Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
J’aime la règle qui corrige l’émotion.
…, Pensées et réflexions sur la peinture, Nord-Sud 2017. Vu à l’expo Grand Palais octobre 2013
il souffla si fort ses bougies que le temps s’accéléra l’espace se déforma les couleurs se séparèrent en demi-cercle dans un crépitement joyeux de rires et d’exclamations on pouffa de tant de flou il se dit serein que c’était bon signe pour vivre le reste de sa vie moins normée
Texte de Luc Fayard, inspiré d’une photo ratée d’Anne-Laure Baron Siou qui aurait bien voulu que je titre sa photo « essai abstrait »
nulle ligne assurée entre terre et eau entre bas et haut dans le palud pourtant à chacun sa substance sa texture sa couleur qui se relaient dans le passage invisible du fluide au solide dans la prégnance humide d’un paysage à part ici vibrent les sens en large palette du musqué au salé du sec au mouillé du silence au bruissement du gris noir au gris blanc le nez devant le pied l’odeur nous guide on la hume perdu dans la nasse d »un monde sans barrières seule la pluie pourrait réunir les matières dans la même brume soyeuse et mystérieuse ainsi va la vie brouillard tenace sans frontière entre jour et nuit
Texte de Luc Fayard, inspiré de Palud, de Marie Deloume – peinture sur zinc
je crée mes souvenirs comme un artiste repeint sa toile l’avenir est un élixir mêlant présent et passé
je ne suis que chimie de pensées programmées les mots mentent ils existaient avant moi
mon cœur s’emballe sans raison vers tous les cardinaux j’ai perdu le goût de tout je souris sans passion ne contemplant rien d’autre que l’intérieur de moi
et pourtant je respire j’existe mais pour quoi quel peut être le destin d’un grain de sable volant au moindre frisson du large marin les poussières ne peuvent se donner la main
croyant vivre la même aventure les hommes s’agglutinent flottants dans les mêmes courants tièdes
la réalité n’a pas de géométrie universelle la vérité est un leurre de l’histoire l’amour un rêve fatal à l’indépendance aveugle j’avance en automate monté sur quel ressort
ni justice ni compassion ni revanche ni haine peut-être simplement le désir de beauté drapeau blanc surnageant du naufrage pic vert coiffant la soucoupe des nuages seul chemin vers une transcendance qui se passe de l’histoire et des signes sans besoin de raison folle un chemin sans étoiles qui est tout sauf une ligne droite
Caspar David Friedrich – Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818)
Diplôme d’Honneur – prix Europoésie – Unicef 2023; parue dans L’Anthologie Europoésie 2023
Texte de Luc Fayard, illustré par Le Voyageur contemplant une mer de nuages, de Caspar David Friedrich
Georges Saluterre – Sculpture n° 5475- terre cuite
grelottant dans le dortoir elles s’étaient endormies après frôlements et cachotteries serrées sous les couvertures emmitouflées elles s’étaient raconté pouffant et frissonnant des histoires gaies de vampires et d’ogres puis s’étaient tues rêvant à leur maman c’est dans ce cocon recroquevillées que le manteau du sommeil les avait recouvertes jusqu’à l’aube et sa lumière s’il avait gelé dans la nuit nue elles seraient statues
Texte de Luc Fayard, inspiré de Sculpture n°545, de Georges Saulterre (1943-2024) – terre cuite
Couverture du livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain » – Textes de Luc Fayard – Éditions Amavero – 2024
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Vol. 2 : Art moderne et contemporain Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2024 COMMANDER LE LIVRE
Henri Matisse : Le Violoniste (1917), Le Luxe (1907), Portrait de Greta Prozor (1916)(de gauche à droite)
Je serais ce violoniste Qui joue à la fenêtre Derrière les volets bleus Ma musique monterait jusqu’aux nuages Et la tristesse glisserait Sur mon costume jusqu’à terre Où elle dessinerait une tache de deuil.
Trois fois murmuré Trois fois dessiné Trois fois perdu Il est là dans mes rêves verts Il est là dans les rues violettes Il est là dans la vie noire.
La beauté sortirait à peine de l’eau Je viendrais la sécher Avec des éponges bleues. Je jetterais à ses pieds des bouquets Trop vite coupés. Et je pleurerais de son parfum évanoui. Elle ne bougerait pas, Ni statue, ni femme, La beauté lointaine sortie de l’eau.
Trois fois murmuré Trois fois dessiné Trois fois perdu Il est là dans mes rêves verts Il est là dans les rues violettes Il est là dans la vie noire.
La souffrance tombait de ses épaules arrondies Sa robe de lin décelait les sanglots accumulés Elle se taisait et retenait ses mains sur ses cuisses fermées. Greta sortie de l’enfance bourgeoise S’enferme dans le deuil du désir.
Trois fois murmuré Trois fois dessiné Trois fois perdu Il est là dans mes rêves verts Il est là dans les rues violettes Il est là dans la vie noire.
Texte de Corinne Valleggia, inspiré de trois tableaux d’Henri Matisse : Le Violoniste – Le Luxe – Portrait de Greta Prozor.
Tu cours dans un espace fini Blanc fulgurant dans un océan de noirceur le feu a tout détruit mais toi tu portes l’espoir Franchiras-tu les limites de ce monde sinistre ? Détache-toi Envole-toi Brise le carcan Terrasse l’ombre et jette le fantôme qui veut t’enfermer
Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;
Il est là monstrueux démesuré debout par miracle Dans un maelström de particules Raide et impassible dans ce magma coloré Poursuivi par ce spectre grimaçant qui se cache à lui et veux l’engloutir Inconscient, il marche et va vers son destin Dans un tourbillon d’électrons dorés dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse. J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour. J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées La blancheur lactique de tes bras Tes bras qui faisaient Comme des branches Me rendaient extatique, enfant soudain, Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant Quand nous dansions Et que tu m’entrainais De tes bras pratiques, Des branches lactiques, extatiques Cette mémoire me fait défaut désormais Seul cet océan nouveau me fait peur Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur Cent et onze années ont passé Et ce voile goudronné sur mes souvenirs Est la preuve même de ton existence Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois
Un seul nuage
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