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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • pluie rouge

    Betty Rosant – Limite (2018)

    la pluie rouge tomba sur la ville 
    honteuse la mer partit se cacher
    emportant avec elle les poissons affolés
    les maisons blanches tremblaient de peur
    puis un cri vibrant jaillit de la côte
    déclamant aux gens perdus
    creusez loin
    cherchez au-delà de l’illusion
    née du cauchemar des hommes
    vivez le présent
    et ses cadeaux
    le sourire revint sur les quais
    et le monde finit par s’habituer
    à ces couleurs nouvelles
    qui rendaient leur vie plus joyeuse

    Texte de Luc Fayard , inspiré par Limite, de Betty Rosant


  • atomes d’astres

    Claire Daguin – Astre (2024) – (installation à l’Église Saint-Eustache de Paris

    regarder vers le ciel
    par nuit de beau temps
    et dans la lumière 
    scintillante des astres
    ne voir que la vérité
    figurant objets
    personnages
    allégories
    rien d’autre
    pas de religion
    ni de morale
    du bien et du mal
    juste un passé lointain
    brillant encore
    qui te dit non
    tu ne viens pas
    de nulle part
    dans ton corps vivent
    des atomes d’astres
    des bouts d’étoiles mortes
    ne les laisse pas mourir
    une deuxième fois
    comme nous là-haut
    bêtement vieillies 
    par le temps
    ainsi quand tu partiras
    un souffle d’éternité
    pourra s’échapper de toi
    et montera vers nous
    pour nous rajeunir

    Texte de Luc Fayard, inspiré de Astre, de Clara Daguin (installation Église Saint-Eustache de Paris, janvier 2024)


  • les mots

    galets plats bondissant
    sur l’eau trouble
    d’un lac de pensées

    toile d’araignée
    de sentiments croisés
    entre indicible et non-dit

    permanent jeu pervers
    du son et du sens
    esquisses imparables
    de beauté révélée

    notes seules fusant
    vers la cible lointaine
    ou gaiement accolées
    en résonance

    signes obsolètes
    à peine dessinés
    dans le labyrinthe touffu
    de l’âme à la raison

    étendards bariolés
    portant les écussons
    de la liberté conquise

    rochers de marbre
    en taille directe
    ou bijoux ciselés
    au poinçon d’artisan

    vagues séquentielles
    sur la mer houleuse
    des désirs enchaînés

    méandres menant au but
    par des détours obligés
    ou lignes imparables
    de traits volontaires

    truelles de l’éternel
    puzzle de vérité
    nuages pépites d’un ciel
    aux reflets de lumière

    trésors accordés
    à qui veut ouvrir
    leurs serrures naturelles

    posez-les sur un cercle
    libres et solidaires
    les mots vous habiteront
    à jamais

    Image Dall.e pour illustrer le poème « les mots »

    Voir la mise en scène avec une illustration d’Odilon Redon dans Duos poème-œuvre


  • grand chapiteau

    entrez mesdames et messieurs
    sous le grand chapiteau
    du cirque de la vie
    venez par ici
    vous qui avez vécu
    la vie de haut en bas
    ces choses-là
    que vous allez voir
    vous savez qu’elles existent
    indicibles et secrètes
    vous les avez connus
    ces petits riens 
    ces grands moments

    mais vous les avez perdus
    avec le temps

    alors entrez dans le village 
    des sentiments vrais
    vous n’oublierez pas 
    cette odyssée 

    ce retour 
    aux sources de l’homme pur
    on vous le jure
    un parcours impossible 
    mais pourtant réel
    les preuves les voici

    que battent les tambours
    que se lève le rideau rouge
    du grand chapiteau
    ici vous verrez vous toucherez
    vous sentirez vous entendrez

    l’amour qui se renforce 
    au fil des ans
    comme un rocher poli
    par la marée
    le sourire donné à l’autre
    sans demande en retour
    et qui éclairera sa vie
    la différence acceptée
    au milieu de tous
    comme si de rien n’était
    l’écoute attentive 
    à la parole sincère
    les gestes doux des mains
    plumes légères
    qui se frôlent délicatement
    les sourires en miroir
    se répondant en silence

    enfin et surtout vous verrez 
    le soir discret tomber
    comme un voile de mariée
    sur les maisons réchauffées
    la nuit qui s’égrène lentement
    sur un tempo différent
    et le matin qui dit bonjour
    en baillant

    cette route de la vraie vie 
    rien que pour vous 
    la voilà la voici 
    sous le grand chapiteau
    du cirque de la vie

    et qui sait 
    si vous avez gardé en vous
    une bribe d’âme sans âge
    peut-être pourrez-vous
    reprendre ce voyage 
    et qu’il dure toujours

    Image Dall.e pour illustrer le poème « grand chapiteau »

    illustré par un montage de trois images IA créées à la demande


  • temps de pluie (version poésique

    Cover temps de pluie en poésique

    le temps gris a revêtu son manteau de pluie
    un souffle glacial transperce les arbres nus
    hanté par tous ces squelettes froids et blanchis
    le paysage se mue en tombe ténue

    sur les vitres tachées de mille perles sales
    les sons ricochent dans un ballet sépulcral
    fronçant les épaules les passants se rencognent
    comme s’ils pressentaient un mauvais coup du sort

    même les animaux refusent la sortie
    croupissant terrés chez leurs maîtres indécis
    ce n’est ni le temps des cris des pleurs ni des larmes
    ni celui des grands malheurs de la fin des âmes

    c’est juste le temps de la tristesse sans âge
    où l’on espère encore un monde réchauffé
    par un timide soleil dont le premier trait
    percerait sa route dans la mer des nuages

    ah si quelqu’un soudain se mettait à chanter
    un chant nouveau pur comme si de rien n’était
    charmé le monde entier l’entonnerait en chœur
    et la pluie étonnée arrêterait ses pleurs


    Poursuivant son objectif visant à favoriser les créations artistiques conjointes d’artistes, musiciens et poètes, la Galerie Amavero lance sa nouvelle collection « Poésique » (poésie et musique)
    Première œuvre :
    temps de pluie, une récitation musicale créée à partir d’un poème écrit et récité par Luc Fayard et d’une musique créée pour ce texte et interprétée par la violoniste Chantal Hannes.
    Nous sommes très fiers de cette première création et espérons qu’elle saura vous émouvoir et sera suivie de nombreuses autres, y compris à partir de vos propositions !

    Nous publions sous licence open source toutes les partitons de poésique.


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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025