Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
La musique fait le continu entre l’homme et la nature entière. Lie-Tzeu dit aussi Lie Tseu, Liezi (attribué à). Ve siècle av. J.-C
il pleure souvent dans mon coeur quels yeux quel visage quel front et dans les couleurs quelle audace la lumière blafarde mortuaire et pourtant quel attrait quelle gueule on aimerait bien le rencontrer dans un bar
Texte de Luc Fayard inspiré par Paul Verlaine, d’Eugène Carrrière
elle compte plus de rides sur sa peau cuivrée
que d’années dans son corps voûté
toujours elle baisse les yeux et fronce le nez
sans sourire et sans le faire exprès
le soleil distribue la lumière et l’ombre
sur un visage auréolé
ses fins cheveux gris et ambre
amplifient la force de sa stature
pour elle le temps qui passe et qu’il fait
n’a pas notre valeur hypertrophiée
elle l’a définitivement apprivoisé
derrière ses yeux plissés
aucun mystère n’embaume ta vie close tout est annoncé sans bruit sans effet forcé tu avances sur la route morose où ne subsiste même pas l’ombre opaque de tes pas
dans un dernier souffle qui passe baudruche automate tu marches sur la voie imposée sans arches qui te conduit vers une impasse
comment croire à la valeur de ton âme quand tout clame que tu es de passage tu crois sentir une émotion de partage tu n’es que chimie programmée illusion incontrôlée tu crois renaître d’un passé glorieux tu n’es qu’un fragment du souffle des cieux
sachant la fin écrite dès le commencement quand viendra le moment immanquable où poussière nue mot sans vocable tu accompliras ce dernier saut insignifiant extinction sans éclat éternel d’une infime étincelle ce non-événement
des milliards de fois répété ne sera plus un mystère
pour ton âme hébétée ni pour tes avatars
Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « trop tard »
Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par Dall.e sur ce texte
je suis un nuage nu je nage dans l’azur pur qui susurre sans fin j’erre en troposphère
haut sur terre je délibère des miasmes du temps je souris gentiment caressé par le vent tant aimé expirant sobrement dans mes fils emmêlés lissant mes beaux cheveux filandreux gris cire et bleus
parfois je me fâche et lâche trois gouttes dures sur la terre en murmures de ma peau de pèche j’empêche le soleil de couver mon ventre fécond je me love en veille chatte en rond
dans mes bras d’ouate propriétaires j’abrite de multiples hôtes un aéropage d’oiseaux migrateurs en pause transocéanique fatigués et pinailleurs un éclair débutant qui ne sait pas tonner des bruits prisonniers dont je garde la clé un arc en ciel à libérer selon mon désir et tous les souvenirs en sépia des pays survolés rien n’est plus peuplé qu’un nuage tentaculaire rien n’est plus fugace
je vois tout de haut le laid et le beau je me détends je suis gai mouvant je ris des hommes empêtrés dans leur courte vie enflée si vous saviez
ici tout est lent et long pas de route pas de doute tout est frais et surtout teinté d’opacité
je vois tout de ma hutte en fait chut on ne vous l’a jamais dit vous auriez trop d’émoi osez lever la tête et regardez moi je suis le paradis
Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « nuage au paradis »
Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.
Tu cours dans un espace fini Blanc fulgurant dans un océan de noirceur le feu a tout détruit mais toi tu portes l’espoir Franchiras-tu les limites de ce monde sinistre ? Détache-toi Envole-toi Brise le carcan Terrasse l’ombre et jette le fantôme qui veut t’enfermer
Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;
Il est là monstrueux démesuré debout par miracle Dans un maelström de particules Raide et impassible dans ce magma coloré Poursuivi par ce spectre grimaçant qui se cache à lui et veux l’engloutir Inconscient, il marche et va vers son destin Dans un tourbillon d’électrons dorés dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse. J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour. J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées La blancheur lactique de tes bras Tes bras qui faisaient Comme des branches Me rendaient extatique, enfant soudain, Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant Quand nous dansions Et que tu m’entrainais De tes bras pratiques, Des branches lactiques, extatiques Cette mémoire me fait défaut désormais Seul cet océan nouveau me fait peur Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur Cent et onze années ont passé Et ce voile goudronné sur mes souvenirs Est la preuve même de ton existence Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois
Un seul nuage
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