Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • frisson

    Carine Cheval – Les Commères

    c’est quand l’eau de la mer
    mouille le haut de ta cuisse
    que le frisson te prend
    les épaules se dressent
    les coudes se serrent
    le plaisir attend
    de surmonter ce moment
    tu écartes doucement
    l’eau de tes doigts
    comme pour la tester
    bientôt tu plongeras c’est sûr
    mais pas tout de suite

    Texte de Luc Fayard inspiré par Les Commères, de Carine Cheval


  • orange

    Carole Melmoux – Les Oranges

    ce n’est pas la pomme
    qui tenta l’homme
    mais l’orange
    elle a tout pour elle
    la forme si douce
    la couleur si vive
    et cet admirable goût
    amer et sucré
    posez-là sur la table
    tout s’éclipse
    plus rien n’existe
    le reste n’est que prétexte
    elle est le centre du monde
    on a l’orange à la bouche

    Texte de Luc Fayard inspiré par Les Oranges, par Carole Melmoux

    Voir la Galerie des duos poème-art, œuvre par œuvre

    Voir nos trois autres galeries : Art contemporain (œuvre seule), Art moderne (œuvre seule), Art ancien et art classique (œuvre seule)


  • même allure

    Tiphaine de Belenet – Vers Taouz

    l’homme et l’animal
    marchent d’une même allure
    plus rapide qu’on ne croit
    ombres mêlées
    sur la ligne de crête
    le désert reconnaitra les siens
    quand arrivera-t-on
    un quart d’heure une heure ou deux
    disent les berbères
    les yeux éclairés d’un sourire
    profond et bleu
    venu de la nuit des temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Vers Taouz, par Tiphaine de Belenet


  • taille directe

    Sculpture abstraite en pierre représentant un visage stylisé, avec des contours géométriques et un aspect légèrement texturé.
    Joséphine Chardiny Truchon – Taille de pierre (extrait)

    prendre la matière
    telle qu’elle est
    suivre son idée
    rêve de tout artiste
    musicien ou poète
    peintre ou sculpteur
    parler en ligne droite
    à l’âme au cœur
    une pensée éphémère
    façonne une vie durable
    espérant au fond d’elle
    que l’esprit sera visible
    derrière la forme

    Texte de Luc Fayard, inspiré par la sculpture Taille directe, de Joséphine Chardiny Truchon


  • promenade

    Anne Schuller – Reste avec nous

    je me promenais
    sous les couleurs
    éclatantes
    des frondaisons
    les arbres se voûtaient
    pour abriter mes pensées
    je marchais sur les tapis
    teints de l’orient
    doux comme le tamis
    des souvenirs anciens
    la journée s’étirait
    en petits carrés d’infini

    Texte de Luc Fayard inspiré par Reste avec nous, par Anne Schuller


Dernières publications d’art et de poésie

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

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  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

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  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025