La goutte perle
Sur le front
Sur la feuille
Sur l’herbe
Et parmi
Tous les affronts
La goutte sonde
Les yeux
L’écorce
Un brin
Par manque
De force
La goutte tombe
De peur
De saison
De joie
Elle se découvre
Goutte ronde
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
La goutte perle
Sur le front
Sur la feuille
Sur l’herbe
Et parmi
Tous les affronts
La goutte sonde
Les yeux
L’écorce
Un brin
Par manque
De force
La goutte tombe
De peur
De saison
De joie
Elle se découvre
Goutte ronde
les nuages bas
l’océan moutonne
dans ses plis
abolis
pesant une tonne
sous un ciel de glas
plus envie de rien
se laisser porter
par le vent
le courant
pour tout oublier
sa vie son dessein
c’est l’esprit éteint
par la rêverie
du remous
qu’un corps mou
dans l’obscure nuit
dérive au matin
mais toujours vivant
le marin secoue
son bateau
sans un mot
il reprend sa roue
et son cap au vent
ainsi va sa vie
sillage de mer
non tracé
cœur lassé
par le goût amer
du temps asservi
Texte de Luc Fayard inspiré de Pleine mer, temps gris de Charles-François Daubigny
Texte de Luc Fayard inspiré par J’irai revoir ma Normandie, de Nathalie Bodet
hirondelles sur trois fils oppressées
notes de musique en croches serrées
lignes d’écriture ancienne inconnue
collier sans fin de cailloux sculptés nus
mystérieux message cryptographié
feuilles mortes tout en noir épinglées
enfantins dessins de maisons bancales
purs fantômes alignés gris et sales
traits denses brisés en haut et en bas
l’incessant ballet ne finira pas
Texte de Luc Fayard inspiré de Ballade nocturne, de Faz Fazou.
Pour dire ce que m’inspirent les œuvres de Chantal Fontvieille réunies sous le titre « À travers », j’emprunterai un détour : celui du mot traverser lui-même. Chantal connaît ma passion pour les mots. À vrai dire, plonger dans leur épaisseur sensible, me laisser traverser par eux, écouter ce qu’ils ont à m’apprendre, c’est bien plus pour moi qu’un détour, c’est ma voie d’approche vers le monde.





cette plume appartenait
à un geai des chênes
qui l’a déposée une nuit
devant chez moi
pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut
j’ai failli ne pas la voir
depuis que je l’ai prise
entre mes mains
elle est entrée dans mon âme
et ma vie a changé
ma vision de la beauté
mon symbolisme
mon attention aux détails
j’ai découvert
le minusculement magnifique
porteur d’envol et de légèreté
de tournoiement aussi
mais il a fallu
qu’un petit animal
perde un attribut
pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume
n’est qu’une mue
pas l’issue d’un combat
un don pas une perte
merci à l’oiseau
qui m’a offert ce cadeau
je lui promets
qu’il portera ses fruits
désormais mes mots
seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
Voir la version illustrée.

barré par l’envol des oiseaux blancs
le trait de lumière décoiffe l’horizon
la mer désertée ne vibre plus du vent
qui tourmentait le destin des passants
il est temps
de partir
ailleurs
où la peine
serait douce
à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés
respirant le souffle des frondaisons
l’âme pleine de tableaux de rêves
et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie
refroidira
mon ardeur
et le seul bruit
de la nuit
mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée
et parvenu au seuil de la maison
j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

