Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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  • dialogue sur la beauté

    Pourquoi demanda l’homme en regardant le ciel
    Un jour qu’il avait peur des éclairs de feu
    Sans réponse il créa Dieu
    Et Dieu se vengea d’avoir été dérangé
    Il donna à l’homme la haine et l’intolérance
    Et c’est ainsi que les jours de fureur reviennent
    Où les hommes s’entretuent au nom de Dieu
    Dans le sang du sang
    Pour les siècles des siècles
    Mais Dieu donna aussi à l’homme le goût de la beauté
    Si futile dans un monde de survie
    Si utile pour des débats infinis

    Mais pourquoi Dieu a-t-il fait cela

    Le monde doit être bon ou mauvais
    Car il lui faut des règles pour s’organiser
    Mais il n’a pas besoin d’être beau ni laid

    A quoi peut servir la beauté

    Les anciens y voyaient une marque de divinité
    Tout éphèbe était fils d’Apollon dieu des Grecs et des Romains
    Mais pourtant
    Beauté en deçà des Pyrénées laideur au-delà
    Beauté éphémère beauté éternelle
    Pour Hegel elle n’existe même pas à l’état naturel
    Elle est création de l’homme
    Vision fugace dans un œil désoeuvré
    La beauté ne règle rien ne résout rien

    Mais que serais-je sans elle

    Pour moi elle fume elle bouillonne elle explose
    C’est un volcan une irruption
    La beauté c’est mon amphétamine
    Mon graal ma quête ma luxure
    Je lui cours après depuis ma naissance et même avant j’en suis sûr
    Quand je n’étais encore ni homme ni femme
    Dans le ventre fécond de ma mère

    L’ai-je jamais rejoint
    Ai-je jamais fusionné avec elle

    Mais non
    La beauté n’est qu’un désir
    Elle est toujours là à portée de cœur
    Elle court plus vite que moi en minaudant chafouine
    Mais c’est ça que je veux
    Telle sera mon épitaphe sur ma tombe ni belle ni laide

    Il passa sa vie à vouloir la beauté
    Est-elle auprès de lui maintenant

    Nul autre que moi ne répondra
    Et seuls ceux que j’aimais pourront m’interroger


  • allié (neige de plaine)

    la neige n’est pas l’eden
    elle est un autre paysage
    elle n’habille pas elle transforme
    le laid l’inutile l’inconnaissable

    objets éléments souvenirs
    tout se fond dans sa beauté
    l’arbre devient totem la forêt montagne
    la blême prairie un lac infini
    qui vous invite à la mélancolie

    ne cherchez pas de contours connus
    vous avez changé de lieu de siècle
    le temps est à l’envers la modernité enfouie
    il ne reste que l’homme
    face à la nouvelle nature
    froide et chaude une et multiple
    où tout est relié sans rupture

    seule chaîne avec l’horizon de l’au-delà
    esquisse d’éternité dans un grain de flocon
    que le blanc a dessiné d’une seule envolée

    la neige est un allié

    pensez à sa force qui vit en secret
    et quand vous serez seul ici-bas
    cherchez-y l’harmonie du temps qui va
    prenez la dans vos mains et soufflez


  • yeux d'ange

    elle a des yeux d’ange et la peau d’un bébé
    le sourire d’une star un port de reine
    la voix rauque enjôleuse et la mine enjouée
    et quand elle se penche sur vous
    d’un coup d’épaule affectueux
    elle vous enveloppe de tous ses parfums
    déesse elle vous enivre
    elle griffe la vie de ses doigts de pianiste
    elle vieillit sans être jamais vieille
    on est habitué à ses rides de marbre et de bois
    comme s’ils avaient toujours été là
    à sa longue main fripée toujours aussi douce
    on dirait une lionne assoupie
    qui profite d’un répit
    pour rassembler ses petits
    rien ne sert de lui mentir
    elle ne voit que les sourires du cœur
    elle devine les ombres entend le silence
    elle est sarah cléopâtre pythie
    mère de toutes les mères
    fragile et forte
    elle est le geste et la vie
    elle est la tendresse
    éternelle


  • forêt

    il y avait la forêt
    les arbres les bosquets
    Puis au petit matin
    Cette brume pâle et sage
    Comme un nouveau paysage

    Il y avait des lignes précises
    Des couleurs de toutes les gammes
    Et maintenant ce gris camaïeu
    Ces teintes si proches et si distantes

    Il y avait les chants et les bruissements
    Les feuilles qui se balançaient
    L’herbe vibrant de mille vents
    Et maintenant tout est figé
    Dans ce froid surnaturel imposant

    La vie est ainsi
    Et le cœur aussi

    Mais je sais que viendront les trouées de lumière
    Et les frémissements sans manière
    Peu à peu tout changera
    Le nuage s’évanouira
    Cachant ses rides et dévoilant son âme
    Il n’y aura plus de joie éteinte ni de drames
    Tout sera dit à nouveau
    Murmuré au fil de l’eau

    Si les cris ont fusé
    Ils seront inutiles et glacés
    Si les larmes ont coulé
    Elles seront bousculées

    Le sourire donnera la paix la douceur
    Et l’on ne saura plus le temps que l’on préfère
    La nostalgie tapie à l’aube de son cœur
    Ou le soleil rouge régnant sur l’univers


  • ivoire et lumière

    elle est l’ivoire et la lumière
    et l’ombre aussi quand ses yeux noirs
    me pourchassent comme des phares
    statue de souffle et de matière
    qui jette ses cheveux au ciel

    d’interminables jambes la relient à la terre
    elle est libellule frôlant l’eau
    cigogne secouant les épaules
    pour se dégager du lourd fardeau
    que dépose le regard des autres
    sur son étrange et langoureuse beauté

    ses sourires sont des éclairs aveuglants
    et sa voix oh sa voix inoubliable
    m’enveloppe d’un nuage éphémère

    partout où elle les pose
    ses longs doigts créent des formes
    rondes et douces chaudes
    qui construisent l’espace autour d’elle
    princesse guerrière
    je voudrais lui prendre la main
    chaque fois qu’elle la bouge
    pour figer le paysage qu’elle dessine

    elle est la source de vie et la force aussi
    qui forge le destin des autres
    que je le veuille ou non
    qu’elle me dise oui ou non
    je suis pris dans sa toile de fée
    envoûté


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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025