Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Nous ne désirons aucune chose parce que nous la trouvons bonne mais, au contraire, nous la trouvons bonne parce que nous la désirons. …,… Lire


  • Borges (Jorge Luis): La classification des animaux

    Ces catégories ambiguës, superfétatoires, déficientes rappellent celles que le docteur Franz Kuhn attribue à certaine encyclopédie chinoise intitulée Le marché céleste des connaissances bénévoles. Dans les pages lointaines de ce livre, il est écrit que les animaux se divisent en a) appartenant à l’Empereur, b) embaumés, c) apprivoisés, d) cochons de lait, e) sirènes, f) fabuleux, g) chiens en liberté, h) inclus dans la présente classification, i) qui s’agitent comme des fous, j) innombrables, k) dessinés avec un très fin pinceau de poils de chameau, l) et caetera, m) qui viennent de casser la cruche, n) qui de loin semblent des mouches.

    Jorge Luis Borges, « La langue analytique de John Wilkins », in: Autres inquisitions, 1952.
    Traduction Paul Bénichou, Sylvia Bénichou-Roubaud, Jean-Pierre Bernès et Roger Caillois, 1957.
    Paris, Gallimard, La Pléiade, Oeuvres complètes, I, p. 749.


  • Hölderlin (Friedrich) : Das Angenehme dieser Welt

    Das Angenehme dieser Welt hab ich genossen,
    Die Jugendstunden sind, wie lang! wie lang! verflossen,
    April und Mai und Julius sind ferne,
    Ich bin nichts mehr, ich lebe nicht mehr gerne! 

    L’agrément de ce monde, je l’ai apprécié,
    Les heures de ma jeunesse sont passées,  il y a si longtemps ! si longtemps!
    Avril et mai et juillet sont loin,
    Je ne suis plus rien, je n’aime plus vivre !


  • Kilmer (Joyce) : Trees (Les Arbres)

    I think that I shall never see
    A poem lovely as a tree.

    A tree whose hungry mouth is prest
    Against the earth’s sweet flowing breast;

    A tree that looks at God all day,
    And lifts her leafy arms to pray;

    A tree that may in summer wear
    A nest of robins in her hair;

    Upon whose bosom snow has lain;
    Who intimately lives with rain.

    Poems are made by fools like me,
    But only God can make a tree.



    Je pense que je ne verrai jamais
    Un poème aussi beau qu’un arbre.

    Un arbre dont la bouche affamée est pressée
    Contre le sein doux de la terre;

    Un arbre qui regarde Dieu toute la journée,
    Et lève les bras feuillus pour prier ;

    Un arbre qui peut en été porter
    Un nid de merles dans ses cheveux ;

    À qui la neige peut donner un manteau ;
    Qui vit intimement avec la pluie.

    Les poèmes sont faits par des sots comme moi,
    Mais seul Dieu peut faire un arbre.


  • Garcia Lorca (Federico) : La fille au beau visage

    Arbolé, arbolé,
    seco y verdé.

    La niña del bello rostro
    está cogiendo aceituna.
    El viento, galán de torres,
    la prende por la cintura.

    Arbre, arbre,
    sec et vert.

    La fille au beau visage
    cueille des olives.
    Le vent, galant des tours,
    la prend par la taille.

    (suite…)

  • cadavre

    il a peut-être rêvé 
    d’un monde meilleur 
    grâce à lui
    il a peut-être aimé
    la gloire et le renom
    abattues sur lui
    puis sont venues 
    les difficultés
    les compromissions
    rien ne se terminait
    comme il le voulait
    il a senti
    le vent tourner
    et commencé
    à biaiser
    roseau pliant
    à tous les vents
    toutes les excuses 
    étaient bonnes
    pour ne pas faire
    ce qu’il fallait
    peu à peu
    il a courbé le dos
    arrondi les angles
    tourné le regard
    pour ne pas voir
    maintenant il a peur
    de ce qu’il est devenu
    mécréant lâche
    et sans force
    un être de mots
    et de théâtre
    l’âme vide
    il marche poussiéreux
    comme une ombre
    sale informe
    un cadavre
    puant le regret
    et ses pas trainants
    l’emportent malgré lui
    vers le tunnel noir

    Georges de Feure – La Source du Mal (1894) – lithographie en couleur
    IMage Dall.e créée pour illustrer le poème « cadavre » de Luc Fayard

    Texte de Luc Fayard illustré par la lithographie « La Source du mal » (1894) de Georges de Feure et par une image IA. La boucle est bouclée ! L’artiste a réalisé cette lithographie après avoir lu les textes du poète (« Les Fleurs du Mal » de Baudelaire) et cette lithographie illustre maintenant un nouveau poème (qui lui-même peut-être inspirera un artiste, par exemple ma copine la violoniste Chantal Hannes qui voudrait le mettre en musique)… Mais entretemps on est passé de la femme fatale au politicien corrompu (deux sujets qui s’accordent finalement !)…


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  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

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  • Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

    L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
    …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.

    Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »

    Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025