Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
– Quelle est la différence entre la science et la technologie ?– La science est ce que le père apprend à son fils. La technologie est ce… Lire


  • malgré tout

    automne est là malgré tout
    malgré la folie des hommes
    la fin des embrassades
    et des câlins furtifs
    malgré le regard méfiant planétaire
    l’automne est venu sans se presser
    les feuilles du chêne roux me narguent
    le liquidambar a fini par rougir
    l’acacia a pris sa forme squelettique
    ce n’est pas encore de l’espoir
    c’est une lueur dans la lourde brume
    des esprits martelés par l’angoisse
    le temps me dit qu’il est plus fort que moi
    bah je le savais déjà
    mais je l’avais peut-être oublié
    déboussolé et perdu
    dans la contagion prégnante des corps
    et des cœurs
    dans l’éternité apparente de la maladie
    j’ai peur de mourir dans d’atroces souffrances
    et de laisser en plan tous ceux que j’aime
    alors je regarde le chêne mur
    et je souris presque
    malgré la pesanteur des jours morts
    malgré l’incohérence de la parole inutile
    et doucement en respirant je me dis
    que je reverdirai comme lui

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « malgré tout »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image de Dall.e créée pour ce texte


  • mille sources

    Illustration abstracte représentant un paysage lumineux aux teintes bleues et noires, incorporant des éléments végétaux et textuels, évoquant un poème sur la nature.

    c’était un juillet bleu
    comme on en connaît peu
    au plateau des milles sources
    pays trompeur en apparence charmeur
    mais qui cache des tourbières fourbes
    dans ses bouquets d’herbes et de fougères
    malheur au marcheur méditatif qui s’y perd
    il rencontrera plus d’un large et sombre fossé
    impénétrable entre lui et son but de promenade
    pays de rêve pourtant où tout est bucolique
    le filet décidé d’un serpentin de ruisseau
    le zigzag ivre des petits papillons blancs
    la lumière tachée des hêtres frissonnants
    les vagues frondeuses du vent circulaire
    bruissant dans les frondaisons animées
    le violet brutal des bruyères d’été
    ses forêts de sapins en flèches
    on se croirait à la montagne
    alors qu’on n’y est pas
    même un beau village
    se dénomme ainsi
    faux-la-montagne
    et pourtant ici
    tout est vrai


    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par Dall.e pour ce texte


  • tambour

    mon cœur n’est qu’un tambour à battre la chamade
    les chemins d’ornières s’y nichent à l’affût
    j’ai perdu l’envie des franches cavalcades
    mon âme est traversée d’un brouhaha diffus

    le rêve est panache fumée grise qui part
    l’amour des mains vaincues dans leur quête du vent
    le bonheur ue île au milieu de nulle part
    le rire un souvenir gelé impertinent

    libérée la montagnes est une pirouette
    les aigles justiciers dessinent un grand V
    sous le soleil vitré miroir aux alouettes
    je ne veux plus marcher sans savoir où je vais

    comment abandonner l’humeur partie en vrille
    l’inconscient devenu mise en abyme et feu
    je veux du beau du vrai je veux des yeux qui brillent
    ne plus être un vain chiot qui court après sa queue

    peut-être un jour qui sait finiront les méandres
    du labyrinthe impasse et des esprits épais
    du désordre naîtra un nouveau monde tendre
    où l’on pourra enfin se reposer en paix

    nous nous endormirons à l’heure où tout est calme
    bercés par le souffle tièdi d’un soir feutré
    à nos pieds les chats gras joueront des amalgames
    de laines arrachées d’araignées apeurées

    les autres animaux se cacheront dans l’ombre
    des chants de halage surgiront des remparts
    l’océan apaisé hissera sa pénombre
    et les bateaux joyeux leurs voiles du départ

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « tambour »

  • conte de l'amour et de la mort

    Un jour, elle apparut sur la terrasse d’en face, s’installa dans le fauteuil, prit son livre et ne le quitta plus des yeux jusqu’au soir.
    Plongé dans ses propres tourments, il n’avait pas détecté sa présence jusqu’alors.
    Au bout de quelques jours, il avait repéré la routine : elle se montrait dans l’après-midi, glissant comme un fantôme dans la chaleur épaisse, trouvait le même coin d’ombre et n’en bougeait plus, la tête légèrement penchée sur le côté, vers les pages. 
    Il ne pouvait distinguer les traits de son visage à contrejour, auréolé par la lumière blanche du soleil. 
    Il l’imaginait jeune et belle, triste, cherchant à se consoler dans ses lectures, ou bien à oublier. 
    Son amant l’avait quittée, c’est sûr et la vie ne possédait plus de sens pour elle. 
    Lui-même vivait un désespoir abyssal. 
    Elle était toujours seule, personne ne venait la voir, à part une vieille servante qui s’occupait d’elle. 
    Solitaire lui aussi et n’ayant finalement rien d’autre à faire, il la fixait des yeux chaque jour un peu plus mais jamais elle ne fit le moindre geste signifiant qu’elle avait remarqué son manège. 
    Alors il l’aima encore plus fort. 
    Un soir où, à son habitude, la servante vint la chercher à la tombée de la nuit, il décida de déclarer sa flamme dès le lendemain. 
    Cette idée le tortura et l’asphyxia toute la nuit. 
    Mais, le lendemain, elle n’apparut pas. 
    Il comprit alors qu’elle était morte et se mit à respirer de plus en plus mal. 
    Il mourut dans la journée. 
    Par hasard, ils furent enterrés tous les deux cote à cote, au fond du cimetière, contre le vieux mur en pierre rongé par les plantes. 
    En quelques mois, le lierre recouvrit les deux tombes d’un même manteau, pour les réunir à jamais.

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « conte de l’amour et de la mort »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par l’IA pour ce texte


  • hiératique

    Maurice Denis – La Dame au jardin clos, dit aussi Nu aux bouquets de violettes (1894)

    hiératique sévère et nue
    ambiance japonisante
    tête égyptienne
    dessin géométrique
    que fait-elle là
    entre ses deux vases
    à quoi pense-t-elle
    dans son jardin clos
    qui attends-tu jeune femme
    au ventre arrondi
    à la peau parfaite
    est-ce ce cavalier
    qui vient au loin

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Dame du Jardin, de Maurice Denis

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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    Où suis-je donc là ?
    Happée, repoussée, je vacille
    Lumière du dedans
    Je fascine la lumière
    L’envers me retourne
    Je me fonds, je me cogne
    Je visite les espaces
    Je m’abime dans la couleur
    L’espace immobile se craquèle
    Je rencontre le formel
    Je glisse sur le noir,
    Retourne le rouge
    Flaque incertaine.
    Échappée mensongère
    Complice du regard.
    Le dur verrouille la sortie
    Le corps rebondit eans l’espace
    Clôture.

    Texte de Do F., inspiré par le vitrail de Geneviève Fourgnaud, église de Via; texte écrit en Atelier de Poésie

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    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025