Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 493 artistes • 869 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
L’amour ne meurt jamais de mort naturelle, il meurt parce que nous ne savons pas revenir à sa source


  • matin de l’ange

    le matin
    quand je me lave les dents
    devant la fenêtre ouverte
    le chêne me salue
    de sa voix grave
    mais je ne peux lui répondre
    j’ai la bouche pleine
    les marches de la terrasse me narguent
    viens danser avec nous
    mais je ne peux sortir
    je suis en pyjama
    là-bas
    la ligne des frondaisons me dit
    regarde comme nous sommes belles
    mais je ne vois rien
    je n’ai pas mes lunettes
    l’avion tire un trait dans le ciel
    pour m’inviter à monter a bord
    mais je ne peux voler encore
    je n’ai pas mis mes ailes

    Luc Fayard – Vue de la fenêtre le matin (2026) – photo


    Texte de Luc Fayard, la bouche pleine de dentifrice, devant sa fenêtre le matin


  • Anonyme (-535) : Cylindre de Cyrus (-535) – Mésopotamie)

    Anonyme (-530 Mésopotamie) – Cylndre de Cyrus (-530) – cylindre d’argile avec écriture en akkadien cunéiforme, Mésopotamie

    Mise à jour : Le Cylindre est cité par l’Iran comme preuve de l’ancienneté de sa civilisation, en réponse aux trumpinades le menaçant de « retour à l’âge de pierre » (avril 2026)

    NdlR : « texte de propagande royale, qui s’inscrit dans la tradition des inscriptions royales babyloniennes en reprenant leur vocabulaire et leur idéologie, souvent présenté de nos jours comme la première déclaration des droits de l’Homme, contre l’avis des historiens spécialistes des empires babylonien et perse » (Wikipédia)


  • quartz blanc

    je parle encore
    personne n’entend
    parole sans liesse
    comme le vent
    murmure indistinct
    magma lointain
    sur la foule qui se presse
    et m’ignore

    quand les remous
    le secouent corps et âme
    personne pour partager
    la fièvre du marin qui rame
    dans une barque ébranlée
    par les vagues houleuses
    de la solitude

    faudra-t-il que je hurle
    ma douleur d’être
    pour que ma voix parvienne
    sans filtre
    au cœur sensible et doux
    le pénètre
    et que l’élu se penche vers moi
    ému de mon émoi

    si jamais j’entendais
    une voix comme la mienne
    quel baume elle poserait
    sur les plaies du silence

    il y aurait tant à dire
    pour toucher de près
    les êtres qui doutent
    les chercheurs de pureté
    si l’on m’écoutait
    je parlerais sans fin
    de la beauté des choses
    dans la lumière du soir
    et de l’ombre qui les agrandit
    je raconterais les méfaits
    du serpent du souvenir
    et le bienfait d’un sourire inattendu
    je dirais tous les espoirs
    reliés les uns aux autres
    comme une ligne d’horizon
    entre vert et bleu

    et avant de me taire
    je dirais l’amour nu
    cristallin de quartz blanc
    recelé par le sable
    qui sera découvert
    le jour du grand reflux

    Texte de Luc Fayard


  • La Genèse : extrait (traduction de Marc-Alain Ouaknin)

    (Voir les tableaux proposés par Amavero pour illustrer ce texte)

    (suite…)

  • Marc-Alain Ouaknin : La Genèse de la Genèse – Trop beau pour être vraiment beau

    La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (couverture)

    Le bouquin date de 2022, vous voyez comme je suis réactif. Mais il est éternel bien sûr, c’est une somme, une nouvelle Bible, un monument… Les superlatifs pleuvent sur cet ouvrage d’érudit. L’auteur est un personnage étonnant, fanatique du décryptage du moindre caractère hébraïque qui contient selon lui toute la vérité du monde, ce qui ne l’empêche pas d’être drôle et iconoclaste.

    Donc l’auteur a retraduit lui-même la Genèse et, avec son éditrice Diane de Selliers, ils ont illustré chaque passage d’un tableau abstrait, en général très connu.

    On reste évidemment confondu de tant d’érudition religieuse, littéraire et artistique.

    Mais comme l’auteur le dit lui-même en citant Marcel Duchamp, il faut voir la vie en « ose », alors j’ose.

    Je ne parlerai pas de sa traduction de la Genèse , je n’ai aucun avis là-dessus. Tout au plus ça m’amuse qu’on puisse passer autant de temps à décoder des contes de fées mais je respecte ce travail monumental.

    Je ne parlerai que des illustrations et, là, je suis très déçu par le choix des 117 oeuvres qui sont magnifiques bien entendu, irréprochables, de grande renommée…
    Mais enfin c’est très scolaire tout çà, très premier degré. On dirait le devoir d’un élève de Terminale, aidé par ses parents fiévreusement plongés dans les catalogues d’art (ou de l’IA?). On aurait aimé un peu plus de risque dans le choix de ces illustrations, qu’elles soient plus décalées, plus allusives. Non, ici, on y va au grand canon de la ressemblance, au marteau-pilon de l’analogie. En gros le texte parle de circularité? Hop, je te propose un tableau avec un cercle (devinez qui c’est? Fabienne Verdier évidemment, qui tourne en rond depuis des années, la pauvre).

    Et ça commence dès le premier verset de la création : boum, un cercle noir ! (Malevitch). La Tour de Babel ? Si, si, c’est une tour (Vasarely). La sortie de l’arche ? Les mignons petits bouts de couleurs éparpillés de Hantaï (que l’artiste a appelé « Blanc » évidemment, comme c’est drôle). Mais pour la pomme, je vous rassure, ce n’est pas Magritte. Et d’ailleurs, d’après l’auteur, il n’y a pas de pomme. On tombe quand même sur de belles trouvailles, ne boudons pas notre plaisir, comme le cercle (encore un, il y en a beaucoup!) de Giacoma N-Bella pour « Et vous fructifiez-vous… ».. Mais celui-là, au moins, il est traversé de désirs.

    D’ailleurs, entendons-nous bien, j’aime toutes les œuvres, elles sont belles, de qualité mais quel dommage quand même que tant d’intelligence pétillante n’ai pu être mise davantage en valeur par une finesse artistique du même acabit, la fusion aurait pu donné un livre merveilleux.

    Celui-ci, sur le plan artistique, est juste éminemment (pour ne pas dire pompeusement) respectable.


Dernières publications d’art et de poésie

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía hay un gesto que no empieza en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá hay una forma callada de la voz en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío hay une línea que es la mesa y el vacío por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre hay un breve relámpago en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes nadie puede ser mucho tiempo, pero tampoco dios, que es otro borde, puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort il y a des plantes foulées sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra il y a une forme silencieuse de la voix où tout est debout.

    Entre la table et le vide il y a une ligne qui est la table et le vide où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang il y a un éclair où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords nul ne peut survivre longtemps, et dieu lui-même, qui est un autre bord, ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

  • Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

    Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.
    Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.

    Cité par Roberto Juarroz. Poésie et réalité. 1987

    Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025