Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 405 artistes • 748 auteurs
publiés dans Amavero

  • Neruda (Pablo) : Je ne t'aime pas telle une rose de sel

    No te amo como si fueras rosa de sal, topacio
    o flecha de claveles que propagan el fuego :
    te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
    secretamente, entre la sombra y el alma.

    Je ne t’aime pas telle une rose de sel, topaze, oeillets en flèche et propageant le feu :
    comme on aime de certaines choses obscures,
    c’est entre l’ombre et l’âme, en secret, que je t’aime.

    (suite…)

  • sud

    rempart de la moustiquaire vitres ouvrant le cœur soudain le chant des cigales s’éteint pleine lune sa lumière efface les étoiles attente mystère absence creusée par la disparition progressive des gutturalités enfantines répétition silence la maison se referme sur elle accordéon du poumon balancelle des sentiments dehors le chaudron empêche de respirer dehors on vit toujours on avance forçats fouettés au sang on rêve du voilier si loin du temps et de la terre là-bas sur les infinis où le regard se perd retour réalité ici bloqué par les gris marrons verts propices à la méditation chênes verts et chênes blancs violemment entrelacés terrasse soleil terrasse frondaison et l’eau qui chuinte berceuse enrayée enfance murmures les murets du passé rappellent les vieux tabliers folie animale les geckos dormeurs sursautent d’un bond de crise cardiaque terre carapace rouge et dure où les doigts saignent secret transmission l’âme chante quand même

    Sophie Taeuber Arp Relief rond en trois hauteurs (détail), Composition ovale avec motifs abstraits, Tête Dada, Quatre espaces à croix brisée (de gauche à droite)

    Texte de Luc Fayard en hommage au livre de Tristan Tzara et Jean Arp, Vingt-cinq poèmes, dix gravures sur bois, Collection Dada Zürich; illustré par quatre œuvres de Sophie Taeuber Arp : Relief rond en trois hauteurs (détail), Composition ovale avec motifs abstraits, Tête DadaQuatre espaces à croix brisée (de gauche à droite et de haut en bas)

    tristan tzara vingt-cinq poèmes- h arp dix gravures sur bois

  • Gréki (Anna) : Par-delà les murs

    Par-delà les murs clos comme des poings fermés,
    à travers les barreaux ceinturant le soleil
    nos pensées sont verticales et nos espoirs.
    L’avenir lové au coeur monte vers le ciel
    comme des bras levés en signe d’adieu,
    des bras dressés enracinés dans la lumière
    en signe d’appel, d’amour, de reviens, ma vie!
    Je vous serre contre ma poitrine, mes soeurs,
    bâtisseuses de liberté et de tendresse,
    et je vous dis à demain car nous le savons
    L’avenir est pour demain
    L’avenir est pour bientôt


    Anna Gréki, de son vrai nom Colette Grégoire, poétesse algérienne (1933-1961)

  • arbre araignée

    Une installation artistique avec de grandes branches d'arbre en bois placées sur une place devant des colonnes d'un bâtiment classique, entourée de passants.
    Henrique Oliveira : L’arbre araignée (installation)

    un jour l’arbre viendra en ville
    il s’accrochera aux pavés
    pour sucer le gaz
    et mieux respirer

    le poids du ciel gris
    abaissera ses branches
    qui ramperont au sol
    comme une araignée

    les bras tordus de douleur
    il continuera de grandir
    vers les marches des palais
    sous l’œil étonné des passants

    mais un jour viendra où
    ses branches durcies
    devenues glaives vengeurs
    renverseront les murs et les portes
    tailladeront les sols
    transperceront les gens

    et la douleur sans fin
    ne sera plus chez lui

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Fitzcarraldo, d’Henrique Oliveira (place Graslin, à Nantes, été 2024)- photo Loïc Venance, AFP


  • Tison (Frédéric) : Je suis larme

    JE SUIS LARME et la plus douce
    Des larmes qui naissent du regard,
    La plus étonnée des larmes,
    La plus pure ai-je longtemps cru;
    Je perle où commencent vaux et forêts,
    Je noierais villes, collines, tertres,
    Châteaux et campagnes si j’étais amère;
    Vois : j’augmente les sources
    De toutes mes vagues, je coule
    Sous tes arbres
    Ajouteras-tu
    Là de tes yeux quelque éclat ?
    Je suis larme et la plus lente
    Qui peine sur ta joue.

