Ce qu’il m’aura fallu de temps pour tout comprendre
Je vois souvent mon ignorance en d’autres yeux
Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre
Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre
Comment ce que je sais le dire de mon mieux
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Ce qu’il m’aura fallu de temps pour tout comprendre
Je vois souvent mon ignorance en d’autres yeux
Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre
Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre
Comment ce que je sais le dire de mon mieux
L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles
L’infini a roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain.
(1854-1891) Poésies
… Puis ces mouches, cette sorte de mouches, et le dernier étage du jardin… On appelle. J’irai… Je parle dans l’estime.
— Sinon l’enfance, qu’y avait-il alors qu’il n’y a plus ?
Plaines ! Pentes ! Il y
(suite…)
Quand nous aimons, notre amour n’est ni de nous ni pour nous. Quand nous nous réjouissons, la joie n’est pas en nous, elle participe de la vie même. Quand nous souffrons, la souffrance ne réside pas en nos blessures, elle est au coeur même de la nature…
(suite…)
quand le vent des arbres et des champs
glissant par la fenêtre ouverte
se frotte à toi sans préambule
quand les mésanges piaillent
sous la bourrasque ébouriffante
quand le ciel te salue solennel
dans un nuage de feuilles alanguies
mourant en jouant
alors fou d’amour et d’orgueil
tu rêves d’union aux forces vivantes
tu embrasses l’air bourru
dans les hauteurs paresseuses
tu voudrais que l’esprit
expire un souffle vert
tu serais cet oiseau décidé
qui rit sans savoir où il va
mais la caresse a fui
virgule distraite
la nature immobile se tait
tout n’est plus que décor
en soupirant tu fermes la fenêtre
une fois de plus lourd indécis
tu ne t’es pas envolé
il aurait pourtant suffi d’une inflexion
suivre le sillon d’une larme
guetter l’effluve à paraître
sur la nervure cambrée d’un tourbillon vivant
tendre les bras vers le ciel aspirant
mais qui sait un jour peut-être
tu ne resteras pas insensible à l’appel du vent

Où suis-je donc là ?
Happée, repoussée, je vacille
Lumière du dedans
Je fascine la lumière
L’envers me retourne
Je me fonds, je me cogne
Je visite les espaces
Je m’abime dans la couleur
L’espace immobile se craquèle
Je rencontre le formel
Je glisse sur le noir,
Retourne le rouge
Flaque incertaine.
Échappée mensongère
Complice du regard.
Le dur verrouille la sortie
Le corps rebondit eans l’espace
Clôture.
Texte de Do F., inspiré par le vitrail de Geneviève Fourgnaud, église de Via; texte écrit en Atelier de Poésie




J’écris à jeûn
Soif et faim dans tout le corps
Un lot de remords dans le cœur
Je bois mes larmes
Je mange mes pleurs
J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
Du miel silencieux
Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
Je le cherche
Le froid gris de son absence me gifle
J’ai mal
J’ai soif
J’ai faim
J’écris à jeun
Mes pensées troublées
Ma main tremblante
Mes ongles rongés
Mes pieds attachés
Je veux sentir le manque
J’écris à jeun
Azzhara. Nuit intranquille. 2021
