Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
La médecine a fait tellement de progrès que plus personne n’est en bonne santé


  • Daisetz-Teitaro Suzuki : L'homme est un roseau pensant

    L’homme est un roseau pensant, mais il accomplit ses plus grandes œuvres lorsqu’il ne calcule ni ne pense ; il faut reconstituer « l’innocence de l’enfant » par de longues années d’entraînement dans l’art de s’oublier soi-même. Lorsque ce but est atteint, l’homme pense et pourtant il ne pense pas. Il pense, comme la pluie qui tombe du ciel ; il pense comme les houles qui déferlent sur l’océan ; il pense comme les étoiles qui illuminent les cieux nocturnes ; il pense comme les pousses vertes dans la paisible brise du printemps. En fait, il est la pluie, l’océan, les étoiles, la verdure.
    Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen


  • Henri Michaux : Va-t-on bientôt bombarder les anges ?

    Va-t-on bientôt bombarder les anges ?
    S’ils existent, qu’ils s’attendent à être bientôt traversés de décharges, de fragments atomiques, de nocives vibrations.
    Il est improbable que dans l’énorme mise en train d’infimes et variées perturbations physiques il n’y ait rien qui les gêne.
    Préparons-nous à entendre l’espace crier.
    Henri Michaux, Passages


  • Jean Genêt : L’atelier d’Alberto Giacometti

    Afin de mieux apprivoiser l’œuvre d’art, j’utilise d’habitude un truc: je me mets, un peu artificiellement, en état de naïveté, je parle d’elle – et je lui parle aussi, sur le ton le plus quotidien, je bêtifie même un peu. D’abord, je m’approche. Je vous parle des œuvres les plus nobles, – et je m’efforce de me faire plus naïf et plus maladroit que je ne le suis. J’essaie ainsi de me défaire de ma timidité.
    (suite…)


  • Handke (Peter): Par les villages

    – Mais maintenant tu vas me dire ce que je dois faire:  – Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation, mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne fais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable.
    (suite…)


  • jour de mon enterrement

    le jour de mon enterrement
    dans l’église froide et blanche grise
    ils seront tous serrés comme des harengs
    les hommes auront posé leur chapeau
    les femmes seront endimanchées dans leur manteau
    les enfants agités apeurés tristes

    le jour de mon enterrement
    les gens
    j’ai envie qu’ils soient là en passant
    je veux qu’on pleure et qu’on m’oublie
    tous ceux qui savent m’envieront là où je suis
    il suffira de rester longtemps l’air absent
    pour prétendre participer

    le jour de mon enterrement
    on se frottera dans les rangs
    pour avoir chaud
    les yeux levés vers la croix là-haut
    on se taira de longs moments
    privé de discours le curé contemplera la foule
    hochant la tête il se perdra dans ses pensées
    en fait il pense à son déjeuner

    je veux du silence et puis la fête
    musique et silence
    c’est la même chose
    je veux que les gens se regardent dans les yeux
    et se tiennent par la main
    l’air heureux
    pour une fois

    le jour de mon enterrement
    le veux du soleil dans les vitraux or et vert
    il faudra que ce soit un matin d’hiver
    où le froid gèlera les pensées
    dehors aussi les fleurs seront gelées

    le jour de mon enterrement
    je veux de belles orgues riant
    qui chantent d’allégresse Alleluia
    Sanctificat et puis l’Ave Maria
    résonnera sous les vieilles pierres
    auréolées de prière
    il faudra que tout le monde prie
    communier sera obligatoire
    on fera la queue pour l’hostie propitiatoire
    après vous je vous en prie
    sinon il faudra doubler son obole
    à la quête paroissiale qu’attend le curé
    grâce à moi personne ne sera excommunié

    le jour de mon enterrement
    dans la lumière froide et blanche grise
    on ne saura même pas qui est mort
    les gens seront entrés dans l’église
    par hasard à cause du froid dehors
    à cause de la lumière et de la musique dedans
    ils me connaîtront à peine
    ils parleront d’une ombre d’antan
    et d’une voix basse qui traine
    ils évoqueront les morts et les vivants

    le jour de mon enterrement
    heureusement
    dans l’église muette qui serre ses rangs
    dans les travées remplies
    comme des bancs de chauve-souris
    dans les regards à peine voilés
    de pèlerins inconnus désoeuvrés
    je ne verrai personne que j’aime
    parce que de tous ceux que j’aime
    j’aurai été le dernier à mourir
    s’il vous plaît
    mon Dieu
    je vous en supplie



Art et Poésie : dernières publications

  • pays rêvé (Hommage à David Hockney)

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  • Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)

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  • Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

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  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

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  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

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  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025