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l'eau de la nuit
une histoire de fouje suis tombé de hautfroid et moutout au fond de l’eauune chute sans un criet là tout en bas surpriseune femme nue sans âgem’attend et me souritje suis nu moi aussi c’est embêtantau fond de l’eau surtouton bouge au ralenti comme dans un filmimpossible de respirerelle touche ma main rassure-toi dit-elletu ne respires plus tu ne souffres plusje la prends dans mes bras amicalementet lui dis en pleurantjamais je n’ai connu quelqu’un comme toide quoi nous parlâmesdans le flot des larmesje ne saisquel effet me fit cette femme énigmatiquesi longtemps enlacée mystèreà la fin elle me poussa vers la sortiec’est le temps de l’exil dit-elleon t’attend à l’accueil de la citadellederrière un guichet j’entends une voixl’accueil c’est icije me penche et vois plus basdans une vaste baignoireune baignoire au fond de l’eau quelle idéeune autre femme allongéevieille et maigre nuequi se lève en gémissantlourde de fatigue aridedes gouttes d’eau perlant de ses ridescomme la vie qui fuit sans un motenfin dépliée spectrale raide comme l’orla noyée de blancs cheveux m’épiede ses grands yeux foncéset je comprends alors terrifiéque je suis à jamaisdans l’eau de la nuitvoir la mise en scène dans Poésie de l’Art -
Leroy (Angélique) : Malika
À mes mamas algériennes.
Deux mamas qui ne se connaissent pas, sont pourtant tatouées dans mon cœur.
L’une est ma belle mama de la poésie et l’autre est ma mama Malika.
Même le prénom MALIKA comporte le nom de Ali BELKAHLA.
On ne récolte ce que l’on s’aime, j’ai été baptisée Yacuta par Linda.
Encore une autre mama, à laquelle je tatoue le signe de l’amour,
Ave Maria, si tu me reconnais, je suis ta tata.
Cette toile figurative est le caméléonisme du culturisme.
Je développe ma masse musculaire pour faire de l’esthétisme.
À plusieurs, les mamas deviennent QUEEN
À l’image de Malika.
Des femmes fortes qui ont enfantées les plus beaux insignes.
SAL’ÂME ALI BOOM, KELTOUM !
Ils sont DEFFOUS ces Algériens !
Texte: Angélique Leroy
inspiré de Malika, de Keltoum Deffous
à voir illustré dans Galerie Amavero -
simple fouet
froid comme la pierre
souple comme l’esprit
dense comme la vie
aligné comme une galaxie
remplir son être de souffle
des yeux partout
tout entendre
le moindre tressaillement
clignement
et quand c’est décidé
bloquer son poignet vers le bas
dans un crochet implacable
pousser des deux bras
en sens inverse
comme pour atteindre
le bout du cercle
le pousser encore plus loin
faire grandir la nature
de son être intime
sans rien montrer
sans un signe
par ce mouvement
du simple fouet
toute adversité disparait
il ne reste que du blanc
et le silence
Texte : Luc Fayard
inspiré de Simple fouet, sculpture de Ju Ming
(Place Victoria à Montréal)à voir illustré dans Galerie Amavero
