Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Tout à leur bonheur, en étaient-ils à ne plus toucher terre ? Étaient-ils en quelque sorte en état d’apesanteur – devenus pareil à ces… Lire


  • petits riens de bonheur

    Ivan Kramskoy – Portrait of a woman (1883)

    apparition
    cœur en surchauffe
    sa peau de louve
    ses yeux de brume
    long nez fier
    cheveux cachés
    envie de les lisser
    ah la belle oracle
    tête inclinée
    elle écoute
    réfléchit
    quand elle marche
    fragile
    son corps agile
    crée sa bulle
    le vent s’écarte
    sur la silhouette
    dansante
    statue vivante
    art en mouvement
    le temps perplexe
    contemple l’instant
    à peindre sur site
    quand tout se fige
    les lignes fuient
    l’ombre s’agrandit
    et puis voila
    elle est partie
    sur un soupir
    un sourire
    le monde s’enroue
    et dans la brèche
    créée par elle
    dans l’éternelle ronde
    il ne reste à peine
    qu’un souvenir de parfum
    la gracilité des mains
    l’image floue
    de sa moue
    rien que des petits riens
    de bonheur

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Inconnue, d’Ivan Kramskoy
    Voir une autre illustration , avec une image IA créée pour ce texte

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art, Volume 2 : Art moderne et contemporain' par Luc Fayard, comprenant des illustrations d'œuvres d'art.
    Couverture du livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain » – Textes de Luc Fayard – Éditions Amavero – 2024

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Vol. 2 :
    Art moderne et contemporain
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2024
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  • inanité (version poésique)

    mon âme est le vent
    mon corps la terre boueuse
    ma vie une plante
    entre ciel et terre

    nu l’arbre est un arbre
    feuillu aussi mais alors
    que se passe-t-il
    entre deux saisons

    la feuille tombe sur le sol
    et s’y installe
    qu’y recouvre-t-elle
    qui vit sous elle

    formes sons odeurs
    je vais tout oublier
    et rester arbre
    repliant mes branches

    et quand je serai vide
    nu de toute frondaison
    je ricanerai
    d’inanité


     

    Texte de Luc Fayard, mis en musique et interprété par Chantal Hannes (violon)


  • Un brin

    Aline Kurth – La Jeune fille du bain

    Un brin de soleil
    Dans les cheveux du matin
    C’est ton âme qui murmure
    Quand tu vogues dans les rêves
    De la grande vague du monde

    Texte d’Emmanuelle de Dardel, inspirée par la photo La Jeune fille du bain d’Aline Kurth


  • rouille

    Benoit de Senneville – Accroche-toi (2022)

    couleur de la vie
    d’âme dolente
    teinte graduelle
    voleuse d’heures
    poussière de larmes
    et d’espoirs rancis
    palette enrichie
    de strates sensibles
    lente alchimie
    de la destruction
    destinée inexorable 
    des abandons fatals
    comme si par avance
    la trace fardée du temps
    vouait tout à disparaître
    mais parfois 
    de cette carnation 
    rubigineuse
    de cette liane 
    ensorcelée
    surgit le rouge sang
    d’un cœur qui bat
    comme une fleur 
    plus belle qu’elle

    Texte de Luc Fayard inspiré du tableau Accroche-toi  de Benoît de Senneville – techniques mixtes, acrylique, collage, crayon


  • réceptacle

    Sylvie Verkos – Sous-bois à Berville

    il faut marcher
    sous ces arbres
    sentir les parfums voler
    voir les couleurs s’épauler
    vibrer de cette vie 
    multiple
    cette énergie pure
    faire le silence en soi
    ne plus être
    qu’un réceptacle calme
    des sons de la forêt
    ses bruissements légers
    comme du feutre à l’âme 

    Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Sous Bois à Berville de Sylvie Verkos .



