Shakespeare (William) : Roméo et Juliette

Prince
Rebellious subjects, enemies to peace,
Profaners of this neighbour-stained steel,
Will they not hear? What, ho! you men, you beasts,

Le Prince
Sujets rebelles, ennemis de la paix !
Profanateurs qui souillez cet acier par un fratricide !…Est-ce qu’on ne m’entend pas ?… Holà ! vous tous, hommes ou brutes,

That quench the fire of your pernicious rage
With purple fountains issuing from your veins,
On pain of torture, from those bloody hands
Throw your mistemper’d weapons to the ground,
And hear the sentence of your moved prince.
Three civil brawls, bred of an airy word,
By thee, old Capulet, and Montague,
Have thrice disturb’d the quiet of our streets,
And made Verona’s ancient citizens
Cast by their grave beseeming ornaments,
To wield old partisans, in hands as old,
Canker’d with peace, to part your canker’d hate:
If ever you disturb our streets again,
Your lives shall pay the forfeit of the peace.
For this time, all the rest depart away:
You Capulet; shall go along with me:
And, Montague, come you this afternoon,
To know our further pleasure in this case,
To old Free-town, our common judgment-place.
Once more, on pain of death, all men depart.

Qui éteignez la flamme de votre rage pernicieuse
Dans les flots de pourpre échappés de vos veines
Sous peine de torture, obéissez ! Que vos mains sanglantes jettent à terre ces épées trempées dans le crime,
Et écoutez la sentence de votre prince irrité ! Trois querelles civiles, nées d’une parole en l’air, Ont déjà troublé le repos de nos rues,
Par ta faute, vieux Capulet, et par la tienne, Montague ;
Trois fois les anciens de Vérone,
Dépouillant le vêtement grave qui leur sied,
Ont dû saisir de leurs vieilles mains leurs vieilles partisanes,
Gangrenées par la roule, pour séparer vos haines gangrenées.
Si jamais vous troublez encore nos rues,
Votre vie payera le dommage fait à la paix.
Pour cette fois, que tous se retirent.
Vous, Capulet, venez avec moi ;
Et vous, Montague, vous vous rendrez cette après-midi,
Pour connaître notre décision ultérieure sur cette affaire,
Au vieux château de Villafranca, siège ordinaire de notre justice.
Encore une fois, sous peine de mort, que tous se séparent !

Acte 1, Prologue