Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 411 artistes • 757 auteurs
publiés dans Amavero

  • c'est surtout quand elle penche la tête

    c’est surtout quand elle penche la tête
    sur le côté
    légèrement
    qu’il devient fou
    avec ce décalage de position

    dans le mouvement
    les cheveux déjà longs
    tombent un peu plus
    et ses yeux sombres
    se plissent
    avec un point d’interrogation
    niché tout au fond

    il suffit
    qu’elle ait ce geste infime
    pour que son cœur explose
    il n’entend ni ne voit rien d’autre qu’elle
    auréolée de sa grâce
    lumineuse
    chantante

    si tu n’as jamais connu ce moment
    tu n’as rien vécu
    va pleurer sur les quais
    personne pour te consoler

    on dirait une pouliche
    qui se déhanche pour s’endormir
    et la brume viendrait se répandre autour d’elle
    pour la protéger du regard des hérons

    on dirait un pont qui s’élance
    suspendu dans le vide
    et la circulation s’arrêterait pour le regarder

    un jour elle était restée comme cela
    si longtemps
    à le contempler
    qu’il avait cru à un torticolis
    elle se demandait simplement
    qui il était au fond

    comme s’il le savait

    il aurait du dire
    le trop plein du cœur
    la tête qui cogne
    au lieu de rester muet
    benêt souriant

    alors après cette éternité figée
    sans réponse
    elle avait soupiré
    redressé la tête
    et disparu
    ses pieds effleurant à peine le sol
    fantôme au cœur tendre déçu
    il n’avait entendu que ce soupir
    à l’affreuse douceur

    aujourd’hui encore
    il résonne dans sa tête
    comme un crissement sourd
    tandis qu’il la cherche
    désespéré
    dans les rêves du monde entier


  • jardin en friche (friche)

    que vas-tu trouver si tu plonges en toi
    la plupart du temps un jardin en friche
    non clos ouvert aux courants d’air
    tout y grandit poussé par le vent
    et tu t’agites là-dedans
    comme un jardinier épileptique
    l’herbe est raide la graine sauvage
    ta nature profonde vit sans respect
    des lois de l’harmonie plate
    rebelle tu fouines tu creuses
    tu verras des fleurs aux couleurs violentes
    dans des recoins sombres
    et du chiendent dans ta plus belle plate-bande
    tu verras des lignes de fuite brisées
    dans des allées trop larges
    le temps est fragile dans ton jardin fou
    le soleil y chauffe trop fort
    la pluie tombe à verse
    tout pousse trop vite ou tout brûle
    et tes mains mon Dieu tes belles mains d’artiste
    regarde les rongées creusées gercées
    par les travaux de terrassier
    qui usent ton souffle et ton dos

    fou tu continues pourtant
    et voici qu’un soir un peu plus calme
    la brise et le ciel doux se tenant la main émules
    les oiseaux pépiant pour une fois sans tumulte
    assis contre le mur aux vieux vergers
    tu contemples ta vie agitée
    et elle te plait


  • ambiance train

    ambiance train fin de journée
    de quai en quai ça bouge
    ils vont quelque part c’est sûr
    mus par un désir un besoin
    ils s’y pressent sans détour
    avec de gros sacs
    ou de petites larmes cachées
    chacun sait pourquoi il est là
    ou fait semblant de s’en contenter
    c’est rare d’errer dans une gare
    une gare ça aiguille ça bourdonne
    ça distribue les chemins
    ça ne pense pas une gare
    ça bruisse
    ici on ne vaque pas on va
    et puis la machine s’ébranle
    emportant toutes ces vies dans ses mains
    destins unis par le même bruit balancé
    tous dans le même train train
    ils se disperseront arrêt après arrêt
    comme un jeu de cartes envolées
    pétales de marguerite effeuillés
    par le souffle mécanique du train
    trieur de hasard et de destinées
    je n’aime pas le train
    ni la fin de journée


  • le jeune berger

    Ces drôles de gens pressés
    Je les entendais depuis longtemps
    Ils se sont arrêtés dans un bruit de ferraille
    Avec leur vieille bagnole pourrie
    C’est malin tout le troupeau a fui

    Pourquoi me regardent-ils comme ça ?
    Étrangers, salut !
    Voici ma terre ses pierres dures et noires
    Voici le fleuve Indus toujours pressé
    Qui court après les nuages
    Voici les montagnes immenses de mon pays
    Vous pouvez lever la tête
    Elles seront toujours plus hautes que vous (rire)

    Ici, le sol est gris comme la vie
    Le ciel bleu comme les rêves

    Les bêtes sont loin maintenant
    Il faut que j’aille les chercher
    J’ai faim j’ai froid
    Pour une fois j’aimerai rentrer avant la nuit

    Les étrangers sont remontés dans leur voiture bruyante
    Ils agitaient leurs mains comme pour chasser les mouches
    Ils me souriaient en partant
    Comme si on se connaissait !

    Maman, que fais-tu en ce moment au village?
    Aujourd’hui, j’aurai préféré rester là-bas
    Jouer avec les cousins
    Prendre la petite sœur dans mes bras
    Écouter les histoires du grand-père
    Au lieu d’être ici
    Seul
    A nouveau


  • princesse

    c’est drôle elle croit sans doute
    qu’elle peut cacher sa beauté
    derrière la main
    alors que tout en elle flamboie
    elle est la grâce effarouchée
    ce n’est pas le hasard
    qui crée son éclat
    les cheveux noirs
    se rassemblent savamment
    les étoffes explosent
    les bracelets s’imposent
    qui connaîtra jamais
    l’infinité de son sourire

    la façon sensuelle qu’elle a
    de déployer son corps grand et droit
    son port de princesse du Thar
    la fait régner sans partage
    sur le désert indien
    seul un homme sensible et juste
    pourra apprécier un tel don du ciel
    bénie soit-elle


Dernières publications d’art et de poésie

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

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  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

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    Un seul nuage

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025