Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 405 artistes • 748 auteurs
publiés dans Amavero

  • j'aime la musique qui chante

    j’aime la musique qui chante
    sans les piaillements d’un saxo courant après les notes
    j’aime l’harmonie horizontale qui raconte une histoire
    sans la fureur verticale qui plaque des accords impossibles
    j’aime le silence l’introduction l’espoir
    au piano je n’aime pas les mains qui s’entrechoquent
    j’aime la main gauche qui épaule la main droite
    qui lui permet de chanter
    j’aime la note qui dure un peu plus longtemps que prévu
    suspendue dans cette attente où tout s’imagine
    j’aime la musique qui permet de créer sa musique
    comme un tableau commencé par l’artiste qu’on pourrait poursuivre
    une palette de couleurs à compléter en ouvrant les mains
    j’aime quand le souvenir s’incruste
    quand la vibration s’accorde à l’âme
    une fréquence inconnue dans les livres
    j’aime la sublime guitare
    quand elle offre chaque note
    ciselée comme une œuvre d’art
    et la mélodie qui se déploie comme une symphonie


  • homme d’ombre et d’onde (avant après)

    avant
    j’étais un homme d’ombre et d’onde
    pleurant seul
    ballot d’aube
    et me voici lumière active
    chassant l’inutile
    fuyant les prémices obscures de la mort
    long fut le temps où je cherchais l’indicible
    au-delà de la poussière des jours
    aujourd’hui je cours
    hâté par les battements du coeur
    peuplant le présent d’un corail de pacotille
    futile barrière anti-futur anti-noir anti-tout
    j’étais larve du soir fantôme d’attirance
    et me voici prévisible espérance
    fallait-il hier se fondre
    dans les couleurs neutres
    du feutre automnal
    ou faut-il maintenant
    vibrer bêtement
    sur des fréquences arc-en-ciel
    entre douleur et fureur
    par mon incomplétude structurelle
    plus je suis imparfait plus je m’ancre
    quand je crie mon impuissance
    l’écho de la terre se pare d’infini
    ma solitude est multiple
    mon désespoir infime
    mon avenir sans surprise
    mes mains fabriquent ma tour d’ivoire
    tandis que sèche mon coeur
    je vois une vie sereine
    avec des yeux de comptable
    quand je vivais l’errance
    avec une âme de poète
    la marque du bonheur
    imprime mon sourire
    ma peau est lisse
    comme un bébé
    j’ai perdu mes crevasses
    en même temps que mes cheveux
    je marche droit vers la fin
    avec une force joyeuse et contrôlée
    la route monte de plus en plus
    le soleil me frotte le dos
    il me dessine une ombre gigantesque
    je reste coi
    les oreilles bouchées de certitude
    un jour peut-être
    se marieront mes deux destins
    mon passé d’abondance et d’ébauches
    et mon présent de fer apparent
    ce jour-là gare je serai le roi de la terre
    je n’aurai plus qu’à mourir et comparaître
    alors je dirai à Dieu
    Seigneur, me voici
    pêcheur à occurence multiple
    (vous seriez jaloux d’un saint)
    j’ai cherché et suivi toutes les voies
    qui mènent à vous
    j’ai rêvé et j’ai agi
    j’ai aimé et j’ai créé
    j’ai pleuré et combattu
    j’ai écouté et j’ai dirigé
    j’ai donné et entrainé
    mes rêves me rapprochaient de vous
    mais dans une forme d’inutilité
    mes actes me rendaient insouciant
    mais je perdais le sens du bien
    l’amour m’a comblé
    dans un quotidien douteux
    mes pleurs étaient des gouttes d’insuffisance
    mes combats une vaine agitation
    et quand j’ai voulu emporter d’autres derrière moi
    j’ai souvent quitté les routes de la théorie
    pour un chemin ou tout est discutable
    Seigneur me voici
    que fallait-il faire
    et Dieu de sa voix caverneuse et douce
    me donnerait enfin cette réponse
    que je ne connais pas
    et qu’il faut que j’attende encore
    esclave combattant avec ses deux vies
    homme fatal de la dichotomie
    imparable amant du futur antérieur
    funambule de l’inestimable impossible
    gratteur de racines incomestibles
    chercheur d’ailleurs successifs
    vasectomisé génétique
    du chromosome bonheur


  • belzébuth

    tut tut tut
    la cahutte
    sur la butte
    belzébuth
    prend son luth
    ou sa flûte

    tut tut tut
    belzébuth
    persécute
    mi sol ut
    ça chahute
    c’est son but
    on l’bizute
    mais la brute
    belzébuth
    bête en rut
    a dit zut
    à la pute
    belzébuth
    tout hirsute
    sous sa hutte
    a l’scorbut
    on dit chut
    plus de flute
    ni de luth
    c’est la chute
    la culbute
    plus de lutte
    belzébuth
    sans volute
    parachute
    azimut

  • à petits pas

    elle s’avance à petits pas
    levant vers moi son regard clair
    impératif et fier
    je ne sais ce qui me trouble le plus
    sa rousseur ou ses yeux verts
    quand elle s’étend lentement sur le lit
    elle s’en empare sans lutte
    se lovant d’une manière incroyablement ronde
    prise de possession totale capture
    je ne suis plus que son prisonnier fatal

    dès qu’elle surgit
    tout l’espace lui appartient
    quand elle frotte sa tête contre la mienne
    j’entends son cœur qui ne bat que pour moi

    elle est la grâce et le mystère
    jamais elle ne crie 
    toujours ses yeux parlent pour elle

    quand elle me quitte
    d’une démarche souple et altière
    le temps se fige
    je ne respire plus 
    je n’existe plus pour elle
    je ne survis que pour son retour
    m’occupant sans âme à des tâches incertaines
    la vie n’est qu’une lutte entre désir et spleen

    elle me rend plus aimable et souriant
    telle est sa marque sur le sceau du temps
    partout où elle vit hautaine
    elle se déplace en reine
    sans hâte
    ma chatte


  • cercle infini de l'enfant

    je suis
    la fleur rougissante du soir
    le vent sentimental et dense
    le chevreuil campé dans le noir
    la forêt plantureuse en transe

    je suis
    la pluie marbrée bue goulûment
    le nuage arrondi en pleurs
    le rêve du monde écumant
    la voie de l’ange du bonheur

    je suis
    la vie sauteuse de barrières
    le chuchotement indistinct
    le mot où la pensée se terre
    le silence brutal divin

    je suis
    la friction de dissentiment
    la pierre sur quoi trébucher
    le poisson limpide et gluant
    le lac abyssal encerclé

    je suis
    le buisson de varech errant
    la fourmi peureuse aux aguets
    le papillon virevoltant
    l’herbe consumée par l’été

    je suis plus que chaque élément
    je suis la chaîne reliant

    la fleur butinée par le vent
    le chevreuil dansant en forêt
    la pluie des nuages pleurants
    le rêve d’anges métissés
    la vie qu’on voudrait chuchotée
    le mot pensé plein de silence
    le heurt de la pierre butée
    le poisson du lac d’abondance
    le varech cachant les fourmis
    le papillon herbe de vie

    comme un grand ensemble une roue
    je suis l’enfant qui perçoit tout


Dernières publications d’art et de poésie

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025