-
six haïkus du vent et de la nuit
le vent dans les feuilles
les ombres dans son regard
la nuit m’émerveilleelle m’a souri
en éclairant mon esprit
à travers la brumecette eau qui frissonne
je n’en aperçois que l’onde
sans rien en dessousla vie est filandre
le coeur araignée aveugle
l’amour pris en toilela mare est de glace
le givre et le gris s’installent
où sont les lueursse plaindre qu’il pleut
autant refuser de vivre
la vie goutte à goutte -
pécheurs perchés
mais qui sont ces hérons
pécheurs perchéspas comme le baron
guetteurs las désabusés
en bord de mer d’asie
scrutateurs de vagues
qui leur apportent en roulant
peut-être quelque chose
peut-être rien qui vaillecombien de temps frêles
vont-ils rester ainsi
à guetter haut assis
sur le bâton grêle
ce qui vient
ou ne viendra pas
ce qui mord
ou ne mordra pasainsi va la vie
elle nous enroule
dans son passé
dans ses bras
dans sa houle
nous sommes tous
des pêcheurs perchésà A-L.B-S
-
trois haïkus d’animal
je veux être chat
pour me glisser contre toi
dans ta longue nuitje veux être chien
pour que tes doigts me caressent
dans le creux du dosje veux être mouche
pour te titiller le nez
et que tu me chasses
