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roses blanches
un jour je t’offrirai
des roses blanches
qui te diront tout
de nous
pour nous comprendre
sans les toucher
il suffira d’un rien
les regarder
en silence
et sentir leur fragrance
pénétrer nos cœurs -
sirène
la plage est un monde à part
avec ses éléments
barques galets algues
et ses habitants
crabes crevettes couteaux
un monde balayé
par les gestes lents
de la marée
comme un coiffeur
qui lisserait la chevelure
d’une sirène alanguie -
petits poissons
si les mots jaillissaient
comme l’eau de source
sans savoir d’où ils viennent
ni quel sens ils portent
libres
heureux de sourdre
ivres
résonnants
d’un simple glouglou
quels riches dialogues
nous pourrions vivrenous sortirions de nos igloos
comme un magicienle lapinou de son chapeaudes mots étincelles
déclencheurs de rires fous
des mots sauteurs d’horizons
de la mer jusqu’au ciel
des mots créateursde discours en cascade
fluides sans saccadeah si bondissants comme des pur-sang
les mots pouvaient en s’agitantde soubresauts de hoquetsnous redonner la pureté
d’une parole immédiate et fière
alors le monde serait une rivière
coulant sur l’infini du rond
et nous ses petits poissonsTexte de Luc Fayard inspiré par le dessin automatique involontaire de son smartphone; voir Galerie Amavero
