes éteintes,
      venez à moi, à mon rêve démesuré,
      tombez dans mon alcôve où la nuit tombe
      et tombe sans cesse comme une eau brisée,
      et à votre vie, à votre mort agrippez-moi,
      à vos matériaux soumis, à vos inutiles colombes mortes,
      et faisons feu, et silence, et son,
      et flambons, et silence, et carillon.

      (1904-1973). Residencia en la Tierra. Ediciones del Árbo, 1935
      Traduction de Guy Suarès (sauf pour le mot « crujir » remplacé par Luc Fayard par le mot « crisser »)

      Pablo Neruda : Entrada à a la madera / Entrée dans le bois (1935)

    • Mary Oliver : When I Am Among the Trees – Quand je suis parmi les arbres (2006)

      Mary Oliver : When I Am Among the Trees – Quand je suis parmi les arbres (2006)

    • Philippe Jaccottet : L’Ignorant (1957)

      Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,
      plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne.
      Tout ce que j’ai, c’est un espace tour à tour
      enneigé ou brillant, mais jamais habité.
      Où est le donateur, le guide, le gardien?
      Je me tiens dans ma chambre et d’abord je me tais
      (le silence entre en serviteur mettre un peu d’ordre),
      et j’attends qu’un à un les mensonges s’écartent :
      que reste-t-il? que reste-t-il à ce mourant
      qui l’empêche si bien de mourir?
      Quelle force
      le fait encor parler entre ses quatre murs?
      Pourrais-je le savoir, moi l’ignare et l’inquiet?
      Mais je l’entends vraiment qui parle, et sa parole
      pénètre avec le jour, encore que bien vague :
      « Comme le feu, l’amour n’établit sa clarté
      que sur la faute et la beauté des bois en cendres… ».

      (1925-2021). L’Ignorant. Gallimard, 1957

      Philippe Jaccottet : L’Ignorant (1957)

    • Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

      Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

    • Man Ray : Chevelure (1937)

      Man Ray : Chevelure (1937)

    • Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

      Le soir, avant de dormir, le roi et la reine s’attachaient par le pied au même anneau d’argent, ils roulaient une seule ceinture de brocart autour de leurs deux tailles, passaient le même foulard de soie autour de leurs deux cous, afin que, si quelqu’un venait lui enlever son épouse pendant son sommeil, le roi aussitôt s’éveillât.
      La nuit de leur arrivée, alors que le prince fatigué dormait dans la maison qu’ils avaient louée, Ali Demmo sortit doucement pour ne pas l’éveiller. Il parcourut la ville, arriva devant le palais, se fit indiquer la pièce où le roi et la reine avaient coutume de passer la nuit.
      Il fit la même chose le jour suivant mais, ayant pris soin de se munir d’une échelle de soie, il monta jusqu’à la chambre haute qu’on lui avait indiquée et, par la croisée, regarda: il vit les deux pieds du roi et de la reine engagés dans le même anneau, leurs tailles passées dans la même ceinture, leurs cous enroulés dans le même foulard.
      La troisième nuit, Ali Demmo prit avec lui l’échelle de soie, un poignard et monta jusqu’à la chambre à coucher, où il s’introduisit doucement. Il défit l’agrafe de l’anneau d’argent, coupa la ceinture de brocart; il allait enlever aussi le foulard de soie quand… le roi s’éveilla. Ali Demmo lui plongea aussitôt son poignard dans la poitrine et acheva de détacher le foulard. La reine, effrayée, allait crier. Ali Demmo lui appliqua la main sur la bouche.
      – Ne criez pas, lui dit-il, et ne craignez rien. Je suis venu vous sauver. Dites-moi seulement comment nous pourrons sortir, vous et moi, de ce palais.
      Fiancée du Soleil regarda Ali Demmo. Il n’avait pas l’air de lui en vouloir, malgré son poignard, et de toute façon c’était une chance à courir, car la tyrannie du roi lui pesait de plus en plus.
      – Tiens, dit-elle, voici les habits du roi mets-les et sauvons-nous. Quand nous arriverons aux portes, c’est moi qui parlerai aux gardes. Reste dans l’ombre, ils te prendront pour mon mari.

      ….

      Contes berbères de Kabylie. Myhologie. PKJ, 1996
      NDLR: poésie en prose brutale, la reine est ravie qu’on ait tué son mari…

      Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

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    Une de La Gazette d'Amavero n°5 du 26 mai 2025