    Frédéric Tison. Aphélie, suivi de Noctifer. 2018


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  • Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

    Hail to thee, blithe Spirit!
    Bird thou never wert,
    That from Heaven, or near it,
    Pourest thy full heart
    In profuse strains of unpremeditated art.
    Higher still and higher
    From the earth thou springest
    Like a cloud of fire;
    The blue deep thou wingest,
    And singing still dost soar, and soaring ever singest.
    In the golden lightning
    Of the sunken sun
    O’er which clouds are bright’ning,
    Thou dost float and run,
    Like an unbodied joy whose race is just begun.
    The pale purple even
    Melts around thy flight;
    Like a star of Heaven
    In the broad daylight
    Thou art unseen, but yet I hear thy shrill delight:
    Keen as are the arrows
    Of that silver sphere,
    Whose intense lamp narrows
    In the white dawn clear
    Until we hardly see — we feel that it is there.
    All the earth and air
    With thy voice is loud.
    As, when night is bare,
    From one lonely cloud
    The moon rains out her beams, and heaven is overflowed.
    What thou art we know not;
    What is most like thee?
    From rainbow clouds there flow not
    Drops so bright to see
    As from thy presence showers a rain of melody.
    Like a poet hidden
    In the light of thought,
    Singing hymns unbidden,
    Till the world is wrought
    To sympathy with hopes and fears it heeded not:
    Like a high-born maiden
    In a palace tower,
    Soothing her love-laden
    Soul in secret hour
    With music sweet as love, which overflows her bower:
    Like a glow-worm golden
    In a dell of dew,
    Scattering unbeholden
    Its aerial hue
    Among the flowers and grass, which screen it from the view:
    Like a rose embowered
    In its own green leaves,
    By warm winds deflowered,
    Till the scent it gives
    Makes faint with too much sweet these heavy-winged thieves.
    Sound of vernal showers
    On the twinkling grass,
    Rain-awakened flowers,
    All that ever was
    Joyous, and clear, and fresh, thy music doth surpass.
    Teach us, sprite or bird,
    What sweet thoughts are thine:
    I have never heard
    Praise of love or wine
    That panted forth a flood of rapture so divine.
    Chorus hymeneal
    Or triumphal chaunt
    Matched with thine, would be all
    But an empty vaunt —
    A thing wherein we feel there is some hidden want.
    What objects are the fountains
    Of thy happy strain?
    What fields, or waves, or mountains?
    What shapes of sky or plain?
    What love of thine own kind? what ignorance of pain?
    With thy clear keen joyance
    Languor cannot be:
    Shadow of annoyance
    Never came near thee:
    Thou lovest, but ne’er knew love’s sad satiety.
    Waking or asleep,
    Thou of death must deem
    Things more true and deep
    Than we mortals dream,
    Or how could thy notes flow in such a crystal stream?
    We look before and after,
    And pine for what is not:
    Our sincerest laughter
    With some pain is fraught;
    Our sweetest songs are those that tell of saddest thought.
    Yet if we could scorn
    Hate, and pride, and fear;
    If we were things born
    Not to shed a tear,
    I know not how thy joy we ever should come near.
    Better than all measures
    Of delightful sound,
    Better than all treasures
    That in books are found,
    Thy skill to poet were, thou scorner of the ground!
    Teach me half the gladness
    That thy brain must know,
    Such harmonious madness
    From my lips would flow
    The world should listen then, as I am listening now!

