Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero

  • enfer

    le corps est prégnant
    jamais l’âme ne pourra s’envoler
    l’homme est lourd de chair
    et quand il veut rêver
    il se voudrait léger dans l’air
    mais il a mal aux dents

    il se plaint œil vide dos voûté
    j’ai perdu dit-il la grâce de l’enfance
    oublié la puissance du silence
    l’homme ne s’écoute même plus
    il ne fait que bouger se gratter
    comme si sa pensée pouvait se lessiver
    d’un coup d’ongle négligent

    créature du paradoxe et du soupir
    filandre perdue dans l’infini successif
    il se tait les mots ne servent à rien

    nous voici blêmes et bleus
    sans bouée de sauvetage
    dans l’océan du non dit du non partage

    l’enfer c’est cela
    se contenter d’une telle vanité
    sans pouvoir rire ni pleurer
    sans même avoir peur

    Image créée par Starry AI pour illustrer le poème « enfer »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée sur ce texte par l’IA Starry AI


  • Michaux (Henri) : Lectures sur Zao Wou-Ki (Préambule)

    Les livres sont ennuyeux à lire. Pas de libre circulation. On est invité à suivre. Le chemin est tracé, unique.
    Tout différent le tableau: immédiat, entier. Puis on va à gauche, à droite, comme on veut, où l’on a envie, selon ses trajets, et les pauses ne sont pas indiquées.

    (suite…)

  • cercle

    j’aimerais découvrir un lieu
    où écouter le temps qui passe
    telle une musique à trois notes
    assis sur le pas de la porte
    dans la lumière douce et basse
    un rayon ocre savoureux
    protègerait le cœur les yeux
    du vent irréel gracieux

    quelques arbres se tiendraient loin
    et sous un ciel indéfini
    le bruit d’homme serait éteint
    alors à cet instant précis
    où le cercle se fermerait
    peut-être avec un peu de chance
    de la colline verte et dense
    entendrais-je l’âme pleurer

    image dall-e


    Texte de Luc Fayard illustré par une image Dall.e créée pour ce texte

    autres duos poème-œuvre


  • trinité

    tout est difficile aimer chanter
    seul rêver est facile
    s’abstraire du réel fuir
    oublier le passé

    tout est difficile parler sourire
    seul partir est permis
    encore en utopie
    se voir là-bas plutôt qu’ici

    tout est difficile vivre factice
    seul écrire est vrai
    bâtir sa réalité
    ses murs sa forteresse

    tout est difficile corps chargé
    seule l’âme est légère
    quand elle se libère
    d’une transparence évasée

    tout est difficile dire oui
    seul dire non peut être acquis
    dire je ne sais pas j’attends
    je ne saurai rien du néant

    tout est difficile dans tes yeux
    seuls qui me scrutent
    spectateurs incultes
    de mon souffle nerveux

    tout est difficile pleurer souffrir
    seul reste un gémissement
    trace ineffable soupir
    de ce qui jamais ne ment

    tout est difficile aujourd’hui
    seul demain peut attirer
    d’autres cœurs épris
    qui tant ont pleuré
    tout est difficile même dire
    tout est difficile
    même crier je t’aime
    au fond de la nuit blême

    tout est difficile sauf croire en toi
    l’eau claire et le torrent
    la lumière et le chant
    tout devient possible pour moi

    tout devient possible grâce à toi
    quand le chemin
    prend ses trois sens
    direction
    sentiment
    connaissance
    tu es la trinité de ma vie de roi

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « trinité » de Luc Fayard


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte


  • spleen du légionnaire

    le temps est aboli
    règne de l’espace inutile

    motif 325 bis ne pas se conformer au règlement

    il est interdit de ne pas interdire
    dans ce champ ici clos
    là-bas dans le monde libre
    le ciel n’est pas bleu blanc rouge
    peut-être y fait-il presque beau
    et la douceur mon dieu la douceur
    mot banni mot sacrilège
    on ne fait pas la guerre avec douceur
    il faut des aboiements sur la route
    le long de la colonne qui chemine
    dans le petit matin
    pour aller où
    douleur de l’oubli de la douceur

    motif 4.113 se coucher ailleurs qu’aux endroits prévus

    l’herbe chantante et vive de ton corps
    l’anse abritée du port de tes bras
    l’envol de ta chevelure d’aigle
    interdiction de stationner
    l’eau claire de tes yeux
    ta nudité en moi comme un clair de lune
    lac secret la fraîcheur de ton sourire
    interdiction de se baigner

    motif 6.19 tenue civile exagérément fantaisiste à l’intérieur d’une enceinte militaire ou à bord

    tout nu au milieu de la place d’armes
    saluer le colonel
    et pendant l’appel des couleurs
    faire pipi sur le gazon
    ou bien se coiffer d’un chapeau mexicain
    sur le dos un poncho multicolore
    fumer un long havane
    tandis que la foule en délire
    danse les clochettes au pied
    et dit mille fois Hare Krishna

    motif 2.31 briser ou détériorer volontairement du matériel ou des locaux militaires

    voler un crayon à papier à l’intendance
    et violemment le casser en deux
    en se moquant des représailles
    sur une feuille de papier blanche
    écrire de façon bien ordonnée
    merde merde merde

    motif 4.143 indiscrétion verbale ou par écrit

    les hommes fatigués partiront à nouveau se battre
    les villages nettoieront leurs monuments aux morts
    sur la place de l’église déserte
    personne pour graver les nouveaux noms
    tout le monde est mort
    l’indiscrétion c’est la vie
    il est tout à fait indiscret de vivre
    il faut seulement obéir
    mon amour l’indiscrétion c’est de dire mon amour
    voler au ras des nuages qui passent
    sur la grisaille verte de la caserne
    effacer des murs le bruit des chars
    tracer sur sa vie le portrait d’une femme
    elle a les yeux de niche dans la rosée
    une façon de ne rien dire qui me plait
    quant elle vient au creux de ma douleur
    je meurs dans ses bras dans sa douceur
    elle a la grandeur terrible du vent
    je me noie dans son océan
    elle a les gestes pharaoniques et fous
    des envies de tout
    des colères d’épis en étincelle
    je m’enivre de ses passions je suis fou d’elle

    motif 2.01 manquement grave aux devoirs et responsabilités du militaire au combat

    s’étendre face au ciel
    et lire des poèmes de Federico Garcia Lorca
    tracer dans l’herbe pour les avions qui passent
    des lettres de feu gigantesques
    qui épèleraient folles incongrues le mot 
    amour


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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025