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mort j'écrirai encore
je vois j’écris je sens
que se forgent les mots
les plus forts les plus hauts
dans mon âme mon sangje crée un autre monde
où vivent les amants
voluptueux du chant
contrepoint de ma ronderejoignez-moi marchons
dans les limbes l’éveil
les miroirs des merveilles
les yeux sur l’horizonlà où la vie est pure
comme un air de désir
échappé du sourire
messager des murmureset même si je sens
que la rue triste et noire
n’offrira rien à voir
que le monde n’attendmes mots reliés en or
scelleront un enduitdes beautés du chemin
mort j’écrirai encoreTexte: Luc Fayard
illustré dans Galerie Amavero avec un tableau de Léon Spillaert -
Trois fois murmuré
Je serais ce violoniste
(suite…)
Qui joue à la fenêtre
Derrière les volets bleus
Ma musique monterait jusqu’aux nuages
Et la tristesse glisserait
Sur mon costume jusqu’à terre
Où elle dessinerait une tache de deuil. -
Le Vénérable des chênes
Le vénérable des chênes, la plainte du vent dans la chevelure des cyprès, la pluie qui incante sur le toit vieilli d’une grange : tout, je veux tout garder de cet automne que je vis à cloche-pied et en bottes en caoutchouc et qui me mène gaiement à mes cinquante ans, ce printemps de la sagesse au goût d’enfance et de madeleine de Proust.
(suite…)
