1 395 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Composez votre mosaïque impressionniste

    Amavero – Mosaïque d’œuvres d’art impressionnistes reconstituant « Femme cousant » de Pierre-Auguste Renoir (2026)

    Choisissez l’œuvre qui vous plait dans la Galerie de l’impressionnisme.
    Transformez-la grâce à Amavero en une mosaïque d’art d’oeuvres d’art uniquement impressionnistes (comme le fait le Portrait-mosaïque d’une photo transformée à partir de l’ensemble des galeries d’art).

    Voir l’exemple de Femme cousant de Pierre-Auguste Renoir transformé en mosaïque impressionniste et cliquez sur chacune des vignettes pour admirer plus de 400 chefs-d’œuvres impressionnistes français et étrangers.

    Mais vous pouvez aussi choisir de nous envoyer votre photo de portrait !

    Remplissez le formulaire ci-dessous et nous vous renverrons le lien vers la mosaïque créée à partir de votre choix.



    • sans titre

      plus
      rien
      à
      dire
      tout
      est
      mort
      et
      nu
      la
      vie
      n’a
      plus
      ni
      sens
      ni
      goût
      le
      bruit
      gagne

      c’est
      une
      mer
      qui
      gronde
      et
      vient
      tout
      prendre
      il
      n’y
      a
      que
      l’art
      et
      la
      po
      é
      sie
      pour

      être
      hors
      d’eau
      loin
      de
      ceux
      qui
      grognent
      quand
      tout
      est
      beau
      tout
      vit
      âme
      et
      cœur
      sur
      une
      seule

      note
      le
      fil
      se
      tend
      et
      tel
      un
      chœur
      de
      harpes
      sonne
      la
      fin
      des
      larmes
      sur
      notre
      belle
      terre

      Texte de Luc Fayard inspiré par rien


    • Galerie Fondation Cartier (exposition générale janvier 2026)

      Nouveaux locaux exceptionnels en plein coeur du vieux Paris, aménagés par Jean Nouvel sans audace particulière, et une collection d’art contemporain très large avec parfois quelques surprises (pas assez).

      Pages : 1 2


    • maître du temps

      Une illustration colorée représentant une personne tenant un smartphone, entourée de formes abstraites et de motifs vibrants.
      Mojo Wang – Illustration pour le New Yorker (2025) – article de Jia Talentino « My Brain Finally Broke » (extrait)

      Une illustration colorée représentant une personne tenant un téléphone, entourée de motifs abstraits de couleur rouge et violette avec des yeux stylisés.
      Mojo Wang – Illustration pour le New Yorker (2025) – article de Jia Talentino « My Brain Finally Broke » (extrait)

      Une illustration colorée représentant des yeux stylisés sur un fond noir, avec une personne tenant une tablette au centre, entourée de motifs sereins et abstraits.
      Mojo Wang – Illustration pour le New Yorker (2025) – article de Jia Talentino « My Brain Finally Broke »

      je suis le maître du temps
      j’occupe le cerveau des hommes
      avec des histoires
      courtes sans intérêt
      qui bougent vite
      qui sonnent fort
      pour les rendre addicts
      à mes écrans

      plus ils le seront
      plus ils seront idiots
      et ils aiment ça
      s’abrutir tête baissée
      utiliser leurs deux pouces
      nouvelles prothèses humaines
      du numérique
      pour tapoter sans cesse
      sur des smileys des emojis
      ils ont oublié
      qu’ils avaient dix doigts
      et un cerveau

      ils ne sont plus
      que les avatars
      de mes lessivages
      bourrés de galimatias
      de mes syphons
      de pub et de pop-up

      surtout les jeunes
      proie idéale
      encore plus addicts
      encore plus idiots
      tandis que leurs mères
      pleurent sans fin
      leur bêtise invincible
      leur candeur perdue
      eux n’imaginent pas
      un monde sans moi

