Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 474 artistes • 860 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Tuer le temps, est-ce un cas de légitime défense ?(cité par un blog candide jenny)
Anonyme


  • nouvelles correspondances

    il y  a de la musique dans un tableau
    mais elle joue une drôle de partition
    polyphonique
    à la fois solo dans chaque recoin
    qui nous attire irrésistible
    et symphonie qui éclate
    dès qu’on embrasse l’œuvre 
    d’un regard de spectateur lointain
    puis les solos reprennent ici et là
    en suivant l’âme des yeux
    qui déroule un parcours non écrit

    il y a de la peinture dans la musique
    chaque note possède sa propre couleur

    do tout en majesté 
    en tenue de majordome
    noir pour s’imposer

    si tout au bout du chemin
    note si joyeuse
    blanc de robe de mariée

    la grave et dominant
    tous comptent sur lui
    vieux monsieur digne et las
    fronçant les sourcils
    marron foncé évidemment

    le ré résonne 
    comme un renouveau

    une renaissance
    bleu indigo

    mi c’est une note du milieu 
    mélange mixité

    prête à tous les arrangements
    violet composite

    le fa sonne et claque 
    comme le printemps 
    comme un drapeau
    vert d’eau

    enfin le sol terre à terre
    pilier de tant de création
    clé qui ouvre toutes les portes
    rouge comme le sang des artistes


  • enfer

    le corps est prégnant
    jamais l’âme ne pourra s’envoler
    l’homme est lourd de chair
    et quand il veut rêver
    il se voudrait léger dans l’air
    mais il a mal aux dents

    il se plaint œil vide dos voûté
    j’ai perdu dit-il la grâce de l’enfance
    oublié la puissance du silence
    l’homme ne s’écoute même plus
    il ne fait que bouger se gratter
    comme si sa pensée pouvait se lessiver
    d’un coup d’ongle négligent

    créature du paradoxe et du soupir
    filandre perdue dans l’infini successif
    il se tait les mots ne servent à rien

    nous voici blêmes et bleus
    sans bouée de sauvetage
    dans l’océan du non dit du non partage

    l’enfer c’est cela
    se contenter d’une telle vanité
    sans pouvoir rire ni pleurer
    sans même avoir peur

    Image créée par Starry AI pour illustrer le poème « enfer »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée sur ce texte par l’IA Starry AI


  • Michaux (Henri) : Lectures sur Zao Wou-Ki (Préambule)

    Les livres sont ennuyeux à lire. Pas de libre circulation. On est invité à suivre. Le chemin est tracé, unique.
    Tout différent le tableau: immédiat, entier. Puis on va à gauche, à droite, comme on veut, où l’on a envie, selon ses trajets, et les pauses ne sont pas indiquées.

    (suite…)

  • cercle

    j’aimerais découvrir un lieu
    où écouter le temps qui passe
    telle une musique à trois notes
    assis sur le pas de la porte
    dans la lumière douce et basse
    un rayon ocre savoureux
    protègerait le cœur les yeux
    du vent irréel gracieux

    quelques arbres se tiendraient loin
    et sous un ciel indéfini
    le bruit d’homme serait éteint
    alors à cet instant précis
    où le cercle se fermerait
    peut-être avec un peu de chance
    de la colline verte et dense
    entendrais-je l’âme pleurer

    image dall-e


    Texte de Luc Fayard illustré par une image Dall.e créée pour ce texte

    autres duos poème-œuvre


  • trinité

    tout est difficile aimer chanter
    seul rêver est facile
    s’abstraire du réel fuir
    oublier le passé

    tout est difficile parler sourire
    seul partir est permis
    encore en utopie
    se voir là-bas plutôt qu’ici

    tout est difficile vivre factice
    seul écrire est vrai
    bâtir sa réalité
    ses murs sa forteresse

    tout est difficile corps chargé
    seule l’âme est légère
    quand elle se libère
    d’une transparence évasée

    tout est difficile dire oui
    seul dire non peut être acquis
    dire je ne sais pas j’attends
    je ne saurai rien du néant

    tout est difficile dans tes yeux
    seuls qui me scrutent
    spectateurs incultes
    de mon souffle nerveux

    tout est difficile pleurer souffrir
    seul reste un gémissement
    trace ineffable soupir
    de ce qui jamais ne ment

    tout est difficile aujourd’hui
    seul demain peut attirer
    d’autres cœurs épris
    qui tant ont pleuré
    tout est difficile même dire
    tout est difficile
    même crier je t’aime
    au fond de la nuit blême

    tout est difficile sauf croire en toi
    l’eau claire et le torrent
    la lumière et le chant
    tout devient possible pour moi

    tout devient possible grâce à toi
    quand le chemin
    prend ses trois sens
    direction
    sentiment
    connaissance
    tu es la trinité de ma vie de roi

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « trinité » de Luc Fayard


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte


Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025