Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

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Citation Amavero du jour
Quand il y a une innovation, les Américains en font un business ; les Chinois la copient ; et les Européens la réglement… Lire


  • Roman Signer : Sculpture temporelle (1983)

    Performance faisant partie de la série « Sculpture temporelle » réalisée entre 1975 et 1989 par Roman Signer


  • inutiles mains

    Sculpture représentant deux énormes mains émergeant de l'eau, situées près d'un bâtiment à Venise, symbolisant un appel à l'aide ou une lutte contre la montée des eaux.
    Lorenzo Quinn – Support (2017) – sculpture à Venise

    quatre milliards d’années
    à construire la vie
    quelques décennies
    pour la détruire
    il est trop tard
    les mains ont beau
    surgir de l’eau
    magnifiques
    pour crier au secours
    et tenter de soutenir
    les murs branlants
    de notre aveuglement
    il est trop tard
    rentrez sous l’eau
    membres de l’espoir inutile
    cachez-vous
    laissez crouler le monde
    devenu fou
    Venise aussi mourra
    campagnes et villes
    se noieront
    ne faisant plus dans l’eau
    que de petits ronds
    s’amenuisant
    et nos enfants pleureront

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)


  • Delphine Desane : The night was made for rest and sleep it was not made for grief and tears (2020)

    Delphine Desane – The night was made for rest and sleep it was not made for grief and tears (2020)

  • Giorgio de Chirico : Malinconia Torinese (1965)

    Giorgio di Chirico – Malinconia Torinese (1965)

  • la lune pleure (illustré par 32 œuvres d'art contemporain)



    la lune pleure

    je n’irai pas décrocher la lune
    je la laisse où elle est
    pour que perdurent mes rêves
    les soirs de grise mine
    quand je lève la tête
    et m’imagine
    un monde moins dur
    aux vallons embrumés

    bleutée au loin
    dans mes nuits d’insomnie
    elle m’envoie de son coin
    des mots d’amour attendris

    depuis des siècles
    ni astre ni matière
    la lune n’est que prières
    supplications espoirs
    larmes et joies
    sphère aspirant
    les émotions du monde
    qui montent vers elle

    surtout
    ne pas la prendre
    dans ses bras
    qu’elle reste là-haut
    au chaud
    à nous regarder
    la tête penchée

    quel plaisir alors
    de suivre sa courbe
    dans le ciel rose
    pour que la nuit durant
    respirant autre chose
    que le fardeau de l’âge
    mon âme légère
    s’élève jusqu’à elle
    comme une feuille d’or
    libérée de la gravité

    vous ne le saviez pas
    la lune parfois
    verse une larme
    mais ça ne se voit pas
    ces nuits-là elle se cache
    au fond des nuages

    aujourd’hui la lune est triste
    elle chante lasse
    pour que les cœurs tendres
    entendent son sélène soupir

    il dit
    pauvres humains
    je vous aimais bien
    mais vous avez cassé votre jouet
    plus rien ne sera comme avant
    aujourd’hui je ne peux retenir
    ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
    vous mourrez par l’eau et par le feu
    que vous n’avez pas su contenir

    la lune c’est affreux
    une nuit bientôt
    va nous dire adieu
    couchée pour de bon
    loin du regard des hommes
    implosant de mille cratères
    aplatie comme une serpillère

    alors sur la terre ronde
    la mer en furie
    pourra lâcher
    ses vagues titanesques
    et les vents tourbillonner
    en arabesques
    siphons libérant les tsunamis
    de la fin du monde

    regardez bien
    la lune pleure
    en son recoin
    sur le malheur

    Domenico Amato

    Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain

    Cette fois-ci je me suis contenté de chercher dans la base d’œuvres d’art contemporain Nicole’s Museum celles qui avaient une lune : aussi bête que cela ! Où l’on voit que la lune libère les imaginations !…

    Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite, autour du texte, puis en dessous) :
    Gani Kistauov, Whelan, Paul Lancaster, Federico Garcia-Lorca, Yuri Laptev, Phyllis Jackson, André Masson, Adrian Borda, Annie Stegg-Gerard, Hector Acevedo, Arseniy Lapin, Juan-F. Beja, Kashinath Chawan
    , Mils Bertho, Josep Guinovart, Domenico Amato, Richard Chalmers, Rithika Merchant, Dominika Morariu, Barbara Allaert, Alice Assouline, Peter Doig, Carson Ellis, Olivier de Rivaz, Joanne Delomba, Bronu Novelli, Yui Sakamoto, John-Henry Toney, Katsushika Hokusai, Michel Naze, Peter Harskamp, Linda Vachon

    Lire également le le poème en version texte seul.


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025