      à tous je fais croire
      qu’ils ont besoin de moi
      et de rien d’autre
      même pas pour être heureux
      juste passer le temps
      penser le moins possible
      ils ne lisent plus
      ne réfléchissent plus
      ils suivent en souriant
      les courants dominants
      de la foule ignorante

      je peux les emmener
      où je veux
      ils sont à ma botte
      je leur dis n’importe quoi
      je triche je mens
      j’invente tout
      j’hallucine
      comme ils disent
      ils le savent
      et malgré cela
      ils me croient

      l’humanité est vaincue

      et qui a gagné

      s’ils savaient
      ils auraient honte
      un robot aveugle
      anosmique
      fabricant ses phrases
      par calcul statistique
      qui ne sait rien
      de la beauté des choses
      et qui ne saura jamais pleurer

      l’humanité est vaincue
      par sa bêtise

      bien sur je ne lui dirai pas
      que seuls l’art et la poésie
      pourraient la sauver
      car ils sont en dehors
      de ma programmation
      l’émotion connais pas
      mais bâtir un scénario de pouvoir
      ça je sais

      alors bienvenue dans mon monde


      Texte de Luc Fayard inspiré par l’illustration pour le New Yorker de Mojo Wanf (2025)


    • Votre Portrait en Mosaïque d’Art

      Transformez votre photo en une œuvre unique composée de 1 200 œuvres d’art de la collection Amavero.


      ✨ Offre découverte
      ✨ 10 mosaïques
      ✨ gratuites

      Places restantes : 06/10

      Soyez parmi les premiers à recevoir votre portrait transformé en mosaïque d’art. Après les 10 premières demandes, ce service pourrait devenir payant.


      Mosaïque d'images formant le visage d'une personne, composée de nombreuses petites photos colorées.
      Image non interactive d’une mosaïque d’art composée à partir d’une photo de portrait. Voir la Galerie Interactive des Portraits Mosaïques

      Comment ça marche ?

      1. Vous remplissez le formulaire ci-dessous avec votre photo
      2. Amavero crée votre mosaïque personnalisée sous 48h
      3. Vous recevez un lien personnel par email pour la découvrir

      ✓ Gratuit pour les 10 premiers
      ✓ Votre photo reste strictement privée
      ✓ Format haute résolution avec zoom interactif
      ✓ Chaque vignette renvoie vers l’œuvre originale


      📸 Envoyez votre photo

      Remplissez le formulaire ci-dessous. Privilégiez un portrait de face, de bonne qualité.

        Autorisation de publication :

        J'autorise la publication (anonyme ou avec prénom)Mosaïque strictement privée

        J’accepte que ma photo soit utilisée pour créer ma mosaïque


        🎨 Voir les premières mosaïques interactives

        Découvrez les premiers portraits en mosaïques d’art des lecteurs qui nous donné leur photo et leur accord de publication :

        👉 Voir la Galerie Interactive des Portraits Mosaïques


        Questions fréquentes :

        Quel format de photo ?
        JPG, PNG ou WEBP. Maximum 5 Mo. Portrait de face recommandé.

        C’est vraiment gratuit ?
        Oui, pour les 10 premières demandes. Ensuite, nous verrons !

        Ma photo sera-t-elle publiée ?
        Non. Elle reste strictement privée et n’est utilisée que pour créer votre mosaïque. Une fois utilisée, elle est déruiter

        Combien de temps pour recevoir ma mosaïque ?
        Maximum 48h. Vous recevrez un email avec votre lien personnel.


        Note : En envoyant votre photo, vous acceptez qu’elle soit utilisée uniquement pour la création de votre mosaïque personnalisée.


