Écrire
à l’orée des impatiences muettes
aux confins des aveux
et des résonances océanes
au hasard de l’ultime serment
et des échos rompus.
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Écrire
à l’orée des impatiences muettes
aux confins des aveux
et des résonances océanes
au hasard de l’ultime serment
et des échos rompus.
Il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il les cherche en lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous : le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant ! Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé !
Arthur Rimbaud,. Extrait de la Lettre du voyant
Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse Nuit. Le monde est loin – sombré en un profond tombeau – déserte et solitaire est sa place. Dans les fibres de mon coeur souffle une profonde nostalgie. Je veux tomber en gouttes de rosée et me mêler à la cendre. – Lointains du souvenir, souhaits de la jeunesse, rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris, comme des brouillards du soir après le coucher du soleil. La Lumière a planté ailleurs les pavillons de la joie. Ne doit-elle jamais revenir vers ses enfants qui l’attendent avec la foi de l’innocence ?
Novalis, Hymnes à la nuit
We shall have everything we want and there’ll be no more dying
on the pretty plains or in the supper clubs
for our symbol we’ll acknowledge vulgar materialistic laughter
over an insatiable sexual appetite
Nous aurons tout ce que nous voulons et il n’y aura plus de mort
sur les jolies plaines ou dans les clubs de souper
pour notre symbole nous reconnaîtrons le rire vulgaire et matérialiste
sur un appétit sexuel insatiable
Il s’en faut d’un effondrement, d’une dérive souveraine
la surface du jeu, l’alternance et l’altération
c’est la peau du dehors qui se retourne et nous absorbe
analphabètes pour les feuilles, détachés de tout arriéré scintillant
qu’on expulse de soi avec la tourbe, les viscères
et les choses attisées, la nuit, et les hardes de couleurs
la loupe asphyxie son maître, la fenêtre donne sur le talion