Art et Poésie : dernières publications

  • Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

    Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

  • Man Ray : Chevelure (1937)

    Man Ray : Chevelure (1937)

  • Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

    Le soir, avant de dormir, le roi et la reine s’attachaient par le pied au même anneau d’argent, ils roulaient une seule ceinture de brocart autour de leurs deux tailles, passaient le même foulard de soie autour de leurs deux cous, afin que, si quelqu’un venait lui enlever son épouse pendant son sommeil, le roi aussitôt s’éveillât.
    La nuit de leur arrivée, alors que le prince fatigué dormait dans la maison qu’ils avaient louée, Ali Demmo sortit doucement pour ne pas l’éveiller. Il parcourut la ville, arriva devant le palais, se fit indiquer la pièce où le roi et la reine avaient coutume de passer la nuit.
    Il fit la même chose le jour suivant mais, ayant pris soin de se munir d’une échelle de soie, il monta jusqu’à la chambre haute qu’on lui avait indiquée et, par la croisée, regarda: il vit les deux pieds du roi et de la reine engagés dans le même anneau, leurs tailles passées dans la même ceinture, leurs cous enroulés dans le même foulard.
    La troisième nuit, Ali Demmo prit avec lui l’échelle de soie, un poignard et monta jusqu’à la chambre à coucher, où il s’introduisit doucement. Il défit l’agrafe de l’anneau d’argent, coupa la ceinture de brocart; il allait enlever aussi le foulard de soie quand… le roi s’éveilla. Ali Demmo lui plongea aussitôt son poignard dans la poitrine et acheva de détacher le foulard. La reine, effrayée, allait crier. Ali Demmo lui appliqua la main sur la bouche.
    – Ne criez pas, lui dit-il, et ne craignez rien. Je suis venu vous sauver. Dites-moi seulement comment nous pourrons sortir, vous et moi, de ce palais.
    Fiancée du Soleil regarda Ali Demmo. Il n’avait pas l’air de lui en vouloir, malgré son poignard, et de toute façon c’était une chance à courir, car la tyrannie du roi lui pesait de plus en plus.
    – Tiens, dit-elle, voici les habits du roi mets-les et sauvons-nous. Quand nous arriverons aux portes, c’est moi qui parlerai aux gardes. Reste dans l’ombre, ils te prendront pour mon mari.

    ….

    Contes berbères de Kabylie. Myhologie. PKJ, 1996
    NDLR: poésie en prose brutale, la reine est ravie qu’on ait tué son mari…

    Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

  • André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

    André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

  • Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

    Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

  • Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

    Les souvenirs sont des rubans de salves de clairière
    les banderoles du vent à Noël sur la terre

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Tu m’appelais par mon nom
    et plantais des œillets d’azyme aux boutonnières des naufragés
    Tu m’appelais par mes désirs
    par toute chaude caresse pulvérisée au sol
    par la pelisse de groseille de plomb des colloques de midi

    Tu m’appelais par ma fièvre
    par le violon de noix de mes pulsations
    par le grillon d’arcade de chaque torche de néant

    Tu m’appelais par ma voix
    par l’arrogant brassard de tulipe de harpe de ton fidèle amour
    du premier cri de mousseline de rameau d’amour
    qui crépite dans l’âtre
    Les souvenirs sont des échasses de moelle de silence
    Le soleil promène le monde dans sa cage de roseau
    Les enfants le guident

    *

    Maçon d’eau d’air d’ombre
    je l’ai reconnu à sa carrure
    aux tunnels de ses mains profondes
    transparentes par endroits
    comme des taches de jour sur l’onde

    Ses couteaux mûrissent dans mes sentiers
    Ils tournent dans l’air comme des étoiles
    et deviennent flèches de ma nuit quand je dors

    Maçon de neige de laine de leurre
    l’envers d’une chevelure brouillée de clairons
    je l’ai reconnu à sa cruauté
    à la moisson de scalp de ses orgies de pou
    Il riait de ma frayeur
    Tailleur de griffes de sphinx il régnait
    Je l’ai reconnu à la leçon des hauts mâts de vertige du porche
    que nous franchirons côte à côte
    quand tu m’auras secouru

    Tu reviendras le jour où les grenouilles les grives
    émanciperont l’air de l’herbe où tu t’étends
    Tu reviendras avec ta promesse de colombe
    heureuse d’avoir accepté la mort pour renaître
    Je l’ai reconnu montreur de croix de joue
    ton visage contre le mien

    La voix d’encre (1949) in Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988, nrf/Poésie/Gallimard , 1959, 1975, 1990, 1981, 1987, 2003
    Pour ceux qui veulent essayer de décrypter la poésie de Jabès, voici une analyse du texte par l’IA Gemini que je trouve intéressante.

    Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

  • Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

    Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

  • Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

    Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

  • Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

    Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!

    (1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie

    Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

  • Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

    Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

  • Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

    Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

  • Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

    Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025