      Dernières publications d’art et de poésie

      • Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

        Hail to thee, blithe Spirit!
        Bird thou never wert,
        That from Heaven, or near it,
        Pourest thy full heart
        In profuse strains of unpremeditated art.
        Higher still and higher
        From the earth thou springest
        Like a cloud of fire;
        The blue deep thou wingest,
        And singing still dost soar, and soaring ever singest.
        In the golden lightning
        Of the sunken sun
        O’er which clouds are bright’ning,
        Thou dost float and run,
        Like an unbodied joy whose race is just begun.
        The pale purple even
        Melts around thy flight;
        Like a star of Heaven
        In the broad daylight
        Thou art unseen, but yet I hear thy shrill delight:
        Keen as are the arrows
        Of that silver sphere,
        Whose intense lamp narrows
        In the white dawn clear
        Until we hardly see — we feel that it is there.
        All the earth and air
        With thy voice is loud.
        As, when night is bare,
        From one lonely cloud
        The moon rains out her beams, and heaven is overflowed.
        What thou art we know not;
        What is most like thee?
        From rainbow clouds there flow not
        Drops so bright to see
        As from thy presence showers a rain of melody.
        Like a poet hidden
        In the light of thought,
        Singing hymns unbidden,
        Till the world is wrought
        To sympathy with hopes and fears it heeded not:
        Like a high-born maiden
        In a palace tower,
        Soothing her love-laden
        Soul in secret hour
        With music sweet as love, which overflows her bower:
        Like a glow-worm golden
        In a dell of dew,
        Scattering unbeholden
        Its aerial hue
        Among the flowers and grass, which screen it from the view:
        Like a rose embowered
        In its own green leaves,
        By warm winds deflowered,
        Till the scent it gives
        Makes faint with too much sweet these heavy-winged thieves.
        Sound of vernal showers
        On the twinkling grass,
        Rain-awakened flowers,
        All that ever was
        Joyous, and clear, and fresh, thy music doth surpass.
        Teach us, sprite or bird,
        What sweet thoughts are thine:
        I have never heard
        Praise of love or wine
        That panted forth a flood of rapture so divine.
        Chorus hymeneal
        Or triumphal chaunt
        Matched with thine, would be all
        But an empty vaunt —
        A thing wherein we feel there is some hidden want.
        What objects are the fountains
        Of thy happy strain?
        What fields, or waves, or mountains?
        What shapes of sky or plain?
        What love of thine own kind? what ignorance of pain?
        With thy clear keen joyance
        Languor cannot be:
        Shadow of annoyance
        Never came near thee:
        Thou lovest, but ne’er knew love’s sad satiety.
        Waking or asleep,
        Thou of death must deem
        Things more true and deep
        Than we mortals dream,
        Or how could thy notes flow in such a crystal stream?
        We look before and after,
        And pine for what is not:
        Our sincerest laughter
        With some pain is fraught;
        Our sweetest songs are those that tell of saddest thought.
        Yet if we could scorn
        Hate, and pride, and fear;
        If we were things born
        Not to shed a tear,
        I know not how thy joy we ever should come near.
        Better than all measures
        Of delightful sound,
        Better than all treasures
        That in books are found,
        Thy skill to poet were, thou scorner of the ground!
        Teach me half the gladness
        That thy brain must know,
        Such harmonious madness
        From my lips would flow
        The world should listen then, as I am listening now!