    Salut à toi, Esprit joyeux! 
    Car oiseau jamais tu ne fus 
    Qui dans le ciel, et presqu’aux Cieux 
    Epanche en longs accents profus 
    Un coeur empli de sons qu’aucun art n’a conçus. 
    De la terre où tu prends essor, 
    Nuage de feu jaillissant, 
    Tu t’élèves plus haut encore 
    Loin au-dessus de l’océan 
    Ne cessant l’ascension, ta chanson ne cessant. 
    Dans le soleil crépusculaire 
    Et l’or de son évanescence 
    Où les nuées se font plus claires 
    Tu sembles flotter, puis t’élances 
    Comme une joie sans corps dont la course commence. 
    Même pâleur et cramoisi 
    S’effacent quand tu les pourfends; 
    Comme une étoile en plein midi, 
    Nul ne te voit au firmament, 
    Pourtant j’entends le cri de ton enchantement; 
    Ardent comme là-haut la sphère 
    Aux si vives flèches d’argent, 
    Mais dont s’estompe la lumière 
    Dans la clarté du matin blanc 
    Jusqu’à n’être vue guère, que l’on sent là pourtant. 
    Partout sur terre et dans les airs 
    Ta puissante voix retentit 
    Comme quand la lune à travers 
    Le seul nuage de la nuit 
    Inonde tout le ciel de lumineuse pluie. 
    Ce que tu es nous ignorons; 
    Qu’est-ce qui le mieux te décrit? 
    Car les gouttes d’arc-en-ciel n’ont 
    Des nues jamais resplendi 
    Comme tombe l’averse de ta mélodie. 
    Ainsi le poète oublié 
    Dans sa lumière intérieure, 
    Chantant, sans en être prié, 
    L’hymne à ses espoirs et ses peurs 
    Aux hommes ébahis d’y découvrir les leurs; 
    Ainsi la noble damoiselle 
    Au palais, dans sa haute tour, 
    Qui des musiques les plus belles 
    Berce son coeur épris d’amour 
    Sans savoir qu’elle charme aussi toute la cour; 
    Ainsi le ver luisant doré 
    Dont la couleur seule est perçue 
    Au fond d’un vallon de rosée, 
    Parsemant ce halo diffus 
    Parmi l’herbe et les fleurs où lui est hors de vue; 
    Ainsi le rosier habillé 
    Du feuillage vert de ses fleurs 
    Que le vent brûlant vient piller 
    Mais dont l’odorante douceur 
    Fera s’évanouir l’aérien détrousseur. 
    L’averse vernale et son bruit 
    Sur les herbes qui étincellent, 
    Les fleurs éveillées par la pluie, 
    Joies pures et vives, certes, mais elles 
    Ne surpassent jamais ta musique éternelle. 
    Apprends-nous donc, sylphe ou oiseau, 
    Les doux pensers qui sont les tiens; 
    Je n’ai jamais entendu mots 
    D’éloge à l’amour ou au vin 
    Déclamés en un flot de bonheur si divin. 
    Chants de triomphe et choeurs nuptiaux, 
    Si à ta voix on les compare, 
    Nous paraissent creux, sonnent faux 
    Et ne sont que vaines fanfares 
    Auxquelles font défaut les choses les plus rares. 
    Quelle est la source, quel est l’objet 
    De cette chantante fontaine? 
    Des bois? Des vagues? De hauts sommets? 
    Des formes de ciel ou de plaine? 
    L’amour de ton espèce? Le mépris de la peine? 
    Car dans ton pur ravissement 
    La langueur ne trouve point place; 
    Et l’ombre du désagrément 
    Jamais même ne te menace; 
    Tu aimes, mais de l’amour ignores ce qui lasse. 
    En éveil, ou lorsque tu dors, 
    N’est-ce pas qu’en toi s’illumine 
    Plus de vérité sur la mort 
    Que les mortels n’en imaginent, 
    Pour que coulent de toi notes si cristallines? 
    Nous voulons demain et hier, 
    Après eux soupirons sans cesse; 
    Dans nos rires les plus sincères, 
    Il est toujours quelque détresse; 
    Et nos chants sont plus beaux qui parlent de tristesse. 
    Pourtant si nous avions pouvoir 
    D’oublier peur, orgueil et haine, 
    Si nous étions nés pour avoir 
    De la vie ni larmes ni peine, 
    Comme ta joie dès lors nous paraîtrait lointaine. 
    Ton art, mieux que tous les ténors 
    Qui touchent l’âme profonde, 
    Ton art, mieux que tous les trésors 
    Dont tant de grands livres abondent, 
    Servirait le poète, ô oublieux du monde! 
    Apprends-moi un peu du plaisir 
    Connu d’un coeur toujours content, 
    Pareil harmonieux délire 
    Coulerait alors dans mon chant; 
    Le monde m’entendrait, comme moi je t’entends! 

    Percy Bysshe Shelley – Traduction : Jean-Luc Wronski – source : poesie.net

    Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

  • Farrokhzâd (Forough) : Le Baiser

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025