Il se sera perdu le navire archaïque
Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,
Et ses immenses mâts se seront confondus
Dans les brouillards d’un ciel de Bible et de Cantiques.
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Il se sera perdu le navire archaïque
Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,
Et ses immenses mâts se seront confondus
Dans les brouillards d’un ciel de Bible et de Cantiques.
📂 Sélection des archives Infotekart
Il fut un temps où je voulais être araignée
A chacun son temps. Celui de l’araignée qui tisse sa toile heure après heure ne doit pas être tout à fait le même que le nôtre. Laisser le temps au temps.Prendre son temps, c’est encore mieux. « Si tu veux faire ta place au soleil, fais du soleil » disait Giono. On pourrait le paraphraser: « Si tu veux gagner du temps, prends ton temps, crée-le! » Désormais, mon temps sera à moi. Je serai l’araignée de ma vie. Faites gaffe, mouches et moustiques, passez votre chemin au large! Je tisserai patiemment les liens de ma renaissance, heure après heure, jour après jour, choisissant chaque fil, chaque mouvement, chaque lieu.
première publication dans Infotekart : 22 juillet 2007
rejouant ma vie en spectateur indolent
survolant la mêlée sur un nuage blanc
je rejoindrai la ligne noire d’horizon
et de mon ballon exposé aux vents contraires
de la destinée et du hasard je verrai
tous les gens que j’aime se déchirer sur terre
du haut d’un ciel sombre
pressé par le temps raccourci
j’enverrai ma déclaration
en quelques éclats de mots
comme une pluie d’étoiles
une tombée de pétales
nous sommes des morceaux d’âme
galets mal taillés
roulés par le torrent
des rencontres serpentines
molécules entrechoquées de sentiments
poussières de sable en syphon
sans raison ni colonne vertébrale
souffrant de l’insignifiance
de notre incomplétude
où le corps n’est rien
et les mots peu de choses
il nous reste une certitude
c’est la veine de l’amour
qui donne à nos ombres
la chaleur qui nous répare
et nous fortifie
comme le sillon d’or
d’une faïence kintsugi
puis le tonnerre grondera
et dans la blanche éternité
le vent fugace dissoudra
la nue des sons déchiquetés
Dans ses plus insouciants croquis, comme dans ses oeuvres achevées, la personnalité de M. Degas sourd ; ce dessin bref et nerveux, saisissant comme celui des Japonais, le vol d’un mouvement, la prise d’une attitude, n’appartient qu’à lui ;
(suite…)





pureté des lignes romanes
soulignées par la voûte gothique
obscurité de l’église
sublimée par la pierre granitée
lieu de recueillement
et de simplicité
où chercher ses racines
et le sens de la vie
et tout à coup
dans la quête profonde de l’intime
une explosion de couleurs
vraies primaires joyeuses
projetées avec force
par la lumière naturelle
à travers ces vitraux sidérants
d’un seul tenant
aux formes simples elles aussi
rappelant les lignes du pays
et de l’île lacustre alentour
richesse des sens et des émotions
provoqués par ces couleurs
et ces formes directes
percutant l’âme sans filtre
et pourtant créées parfois
par d’habiles superpositions
voulues par l’artiste
et assemblées par le maître verrier
l’art d’aujourd’hui
dans la maison d’hier
quelle vitalité
quelle modernité
rendues possibles
par l’alliance historique
de spiritualités authentiques
ainsi dix siècles après
renouant avec l’art
l’église romane
redevient ce qu’elle était
un pilier du monde
Texte de Luc Fayard inspiré par les vitraux de Geneviève Fourgnaud, à l’église de Viam . Réalisation : Didier Bourdeau, Ateliers Jaune d’Argent, technique du « fusing » (*)
(*) fusing : fusion à haute température des pièces de verre, ce qui permet d’avoir des vitraux d’un seul tenant, sans lignes de plomb; des ajouts d’émaux et de poudres molles ou dures permettent les transformations des teintes vers le résultat souhaité.
J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

L’amère flamme ruisselant
l’oxyde fragile boisé
flot argenté du jour
dormant dans la vaste nuit
Fleure fœtus hermaphrodite
Des aromates sauvages
sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève


