Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Portez ce vieux whisky au juge blanc qui fume.Pangramme sans doute le plus court du français (qui contient toutes les lettres sauf bien sûr… Lire
Anonyme


  • ivoire et lumière

    elle est l’ivoire et la lumière
    et l’ombre aussi quand ses yeux noirs
    me pourchassent comme des phares
    statue de souffle et de matière
    qui jette ses cheveux au ciel

    d’interminables jambes la relient à la terre
    elle est libellule frôlant l’eau
    cigogne secouant les épaules
    pour se dégager du lourd fardeau
    que dépose le regard des autres
    sur son étrange et langoureuse beauté

    ses sourires sont des éclairs aveuglants
    et sa voix oh sa voix inoubliable
    m’enveloppe d’un nuage éphémère

    partout où elle les pose
    ses longs doigts créent des formes
    rondes et douces chaudes
    qui construisent l’espace autour d’elle
    princesse guerrière
    je voudrais lui prendre la main
    chaque fois qu’elle la bouge
    pour figer le paysage qu’elle dessine

    elle est la source de vie et la force aussi
    qui forge le destin des autres
    que je le veuille ou non
    qu’elle me dise oui ou non
    je suis pris dans sa toile de fée
    envoûté


  • l’herbe est un nuage (herbe nuage)

    L’herbe est un nuage un bain de mousse et de bulles
    Les arbres noeuds des sorcières préhistoriques
    La terre une maison de rats trouée de taupes
    Et quand la lune menteuse luit dans le gris
    C’est que le jour et la nuit se sont mis d’accord

    Je ne verrai jamais les choses comme elles sont
    D’ailleurs les choses ne sont pas ce qu’elles sont
    Elles seront ce que j’en dis ce que j’en distingue
    Le champ est un prélude à la forêt la mare

    Une invitation aux faucheux aux mangoustes
    L’amour un sourire qui dure malgré tout
    Les choses les gens deviennent ce qui les cerne

    La filandre vole dans l’air jusqu’à la branche
    Comme un cœur qui cherche son nid chaud tout là-haut
    La nature n’est pas un temple elle est caverne
    Peuplée de lumières floues et de bruissements
    Qui la construisent la déchirent dans le vent

    L’homme transpercé par les rayons et les larmes
    Devient la cible unique de toutes ces vies
    Et du vaste chaudron bouillonnant de son âme
    Voici la vapeur des mots qui s’envole et fuit

    Seul résistant à la noria des attaquants
    J’esquive je fuis je crie ma haine mon bruit
    Je serai le phénix de la fureur du verbe


  • Holland (Henry Scott ) : La mort n’est rien

    La mort n’est rien. Je suis simplement passé dans la pièce  à côté. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. (suite…)


  • Saint Augustin : Ne pleure pas si tu m'aimes

    Ne pleure pas si tu m’aimes. Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le Ciel. Si tu pouvais d’ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d’eux. Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche !
    (suite…)


  • Aragon (Louis) : Les yeux d’Elsa

    Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
    J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
    S’y jeter à mourir tous les désespérés
    Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

    (suite…)

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  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía hay un gesto que no empieza en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá hay una forma callada de la voz en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío hay une línea que es la mesa y el vacío por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre hay un breve relámpago en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes nadie puede ser mucho tiempo, pero tampoco dios, que es otro borde, puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort il y a des plantes foulées sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra il y a une forme silencieuse de la voix où tout est debout.

    Entre la table et le vide il y a une ligne qui est la table et le vide où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang il y a un éclair où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords nul ne peut survivre longtemps, et dieu lui-même, qui est un autre bord, ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

  • Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

    Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.
    Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.

    Cité par Roberto Juarroz. Poésie et réalité. 1987

    Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025