Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 821 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Il n’est pas facile à un poisson de voir son propre aquarium


  • Art moderne : Congo The Chimp, Boronali l’âne et Evguénie Sokolov le pétomane s’en donnent à cœur joie

    Quand InfoTekArt parlait d’art, c’était parfois pour rire et ça faisait du bien. Extraits d’un article paru il y a 20 ans

    Je tombe sur une annonce de vente aux enchères de la maison Bonhams pour l’auteur Congo (mise à jour: on dit que trois tableaux ont été vendues pour 14 000 livres sterling) et cela me rappelle l’histoire de Boronali (lire plus loin la version de Roland Moreno) puis encore ce livre que j’avais adoré, Evguénie Sokolov, de Serge Gainsbourg : l’homme à la tête de chou raconte comment peignait Sokolov le pétomane, assis sur un siège à ressort, avec un pinceau dans les fesses….
    Voici pour votre culture les deux oeuvres : celle de Congo (le chimpanzé) « Untitled Abstract » et celle de Boronali (l’âne): « Coucher de soleil sur l’Adriatique« . Pas mal, non?
    ….
    ….

    Couverture du livre 'Evguénie Sokolov' de Serge Gainsbourg, avec une image de l'auteur pensif.
    Livre « Evguénie okolov » de Serge Gainsbourg
    Tableau « Universal Abstract » de Congo, le chimpanzé (1956-1959)
    L’âne Boronali – Coucher de soleil sur l’Adriatique (1910)

    Entrée solennelle d’un âne dans l’Histoire de l’Art

    [Extrait de Théorie du Bordel Ambiant, de Roland Moreno, Belfond, 1990]
    Le Festival d’automne de 1905 ayant fait connaître les premiers fauvistes (Matisse, Vlaminck, Marquet, Derain), certains commentaires plus désagréables que d’autres avaient pu être entendus : “barbouillages informes… jeux barbares… aberrations picturales… mauvaises plaisanteries… débauche orgiaque de couleurs, cauchemar, mystification”, et d’autres encore.
    À un aubergiste de ses voisins, Dorgelès emprunta son âne. Et, à la queue de celui-ci, il fixa un pinceau.
    Puis, dans le jardin montmartrois du farceur, commodément installé devant une table chargée de ca-rottes, d’épinards, de cigarettes, et, en présence d’un huissier, l’animal commença à se gorger de friandises et à remuer sa queue. Celle-ci frottait au passage contre une toile disposée par Dorgelès sur une chaise, à bonne hauteur. Toutes les dix minutes, le pinceau frotteur était autoritairement trempé dans un pot de couleur  différente.

    (suite…)

  • Marc Desgrandchamps, ou l’universalité de l’incertain

    Marc Desgrandchamps – Les Lettres (2021) © Marc Desgrandchamps – courtesy Galerie Lelong

    Depuis toujours, la peinture – comme la photographie ou la sculpture – cherche à figer le temps et l’espace : les artistes expriment ce désir de capturer l’instant, ce qui ne se voit pas, ce qu’ils sont les seuls à avoir vu dans un paysage, un visage, dans leur tête… Et tout leur travail consiste à matérialiser cette fugacité. Louis Aragon disait des tableaux de Paul Klee qu’il y avait vu le vent. Claude Monet voulait peindre l’air. Leur justification est que dans leur travail pour saisir l’instant, il y a une forme d’éternité.
    Marc Desgranchamps, lui, fait l’inverse : il multiplie le temps et l’espace sur ces tableaux, il crée une nouvelle dimension qui est celle de sa vision. Ce n’est pas l’instant qu’il chasse, c’est la sensation qui, par définition, est multiple, part dans toutes les directions. Son objectif n’est pas l’éternité

    mais au contraire le multi-temporel, dans une ambiance flottante, décentrée. Dans la lignée de Francis Bacon qui disait : « Je veux peindre la sensation de l’instant, non sa représentation. »

    Les artistes cherchent à reproduire la réalité dans une forme à leur manière. Les impressionnistes ou les cubistes reconstruisent avec des points ou des formes. Les abstraits vont peut-être plus loin en tentant de montrer une autre réalité. Marc Desgrandchamps, lui, ne vise pas le réel mais le rêve ou, plutôt, il mélange le rêve et la réalité. Il est plus .proche de nous en ce sens, qui sommes en permanence partagés entre le réel qui nous contraint et le désir qui nous fait vibrer. Son rêve n’est pas surréaliste, mais inquiet, traversé de mémoire, de discontinuité.

    La peinture classique s’est construite sur la perspective. Les cubistes ont essayé de la déconstruire mais elle était toujours là. Marc Desgrandchamps, lui, se moque des perspectives ou plutôt il joue habilement avec elles comme dans « Les Lettres » (2021), ses lignes partent vers le haut, vers le bas, la statue qui n’est pas une statue mais une silhouette regarde à gauche tandis qu’un trait noir s’échappe à droite, des arbres montent à la verticale tandis que le sommet des montagnes crée une ligne horizontale brisée. Pour lui le repère n’est pas dans la géométrie euclidienne mais dans la construction personnelle que le spectateur se fait de tous les éléments qu’il lui offre.