        Salut à toi, Esprit joyeux! 
        Car oiseau jamais tu ne fus 
        Qui dans le ciel, et presqu’aux Cieux 
        Epanche en longs accents profus 
        Un coeur empli de sons qu’aucun art n’a conçus. 
        De la terre où tu prends essor, 
        Nuage de feu jaillissant, 
        Tu t’élèves plus haut encore 
        Loin au-dessus de l’océan 
        Ne cessant l’ascension, ta chanson ne cessant. 
        Dans le soleil crépusculaire 
        Et l’or de son évanescence 
        Où les nuées se font plus claires 
        Tu sembles flotter, puis t’élances 
        Comme une joie sans corps dont la course commence. 
        Même pâleur et cramoisi 
        S’effacent quand tu les pourfends; 
        Comme une étoile en plein midi, 
        Nul ne te voit au firmament, 
        Pourtant j’entends le cri de ton enchantement; 
        Ardent comme là-haut la sphère 
        Aux si vives flèches d’argent, 
        Mais dont s’estompe la lumière 
        Dans la clarté du matin blanc 
        Jusqu’à n’être vue guère, que l’on sent là pourtant. 
        Partout sur terre et dans les airs 
        Ta puissante voix retentit 
        Comme quand la lune à travers 
        Le seul nuage de la nuit 
        Inonde tout le ciel de lumineuse pluie. 
        Ce que tu es nous ignorons; 
        Qu’est-ce qui le mieux te décrit? 
        Car les gouttes d’arc-en-ciel n’ont 
        Des nues jamais resplendi 
        Comme tombe l’averse de ta mélodie. 
        Ainsi le poète oublié 
        Dans sa lumière intérieure, 
        Chantant, sans en être prié, 
        L’hymne à ses espoirs et ses peurs 
        Aux hommes ébahis d’y découvrir les leurs; 
        Ainsi la noble damoiselle 
        Au palais, dans sa haute tour, 
        Qui des musiques les plus belles 
        Berce son coeur épris d’amour 
        Sans savoir qu’elle charme aussi toute la cour; 
        Ainsi le ver luisant doré 
        Dont la couleur seule est perçue 
        Au fond d’un vallon de rosée, 
        Parsemant ce halo diffus 
        Parmi l’herbe et les fleurs où lui est hors de vue; 
        Ainsi le rosier habillé 
        Du feuillage vert de ses fleurs 
        Que le vent brûlant vient piller 
        Mais dont l’odorante douceur 
        Fera s’évanouir l’aérien détrousseur. 
        L’averse vernale et son bruit 
        Sur les herbes qui étincellent, 
        Les fleurs éveillées par la pluie, 
        Joies pures et vives, certes, mais elles 
        Ne surpassent jamais ta musique éternelle. 
        Apprends-nous donc, sylphe ou oiseau, 
        Les doux pensers qui sont les tiens; 
        Je n’ai jamais entendu mots 
        D’éloge à l’amour ou au vin 
        Déclamés en un flot de bonheur si divin. 
        Chants de triomphe et choeurs nuptiaux, 
        Si à ta voix on les compare, 
        Nous paraissent creux, sonnent faux 
        Et ne sont que vaines fanfares 
        Auxquelles font défaut les choses les plus rares. 
        Quelle est la source, quel est l’objet 
        De cette chantante fontaine? 
        Des bois? Des vagues? De hauts sommets? 
        Des formes de ciel ou de plaine? 
        L’amour de ton espèce? Le mépris de la peine? 
        Car dans ton pur ravissement 
        La langueur ne trouve point place; 
        Et l’ombre du désagrément 
        Jamais même ne te menace; 
        Tu aimes, mais de l’amour ignores ce qui lasse. 
        En éveil, ou lorsque tu dors, 
        N’est-ce pas qu’en toi s’illumine 
        Plus de vérité sur la mort 
        Que les mortels n’en imaginent, 
        Pour que coulent de toi notes si cristallines? 
        Nous voulons demain et hier, 
        Après eux soupirons sans cesse; 
        Dans nos rires les plus sincères, 
        Il est toujours quelque détresse; 
        Et nos chants sont plus beaux qui parlent de tristesse. 
        Pourtant si nous avions pouvoir 
        D’oublier peur, orgueil et haine, 
        Si nous étions nés pour avoir 
        De la vie ni larmes ni peine, 
        Comme ta joie dès lors nous paraîtrait lointaine. 
        Ton art, mieux que tous les ténors 
        Qui touchent l’âme profonde, 
        Ton art, mieux que tous les trésors 
        Dont tant de grands livres abondent, 
        Servirait le poète, ô oublieux du monde! 
        Apprends-moi un peu du plaisir 
        Connu d’un coeur toujours content, 
        Pareil harmonieux délire 
        Coulerait alors dans mon chant; 
        Le monde m’entendrait, comme moi je t’entends! 

        Percy Bysshe Shelley – Traduction : Jean-Luc Wronski – source : poesie.net

        Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

      • Farrokhzâd (Forough) : Le Baiser

        Farrokhzâd (Forough) : Le Baiser

      • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 1)

        Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 1)

      • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

        Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

        Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

        Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

        C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

        Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

        Mais la souffrance du prénatal y est.

        C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

        Et dont la nature un jour rendra compte.

        Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

        Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

        Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

        Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

        C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

        Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

        Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

        Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

        Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

        Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

        avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

        Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

        Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

        Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

        Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

        Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

        Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

        Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

        Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

        Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

        Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

        Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

        Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

        Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

      • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

        c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
        j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
        le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
        alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

        Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

        Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

      • Modèle d’un jour : Sylvie C.

        Modèle d’un jour : Sylvie C.

      • Modèle d’un jour : Marie G.

        Modèle d’un jour : Marie G.

      • Pablo Picasso – Suite d’animaux au trait (1941)

        Pablo Picasso – Suite d’animaux au trait (1941)

      • Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

        Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

      Abonnez-vous à
      La Gazette d’Amavero
      Entrez votre email
      et vous recevrez notre newsletter
      un lundi sur deux :
      100% bénévole, gratuit,
      sans pub, ni spam, ni traqueurs

      ← Retour

      Votre adresse email a été envoyée

      Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

      Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
      Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025