    Enfin, la forme a toujours eu un contenu dans l’art, du figuratif à l’abstrait. Chez Marc Desgranchamps, elle est fragmentaire, comme s’il superposait des strates de mémoire, elle est fantomatique, spectrale. Le corps est à la fois présent et absent, inachevé, transparent. Le spectateur pourrait y voir une métaphore de son identité mouvante. Et cette originalité de la forme va de pair chez Marc Desgrandchamps avec celle des médias utilisés, originaux, des lavis, des transparences, des superpositions.

    Dans son étrangeté de la stratification et du multi-temporel, le peintre atteint une forme rare d’universalité, celle de l’incertain.


  • prison

    Brice Marden – Yellow Square (2015) – Matthew Marks Gallery

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Yellow Square, de Brice Marden


  • Maurice de Vlaminck : Bateaux sur la Seine à Châtou (1906)

    Maurice de Vlaminck – Bateaux sur la Saine à Châtou (1906)

  • Amavero : je parle de poésie sur France Inter

    Extirpé des archives InfoTekArt, ce petit son d’il y a 6 ans : je n’ai pas souvent été interviewé à la radio sur ma poésie. Alors je vous ressors avec frisson ce grand moment où Mathilde Munos (qui fut mon assistante sur BFM 10 ans avant!) m’interroge à 6h du matin sur mon recueil de poésie « Amavero ». A la fin, je réussis quand même à placer mon couplet sur l’écriture poétique, la seule, la vraie..

    Mon interview à propos de mon recueil de poésie Amavero, ce matin sur France-Inter, dans « Déjà debout », par Mathilde Munos. J’essaie de dire que la poésie est un langage direct, universel, moderne, sans pub, ni marketing, ni arrière-pensée…

    Portrait de Mathilde Munos, animatrice de l'émission 'Le 5/7' sur France Inter, avec un fond jaune.

    parution initiale dans InfoTekArt: 25 septembre 2019



Art et Poésie : dernières publications

  • Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

    Un jour se perd
    Dans le ciel fait en hâte
    La lumière ne laisse pas de trace dans la neige
    Un jour se perd
    Ouvrir et fermer des portes
    La graine du soleil s’ouvre sans bruit
    Un jour commence
    La brume gravit la colline
    Un homme descend la rivière
    Ils se rencontrent dans tes yeux
    Tu te perds dans le jour
    Chantant dans le feuillage de la lumière
    Des cloches sonnent au loin
    Chaque appel est une vague
    Chaque vague ensevelit à jamais
    Un geste une parole la lumière contre le nuage
    Tu ris et te peignes distraite
    Un jour commence à tes pieds
    Chevelure main blancheur ne sont pas les noms
    De ces cheveux de cette main et de cette blancheur
    Ce qui est visible et palpable dehors
    Ce qui est intérieur et sans nom
    A tâtons se cherchent en nous
    Suivent la marche du langage
    Passent le pont que leur tend cette image
    Comme la lumière entre les doigts ils glissent
    Comme toi-même entre mes mains
    Comme ta main avec mes mains ils s’entrelacent
    Un jour commence en mes paroles
    Lumière qui mûrit jusqu’à devenir chair
    Ombre de ton corps lumière de ton ombre
    Maille de chaleur peau de ta lumière
    Un jour commence dans ta bouche.

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

  • Antonio Corradini : Dama velata (1722)

    Antonio Corradini : Dama velata (1722)

  • Roberto Juarroz

    Et comme nous savons déjà qu’il n’existe pas de paradis perdus, il ne nous reste dès lors qu’à être le paradis.

    Poésies verticales. 11-21. nrf/Poésie/Gallimard, 2021. Date de publication originale: 1988

    Roberto Juarroz

  • Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

    Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía
    hay un gesto que no empieza
    en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas
    por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá
    hay una forma callada de la voz
    en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío
    hay une línea que es la mesa y el vacío
    por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre
    hay un breve relámpago
    en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes
    nadie puede ser mucho tiempo,
    pero tampoco dios, que es otro borde,
    puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde
    il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort
    il y a des plantes foulées
    sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra
    il y a une forme silencieuse de la voix
    où tout est debout.

    Entre la table et le vide
    il y a une ligne qui est la table et le vide
    où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang
    il y a un éclair
    où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords
    nul ne peut survivre longtemps,
    et dieu lui-même, qui est un autre bord,
    ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

  • Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

    Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.
    Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.

    Cité par Roberto Juarroz. Poésie et réalité. 1987

    Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude (1945)

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude (1945)

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps (1981)

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir (1981) et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits), 2013

    Yannis Ritsos : Nudité du corps (1981)

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025